Voyez Ă  vos affaires avant de partir en affaires

Publié le 30/01/2013 à 17:31, mis à jour le 11/10/2013 à 08:11

Voyez Ă  vos affaires avant de partir en affaires

Publié le 30/01/2013 à 17:31, mis à jour le 11/10/2013 à 08:11

Par Claudine HĂ©bert

Être travailleur autonome, c'est aussi être chef de ses finances. Démarrez à votre compte sur des bases solides. Douze conseils pour une organisation financière de béton.


 


1 Ouvrez un compte de banque distinct


Pour y voir clair dès le départ, séparez vos billes. Dissociez votre compte personnel de votre compte d'affaires. C'est ce qu'a fait Réal Gagné, créateur de l'unique portail d'emploi consacré exclusivement au milieu infirmier au Québec, emploisinfirmiers.com. Il y a quatre ans, l'ancien directeur général de l'Association des infirmières et infirmiers d'urgence du Québec a quitté son emploi et la sécurité financière qu'il lui procurait pour lancer sa propre entreprise.


En plus de simplifier la comptabilité, le compte a permis à l'entrepreneur montréalais de 42 ans de bâtir rapidement sa crédibilité d'homme d'affaires auprès de son institution financière. «Les banques sont très frileuses face aux entreprises du secteur technologique. Grâce à ce compte, mon banquier peut suivre de près mes transactions et juger plus facilement de la discipline et du sérieux de mon projet», explique-t-il.


«Il faut outiller son banquier si on veut en obtenir plus facilement de l'aide», renchérit Michel Fortin, directeur général de SAJE accompagnateur d'entrepreneurs. Depuis 1993, cette firme de service-conseil, de formation et de coaching prête main-forte chaque année à plus de 850 entrepreneurs et travailleurs autonomes qui décident de se lancer à leur compte.


 


2 Inscrivez-vous aux fichiers TPS-TVQ


Au Québec, toute personne qui exerce des activités commerciales et dont le revenu excède 30 000 dollars sur 12 mois consécutifs doit s'inscrire aux fichiers de la TPS et de la TVQ.


Une fois inscrit, vous devez percevoir ces taxes sur tous les produits et services que vous offrez. Par conséquent, vous devrez effectuer des versements mensuels, trimestriels ou annuels selon vos revenus. «Dans 80 % des cas, ces paiements sont faits sur une base trimestrielle», indique l'experte-comptable Lynda Coache, associée en certification chez Raymond Chabot Grant Thornton.


De nombreux travailleurs autonomes repousseront cette paperasse gouvernementale aussi longtemps que le cap des 30 000 dollars ne sera pas franchi. Lynda Coache suggère de considérer le processus autrement. «Dès que vous êtes inscrit, vous pouvez récupérer à 100 % la plupart des taxes liées aux achats et aux dépenses de votre entreprise. Lors de la première année de démarrage, cela peut se traduire par un montant non négligeable», souligne-t-elle.


 


3 Conservez vos reçus


Frais de représentation, honoraires du comptable, factures de papeterie, d'équipements électroniques, de téléphone cellulaire... conservez toutes vos factures. Si vous déduisez une partie des dépenses liées à la voiture, gardez toutes les factures d'essence et d'entretien. «Le gouvernement veut des preuves. Le relevé de carte de crédit ne vaut rien. Il faut des factures», insiste l'experte-comptable Lynda Coache.


 


4 Tirez profit de vos provisions d'impôt et de la perception des taxes


Le fait de percevoir vous-même les taxes sur vos produits et services, et de toucher un revenu qui n'est plus assujetti à des déductions à la source systématiques donne momentanément l'impression de gagner plus d'argent. «Attention, n'allez pas l'investir ou le dépenser. Cet argent appartient au gouvernement», prévient Lynda Coache, rappelant que les versements de taxes et des acomptes provisionnels se font tous les trois mois.


Faut-il pour autant laisser cet argent dormir dans un compte sans intérêt ? Jean Gosselin, spécialiste en communications d'entreprise, a suivi les conseils de sa planificatrice financière. Il a ouvert un compte d'épargne chez Manuvie. Un compte à intérêt élevé qui lui rapporte 1,75 %. «J'y dépose systématiquement la moitié de chaque montant facturé, ainsi que les taxes perçues auprès de mon client», confie l'ancien vice-président de la firme National qui, à 52 ans, a décidé de voler de ses propres ailes.


En plus de permettre des virements de fonds sans pénalité et le paiement d'acomptes provisionnels par Internet sans frais, ce compte n'exige aucun montant minimal.


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