Comment en laisser le plus possible aux enfants ?


Édition du 12 Août 2017

Comment en laisser le plus possible aux enfants ?


Édition du 12 Août 2017

Par Stéphane Rolland

REER ou CELI ? La réponse dépend de ses priorités, à savoir la réduction de sa facture fiscale ou la volonté de laisser plus d’argent entre les mains des héritiers.

Comment laisser le plus possible d'argent à ses enfants après son décès ? Lorsqu'il prendra sa retraite à la fin de l'année, notre lecteur aura amplement d'argent pour financer son coût de vie et celui de son épouse. Même s'ils ne manqueront de rien, les conjoints veulent prendre les meilleures décisions pour laisser le plus gros héritage possible à leurs deux enfants adultes.


La situation


La retraite s'annonce sans tracas financiers. Monsieur pourra compter sur la stabilité que lui procurera une rente annuelle de 78 000 $ obtenue chez son ancien employeur. Il profitera aussi d'une rente annuelle de 1 800 $ accumulée pendant qu'il a enseigné au cégep à temps partiel.


Le ménage a également des épargnes. Monsieur détient un REER de 170 000 $ en fonds communs de placement et il fera une dernière cotisation de 20 000 $ en 2018. Ses cotisations au REER de madame, qui a quitté le monde professionnel au début des années 1970 pour s'occuper de la famille, auront permis à sa conjointe d'accumuler 110 000 $ dans son REER. L'espace CELI de leurs deux comptes a été maximisé (52 000 $ par CELI en 2017). Ils ont également 100 000 $ dans un compte non enregistré. Leur résidence principale a une valeur de 600 000 $. Ils louent un petit appartement au sous-sol.


Monsieur prendra sa retraite le 31 décembre, à l'âge de 61 ans. L'année suivante, il recevra une prime de mise à la retraite de 50 000 $ sous la forme d'un paiement de salaire pour les 26 premières semaines de l'année 2018.


Le couple juge qu'il aura besoin d'un revenu annuel de 53 000 $ pour ce nouveau chapitre de vie. Les futurs retraités estiment qu'ils ont suffisamment d'argent pour atteindre cette cible, mais ils se demandent quelle est la meilleure approche pour décaisser leurs actifs et optimiser l'héritage transmis aux héritiers.


Oui, c'est assez


Martin Dupras, président de ConFor financiers, confirme l'hypothèse des futurs retraités. Ils ont les moyens de leurs ambitions. Après impôt et indexé à l'inflation, leur pouvoir d'achat combiné serait de 78 000 $, bien au-delà des 53 000 $ visés. Ce chiffre ne prend même pas en compte les 100 000 $ d'actifs dans le compte non enregistré ni la résidence principale. Bref, le plan est viable. On peut maintenant se préoccuper de tirer le meilleur parti de cette situation confortable.


REER ou CELI ?


La réponse dépendra de la priorité choisie : réduire sa facture fiscale ou laisser plus d'argent entre les mains des héritiers.


Pour optimiser les revenus, le planificateur financier indépendant suggère de reporter le décaissement du REER à l'âge de 71 ans pour monsieur et à 65 ans pour madame. Après les 65 ans de monsieur, celui-ci pourra fractionner les revenus du régime de retraite avec madame au provincial.


Par contre, si on priorise l'héritage, on pourrait décider de retirer les REER plus rapidement et de ne pas toucher au CELI, nuance M. Dupras. «Si on a des considérations successorales en faveur des enfants, pensons à leur léguer les CELI ou la résidence principale, poursuit-il. Dans les deux cas, il n'y aura pas d'impôt.»


En effet, au moment du décès, les gains enregistrés du vivant d'un particulier dans un CELI ne sont pas imposables. Il en va de même pour la résidence principale. Dans ce cas, toutefois, notons qu'il y aura de l'impôt à payer pour la portion (le sous-sol) de la résidence qui a servi à obtenir des revenus de location. Pour le REER, la totalité du compte est imposable dans la déclaration de revenus de la personne décédée.


Prendre une rente viagère ?


On prend une rente viagère pour assurer une stabilité de revenus à la retraite, résume M. Dupras. Or, monsieur peut déjà compter sur une rente à prestations déterminées, qui remplit cette mission. «En raison de la faiblesse des taux d'intérêt, la souscription de rentes est actuellement très onéreuse», souligne le planificateur financier.


EXPERT INVITÉ


Martin Dupras, président de ConFor financiers


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