Comment retirer son argent judicieusement pour les retraités

Publié le 26/05/2017 à 08:04

Comment retirer son argent judicieusement pour les retraités

Publié le 26/05/2017 à 08:04

Se constituer un pécule est souvent au cœur de la planification financière en vue de la retraite, mais maîtriser l'art des retraits mérite plus d'attention qu'on ne lui en accorde généralement.


L'une des questions qui revient le plus souvent est de savoir dans quel compte puiser en premier : les REER ou les comptes non enregistrés. L'approche conventionnelle consiste à prélever de son compte non enregistré en premier et à repousser les retraits de ses REER le plus longtemps possible. Toutefois, les planificateurs financiers qui ont examiné la question de près trouvent qu'il est généralement préférable d'adopter une approche plus nuancée des retraits afin d'en minimiser l'impact fiscal. « Adoucissez les retraits de votre REER de manière à déclarer le revenu issu de vos actifs enregistrés au taux d'imposition le plus faible », recommande Daryl Diamond, un planificateur financier chez Diamond Retirement Planning à Winnipeg.


Cette approche conventionnelle comprend bien que retarder les retraits du REER vous permet de cumuler vos rendements à l'abri de l'impôt à l'intérieur de votre REER plus longtemps. Toutefois, ce facteur doit être mis en parallèle avec la nature progressive du système d'imposition et de prestations qui soumet les revenus plus élevés à un taux d'imposition plus élevé. Si vous effectuez des retraits plus importants et plus concentrés de votre REER/FERR plus tard pendant la retraite, cela peut occasionner des hausses de revenu, et par conséquent un taux d'imposition plus élevé ou une réduction de la prestation de Sécurité de la vieillesse.


Il est entendu qu'effectuer des retraits au début de la retraite peut occasionner le paiement plus immédiat de l'impôt, donc il faut adopter une approche à long terme. « Les gens sont souvent réticents à payer des impôts dans le moment présent », dit Jason Heath, un planificateur financier offrant des services sur honoraire à Objective Financial Partners à Markham, en Ontario. « Mais la façon dont je vois les choses, c'est que je préfère payer le montant minimum d'impôt sur le revenu pendant toute ma retraite plutôt que le montant minimum d'impôt sur le revenu cette année. »


Cette question est souvent très importante pour les retraités plus fortunés qui détiennent des sommes importantes dans des comptes non enregistrés en plus des REER. Commencez par comprendre les obligations fiscales futures liées aux REER que vous feriez peut-être bien d'atténuer. Tenez compte de la nécessité de convertir votre REER à un Fonds enregistré de revenu de retraite et de commencer à effectuer les retraits minimums obligatoires au plus tard l'année de vos soixante-douze ans. Et pour les couples, le décès d'un conjoint fait que les REER/FERR se retrouvent combinés au nom du conjoint survivant, ce qui a pour effet de doubler le minimum des retraits obligatoires. Enfin, au décès du deuxième conjoint, la portion restante du FERR, si elle est importante, occasionnera à la succession une grosse facture fiscale, à un taux marginal élevé.


Mais des retraits équilibrés du REER peuvent être importants pour les retraités à tous les niveaux de revenu. M. Diamond recommande une stratégie visant à manipuler le revenu en fonction de certains seuils clés. Le but est d'être vigilent par rapport à ces seuils de revenu imposable au-dessus desquels vous passez dans une tranche fiscale supérieure assujettie à un impôt supérieur, et de modeler votre revenu de façon à rester juste au-dessous de la tranche fiscale suivante. 


Voici quatre seuils de revenu imposable au fédéral en 2017 qu'il est bon de connaître (les augmentations des taux d'imposition provinciaux s'appliquent aussi à différents seuils de revenu et varient en fonction de la province) :




  • 20 860 $, le total combiné de trois remboursements traditionnels pour les personnes âgées. Ce montant se compose d'un montant personnel de base pour tous les contribuables (11 635 $), du montant dû à l'âge pour les personnes de plus de 65 ans (7 225 $), plus le montant de pension applicable à certains revenus de pension (2 000 $). Si ces crédits s'appliquent tous, aucun impôt fédéral n'est dû à concurrence de ce niveau de revenu imposable. Le taux d'imposition fédéral marginal pour les montants dépassant ce seuil en franchise d'impôt est de 15 %. Des crédits d'impôts provinciaux comparables s'appliquent mais protègent généralement des montants moins importants à des taux d'imposition plus faibles;

  • 36 430 $, le début des récupérations du crédit fédéral en raison de l'âge. L'augmentation du taux d'imposition marginal réel pour le revenu imposable au-delà de ce seuil est de 2,25 %. (La récupération des prestations gouvernementales se fonde sur le revenu imposable et les ajustements excluent certaines déductions qui s'appliquent à des situations particulières. En théorie, elle est basée sur la ligne de votre déclaration de revenu appelée « revenu net », avec ou sans ajustements). Une récupération plus faible des crédits d'impôt provincial en raison de l'âge s'applique aussi conformément à des seuils de revenu différents dans chaque province;

  • 45 916 $, le début de la deuxième tranche d'imposition fédérale pour les contribuables. Au-delà de ce seuil, la hausse du taux d'imposition marginal est de 5,5 %.

