Les robots-conseillers sont-ils une bonne alternative?

Offert par Les affaires plus

Publié le 16/07/2017 à 13:08

Les robots-conseillers sont-ils une bonne alternative?

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Publié le 16/07/2017 à 13:08

Par Sophie Stival

Convivial, transparent et bon marché, le robot-conseiller permet au petit investisseur de placer ses épargnes dans des portefeuilles diversifiés. Cette solution clés en main est-elle pour vous ?


Félix Messier Maynard et Guillaume Boucher Bélanger ont plusieurs points en commun. Ils ont tous deux investi à l'automne une part de leur épargne avec Wealthsimple, un robot-conseiller canadien. Ils font partie, à 28 ans, de cette génération friande de nouvelles technologies. Ils ne souhaitent pas parler à un conseiller en services financiers régulièrement.


«Je voulais me simplifier la vie. Je fais des prélèvements automatisés tous les mois sur mon compte chèque vers un compte REER. J'achète des fonds négociés en Bourse (FNB) et je n'ai pas à me préoccuper du rééquilibrage de mes portefeuilles», précise Félix, qui travaille dans le domaine du financement d'entreprise. Bien que cette solution soit légèrement plus chère que son compte de courtage direct, son portefeuille contient plus de titres et il est mieux diversifié.


C'est l'offre attrayante de Wealthsimple qui a poussé Guillaume à ouvrir un CELI chez ce robot-conseiller. Il n'y a pas de frais pour les premiers 5 000 dollars investis, ensuite ils sont de 0,5 % par année, auxquels s'ajoutent les frais de gestion d'une vingtaine de points de base prélevés à même le rendement du FNB. «Je voulais comparer les rendements et la formule avec mes fonds communs du Groupe Investors», raconte le cofondateur de Netleaf, une agence de référencement Web.


Les deux investisseurs apprécient particulièrement la plateforme numérique conviviale et l'application mobile qui permet d'observer quotidiennement les rendements du portefeuille. Un petit bémol : Guillaume souhaite changer son profil d'investisseur afin d'avoir un portefeuille de placements plus agressif, et pour ce faire, il doit discuter de vive voix avec un représentant. Il attend toujours son rendez-vous téléphonique après quelques échanges de courriels. La vérité, c'est qu'au Canada les firmes qui offrent du robot-conseil ont des obligations légales. Une personne physique doit valider votre profil d'investisseur et s'assurer qu'il vous convient (voir l'encadré).


Comment ça fonctionne ?


Les robots-conseillers regroupent une douzaine de firmes au pays qui vont de la start-up à la grande banque. Le degré d'automatisation et l'accompagnement du client varient toutefois d'une société à l'autre. Seules deux grandes banques se sont lancées à ce jour dans l'aventure, soit la Banque de Montréal et la Banque Nationale. Le président de Desjardins, Guy Cormier, annonçait également en février le souhait de la coopérative d'offrir des services de robot-conseil au Québec.


Selon le cofondateur de Ferst Capital Partners, ce n'est qu'une question de mois avant que toutes les grandes banques proposent des services-conseils en ligne. «Elles craignaient jusqu'ici de se cannibaliser. Elles ne veulent pas perdre leurs clients nantis et lucratifs pour de telles solutions. On a vu le même genre de réaction avec l'arrivée des FNB, il y a une dizaine d'années. Maintenant, la plupart des banques les commercialisent pour leurs clients», affirme Jay Ferst, dont la firme investit du capital de risque auprès de jeunes entreprises canadiennes de l'industrie des technologies financières (fintechs).


À la Banque Nationale, la solution en ligne InvestCube est avant tout un système de rééquilibrage automatique des portefeuilles. Ce processus vise à maintenir la répartition des actifs du client conformément à son profil de risque. « On ne donne pas de conseils », tient à préciser Laurent Blanchard, président de Banque Nationale Courtage Direct.


Les robots-conseillers sont donc une solution de rechange intéressante pour ceux qui n'ont pas suffisamment d'épargne pour investir auprès d'un conseiller en placement. C'est aussi une voie de contournement aux fonds communs de placement, qui entraînent des frais de plus de 2 % par année en moyenne. Les portefeuilles en ligne généralement composés de FNB ont des frais qui oscillent entre 0,4 % et 0,7 % par année, auxquels s'ajoutent les frais de gestion du fonds. Ceci inclut le rééquilibrage des portefeuilles et, dans la majorité des cas, les coûts de transaction.


Portefeuille modèle selon son profil


Après avoir rempli un questionnaire en ligne et établi son profil de risque, on se voit attribuer un portefeuille virtuel qui respecte ses objectifs. Les portefeuilles proposés, généralement entre 5 et 10 modèles, suivent des stratégies allant de prudentes à plus audacieuses. Un portefeuille équilibré est habituellement composé à 50 % d'actions et à 50 % de titres à revenu fixe.


Il vaut la peine de consulter en ligne le contenu des portefeuilles. Certains robots-conseillers n'utilisent que des fonds maison, comme le portefeuille Futé de la Banque de Montréal. D'autres font appel à des gestionnaires indépendants et investissent dans des catégories d'actif moins communes, comme des fonds immobiliers, ou encore permettent de choisir des fonds éthiques. «Bien qu'on respecte le profil de risque des portefeuilles, la composition des catégories d'actif peut faire l'objet de changements tactiques de la part des gestionnaires. Toutes les transactions sont disponibles en ligne, c'est totalement transparent pour le client», indique Sabrina Della Fazia, directrice générale BMO Ligne d'action, Québec et Atlantique.


Ceux qui s'attendent à recevoir des conseils pointus ne seront toutefois pas très bien servis par un robot-conseiller. On ne vous téléphonera pas pour faire des suivis de portefeuille ou vous aider à planifier votre retraite. «Si le client doit retirer des fonds du portefeuille Futé, on ne lui dira pas si c'est mieux de le faire de son CELI ou de son REER. Le client doit lui-même appeler BMO et dans le cas de besoins plus complexes, il sera mieux servi avec un conseiller en placement», confirme-t-elle.


«Chez Wealthsimple, on donne des conseils seulement lorsque le client en ressent le besoin, à certains moments précis de sa vie, comme à l'achat d'une maison, à la naissance d'un enfant. Il lui suffit de prendre un rendez-vous en ligne avec un de nos représentants salariés. Pour ceux qui ont des placements de plus de 100 000 dollars, on offre également des services de planification financière et d'optimisation fiscale», explique Dave Nugent, chef des placements de la firme.


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