Tolérer ou supporter le risque ?

Offert par Les Affaires


Édition du 09 Avril 2016

Tolérer ou supporter le risque ?

Offert par Les Affaires


Édition du 09 Avril 2016

Pour investir avec succès, vous devez apparier vos placements avec votre capacité d'assumer le risque, et pas seulement avec votre tolérance au risque. Voyons comment.


Une récente chronique d'Yves Bourget, «Le test de la boule», publiée dans notre numéro du 20 février, a retenu mon attention. Tout comme lui, je constate les limites des questionnaires utilisés pour définir un profil d'investisseur. C'est dans la vraie vie que se révèle le véritable profil. De plus, les fluctuations violentes observées sur les marchés au début de 2016 ont fait surgir une boule d'angoisse dans l'estomac de plusieurs investisseurs. M. Bourget recommande de ne jamais détenir un pourcentage d'actions pouvant causer de l'inquiétude ou, pis encore, menacer sa sécurité financière en raison de pertes permanentes possibles sur les actions. J'appuie cette affirmation, mais, en pratique, comment trouver un équilibre entre la tranquillité d'esprit à court terme et l'atteinte de ses objectifs à long terme (par exemple, générer des revenus suffisants pour financer sa retraite) ?


Dans un monde idéal, aucun investisseur ne devrait être angoissé par ses placements. Ceux qui sont à la retraite, ou qui en approchent, se rappellent avec nostalgie le bon vieux temps où les placements garantis portaient intérêt à 10 %, voire plus. Malheureusement, depuis 35 ans, les taux baissent... Aujourd'hui, le taux des obligations du Canada à échéance de 10 ans est sous la barre des 2 %. Après inflation et impôt, leur rendement est négatif.


Ceux qui sont immensément riches ont le luxe de ne détenir que des placements garantis à faibles taux : leur capital est si considérable qu'il comblera leurs besoins à long terme. Pour les autres épargnants cependant, surtout ceux qui ne peuvent pas compter sur un régime de pension blindé, il est périlleux de ne détenir que des placements à revenu fixe ou un portefeuille duquel les actions sont quasi absentes. Pourquoi ? Parce que le marché des actions (pas une poignée de titres mais un grand nombre) procure un meilleur rendement sur des périodes de 10 ans que les obligations, et ce, 9 fois sur 101. En outre, la retraite dure longtemps, souvent plus de 30 ans. Pendant cette étape de la vie, vous vous exposez à trois risques :


1. Le risque des marchés financiers : devoir vendre des actions durant une période négative en Bourse ;


2. Le risque d'inflation qui, à 2 % par an, double votre coût de vie en 36 ans ;


3. Le risque de longévité : survivre à votre capital.


On peut tolérer à tout âge un bon niveau de risque et voir la Bourse reculer sans pour autant avoir «la boule». Mais encore faut-il être en mesure de le supporter sans devoir changer vos plans ; par exemple, retarder votre retraite ou réduire vos dépenses.


Selon Christine Benz, de Morningstar, les investisseurs n'ayant pas accumulé suffisamment de réserves à court terme voient leur capacité à supporter le risque diminuer à l'approche de la retraite2. D'où l'importance de ne pas compter sur le volet actions du portefeuille pour payer l'épicerie, car sur un an, elles ne sont positives que sept fois sur 101.


Des pistes de solution


> Prévoyez des placements liquides (comptes à intérêt élevé) et des obligations de haute qualité à échéance de cinq ans ou moins pour vos décaissements de l'année courante et des années à venir. Vous surmontez ainsi le risque des marchés financiers.


> Recourez à des fonds d'actions pour des montants dont vous n'aurez pas besoin avant cinq à sept ans. Diversifiez les catégories de titres par leur taille (actions de petite, moyenne et grande capitalisation), leur style (valeur, croissance...) et sur les divers marchés (canadien, américain, international, pays émergents). Par leur diversification, vos FNB ou fonds communs à faibles frais éliminent d'emblée le risque d'avoir un titre individuel (ou quelques-uns) qui chute à jamais. Vous en percevrez les dividendes en attendant que les marchés boursiers portent leurs fruits. Aussi, rééquilibrez votre portefeuille périodiquement. Ce faisant, vous pouvez ignorer les fluctuations à court terme et focaliser sur le long terme. Vous surmontez alors le risque d'inflation.


> Évaluez périodiquement la pertinence de transformer une portion de votre capital en rente viagère (garantie, même si vous vivez jusqu'à 105 ans) si votre désir est de maximiser vos revenus. Considérez votre âge, votre état de santé, vos objectifs personnels, les taux d'intérêt à long terme et la possibilité de vivre plus longtemps que votre capital. Vous surmontez ainsi le risque de longévité.


Lorsque vous travaillez avec un coach pour développer vos affaires ou vous mettre en forme, il vous fait sortir de votre zone de confort à court terme pour atteindre vos objectifs à long terme. Quand vous investissez pour la retraite, le principe est le même : tout repose sur votre planification et votre diversification.


Hélène Gagné, F.Adm.A., est gestionnaire de portefeuille chez Gestion privée PEAK (une division de Valeurs mobilières PEAK) Pl. Fin. et conseillère en sécurité financière chez Gagné, Morin & Associés M.T.L. Elle est l'auteure du livre Votre retraite crie au secours.

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