  • 74 789 $, le seuil de la récupération de la prestation de la Sécurité de la vieillesse. Le revenu imposable qui dépasse ce seuil est assujetti à une hausse d'environ 10 % du taux marginal. Cette augmentation d'impôt, qui varie selon les provinces, est nette de toute déduction d'impôt fédéral ou provincial sur la prestation réduite de la Sécurité de la vieillesse.



L'optimisation des retraits repose sur des situations spécifiques mais voici un exemple (fondé sur un scénario fourni par M. Diamond) d'un couple retraité de 70 ans, qui vit en Ontario avec chacun un revenu annuel imposable de 30 000 $ se composant du RPC et de la SV et d'un régime de pension de l'employeur, qu'ils trouvent tout à fait suffisant pour leurs besoins de dépenses. De surcroit, ils ont chacun un bon REER.


Dans ce cas, il est logique de retirer chacun au moins 6 000 $ de plus du REER, même si cet argent n'est pas nécessaire pour les dépenses actuelles, et de réinvestir ensuite le montant retiré (4 800 $ après impôts) dans un CELI. Cela permet de retirer de l'argent supplémentaire de son REER à un taux d'imposition relativement attrayant. Avec un revenu imposable de 36 000 $, le taux combiné d'imposition marginal fédéral et provincial en Ontario en 2017 pour chaque dollar de revenu imposable est le même taux de 20 % qui s'applique lorsque le revenu imposable est de seulement 30 000 $.


Les avantages liés au retrait de montants enregistrés deviennent plus évidents lorsque les individus sont forcés de convertir leur REER en FERR et qu'ils commencent à effectuer leurs retraits minimums à l'âge de 72 ans. Lorsque les revenus imposables passent de 36 000 $ à plus de 46 000 $ en Ontario, le taux d'imposition marginal fédéral et provincial pour les personnes âgées passe de 20 % à 32,6 % en plusieurs stades. Donc, un montant important détenu dans un REER finit par occasionner un retrait forcé important du FERR à un taux d'imposition bien plus élevé.


Le taux de retrait obligatoire d'un FERR est de 5,28 % lorsque vous atteignez l'âge de 72 ans et augmente en vieillissant. Donc si vous avez 400 000 $ dans un FERR, votre retrait minimum cette année-là est de 21 120 $. Si le reste de votre revenu imposable est de 30 000 $, cela portera votre revenu imposable total à 51 120 $. 


De plus, comme M. Heath le fait remarquer, si vous n'avez pas de régime de pension de l'employeur, il est avantageux de convertir une partie de votre REER à un FERR lorsque vous atteignez l'âge de 65 ans pour obtenir un crédit d'impôt pour revenu de pension. La version fédérale du crédit d'impôt vaut 300 $ par an si vous touchez au moins 2 000 $ de revenu annuel d'un FERR (généralement après l'âge de 65 ans) ou d'un un régime de pension de l'employeur (à n'importe quel âge). Et dans certaines provinces, on touche aussi un autre petit crédit d'impôt.

À suivre dans cette section

L'assurance vie en 10 questions
Édition du 22 Septembre 2018 | Daniel Germain

image

Gestion de l'innovation

Jeudi 20 septembre


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

ROI Marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier

Sur le même sujet

Universitas en rappel

18/09/2018 | Daniel Germain

BLOGUE. Pourquoi pas une dernière chanson sur les REEE et Universitas. Musique!

Les bonnes raisons de souscrire une assurance vie

BLOGUE INVITÉ. Pourquoi devrait-on souscrire une assurance vie? Voici des raisons qui pourraient en justifier l’achat.

À la une

Entreprises québécoises: comment se conformer au RGPD?

Édition du 22 Septembre 2018 | Jean-François Venne

L’entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans l’Union européenne...

America inc. exhorte Trump à garder le Canada dans l'ALÉNA

19/09/2018 | François Normand

Les poids lourds d’America Inc. demandent aussi trois choses aux négociateurs.

ALÉNA: encore du travail avant de parvenir à un accord entre Washington et Ottawa

19/09/2018 | AFP

Beaucoup de travail reste à faire au cours des discussions de haut niveau qui ont repris mercredi à Washington.