Les frais de votre fonds offrent-ils de la valeur?

Publié le 15/05/2017 à 09:03

Les frais de votre fonds offrent-ils de la valeur?

Publié le 15/05/2017 à 09:03

Quand je choisis entre l'aspirine de marque et sa version générique, c'est presque toujours cette dernière qui l'emporte. Les deux ont les mêmes ingrédients principaux, mais le concurrent générique est généralement beaucoup moins cher. Je suis prêt à payer un petit supplément si le produit de marque dure plus longtemps, me fait moins mal à l'estomac ou est plus efficace. Une alternative supérieure sans rival générique peut valoir la peine qu'on paie plus.


Les investisseurs dans les fonds sont confrontés au même dilemme quand ils doivent choisir entre gestion active et gestion passive. De nombreux gestionnaires actifs craignent de se faire congédier en cas de contre-performance par des investisseurs ou employeurs impatients et limitent donc le risque qu'ils prennent par rapport aux indices de référence. Il en résulte que les portefeuilles actifs et passifs comportent des éléments comparables. Si les portefeuilles ont l'air identique, l'option passive, moins onéreuse, apparaît comme un choix facile.


Tous les choix ne sont pas aussi simples. Les fonds marginalement actifs pourraient encore avoir des chances par rapport à leur indice si leur prix est assez bas. Les fonds les plus chers peuvent encore se surclasser si leurs portefeuilles ont une identité unique. Les frais sont le guide le plus fiable des perspectives d'un fonds, mais les investisseurs devraient considérer non seulement ce qu'ils paient, mais ce qu'ils obtiennent. Comme l'a indiqué Warren Buffett : « Le prix est ce qu'on paie. La valeur est ce qu'on obtient. »


Le coût de la gestion active, concept élaboré par les universitaires Martijn Cremers et Quinn Curtis, est une des façons offertes aux investisseurs pour quantifier ce qu'ils retirent de leurs investissements gérés activement. Cette mesure compare le ratio des frais de gestion d'un fonds (moins le coût de l'alternative passive) à sa part de gestion active.


La part de gestion active décrit à quel point un portefeuille est différent de son indice de référence. (M. Cremers a introduit la part de gestion active en compagnie d'Antti Petajisto en 2007.) Plus sa part de gestion active est importante, moins un fonds ressemble à son indice repère. Par exemple, un fonds qui reproduit 75 % des avoirs de son indice comporte une part de gestion active de 25 %, alors qu'un fonds qui empiète de 25 % sur son indice a une part de gestion active de 75 %. Si les deux fonds ont un RFG de 1 %, le deuxième offre une meilleure valeur par unité de gestion active.


J'ai calculé le coût de la gestion active pour tous les fonds de la catégorie Actions canadiennes en utilisant le RFG de la catégorie de parts la moins chère de chaque fonds, qui est presque toujours la série vendue sur honoraires et libre de commissions. De nombreux investisseurs détiennent la série plus onéreuse vendue sur commission, mais j'ai voulu exclure du calcul le coût des conseils et les frais de distribution. J'ai utilisé l'Indice Morningstar Canada comme point de repère de la part de gestion active. (Cliquez ici pour voir le tableau de tous les fonds étudiés.)


Prenons par exemple le Fonds d'actions canadiennes RBC. De prime abord, son RFG de 0,95 % paraît raisonnable par rapport à la médiane de 1,11 % applicable à son réseau de distribution sur honoraires. Toutefois, les plus gros avoir du fonds ressemblent à ceux de son point de repère (l'Indice composé S&P/TSX), ce qui se solde par une part de gestion active de 29 % qui est une des plus basses de la catégorie, donc son coût de gestion active de 3,2 % compte parmi les plus élevés. Ce chiffre implique que la gestion doit soutirer 3,2 points de pourcentage de valeur ajoutée d'une petite partie du portefeuille pour surmonter ce handicap. Les fonds à gestion passive peu onéreux comme le FNB iShares Core S&P/TSX Capped Composite Index (XIC ), dont le RFG est de 0,06 %, sont un meilleur choix.


En revanche, le RFG de 1,4 % du fonds Pender Canadian Opportunities fait de lui un des produits de série F les plus chers de la catégorie. Toutefois, des actions moins connues comme Medicure (MPH) et Absolute Software (ABT) sont au premier plan de son portefeuille, lui donnant la deuxième part de gestion active du groupe (90 %). Avec un coût de gestion active de 1,5 %, le fonds a l'air d'être une meilleure occasion que son homologue de RBC. De plus, avec sa base d'actifs minuscule de 5,8 millions $, le produit de Pender jouit d'une souplesse bien plus grande que son rival de RBC dont les actifs s'élèvent à 2,5 milliards $.


Le coût de la gestion active peut aussi aider les investisseurs à évaluer les stratégies factorielles concurrentes dites au « bêta stratégique » et les comparer aux fonds traditionnels à gestion active. Ces produits font pencher leurs portefeuilles vers des facteurs associés historiquement à des rendements au-dessus de la moyenne, comme la taille, la valeur, la volatilité ou l'élan.


Parfois, ce penchant est modeste. Le Fonds d'actions canadiennes de base DFA et le FNB iShares Canadian Fundamental Index (CRQ) accordent tous deux leur préférence à des actions dont l'évaluation est faible, mais avec une part de gestion active de 26 %, ils ressemblent encore beaucoup à l'indice. Avec des parts de gestion active presque identiques, il est facile de repérer quelle option fournit une part de gestion active plus grande pour l'argent investi. Le RFG de 0,34 % du fonds DFA est bien au-dessous du chiffre de 0,73 % que fait payer le FNB d'iShares. Toutefois, le produit iShares, qui est plus cher, est encore une meilleure occasion que le Fonds d'actions canadiennes RBC, encore plus cher.


Puisqu'il ne représente qu'un point précis dans le temps, le coût de la gestion active brosse souvent un portrait incomplet. La part de gestion active du Fonds Vintage P&N est de l'ordre de 48 %, mais elle fluctue habituellement entre 40 % et 60 %. Savoir quand il faut faire des mises actives a contribué à l'excellent palmarès à long terme du portefeuille. Avec un RFG de 1,14 % qui tombe dans la moyenne, le coût actuel de gestion active du fonds de 2,3 % est relativement élevé selon les normes de la catégorie. Toutefois, ses concurrents au coût de gestion active inférieur ne reproduiront probablement pas le processus du produit PH&N. La valeur apparemment meilleure n'est peut-être qu'une illusion.


Bien entendu, le coût de gestion active n'est qu'une façon d'évaluer un produit. D'autres attributs sont également importants. Un fonds qui n'a pas une gestion compétente et un processus solide ne présente vraiment pas beaucoup de valeur.


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