Actions privilégiées : à utiliser à petite dose

Publié le 31/01/2009 à 00:00

Actions privilégiées : à utiliser à petite dose

Publié le 31/01/2009 à 00:00

Par Dominique Beauchamp

"Comme pour la soupe, un peu de sel est savoureux, trop lui enlève toute sa saveur", illustre James Hymas, président d'Hymas Investment Management.



Un bon complément aux obligations


"Je ne recommande les actions privilégiées qu'à des retraités qui vivent de leurs revenus de placement et cherchent un revenu moins imposé à l'extérieur de leur régime enregistré d'épargne-retraite", indique Caroline Nalbantoglu, planificatrice financière principale chez PWL Capital.


Les actions privilégiées sont un bon complément aux obligations et autres produits d'épargne que le retraité possède déjà dans son REER, dit-elle. "L'épargnant doit toutefois accepter que le cours de ces actions puisse baisser, ce qui n'est pas le cas d'une obligation gouvernementale qu'on conserve jusqu'à l'échéance. S'exposer à un risque plus élevé est le prix à payer pour obtenir un revenu régulier plus élevé après impôts", ajoute Mme Nalbantoglu.


Même pour les retraités, il est important de combiner les actions privilégiées avec des obligations gouvernementales, qui sont plus faciles à revendre et conservent mieux leur valeur dans l'éventualité où l'investisseur a besoin d'argent, dit pour sa part M. Hymas.


Pas plus de 10 % d'un portefeuille diversifié


Dans les portefeuilles modèles que Claymore Investments élabore à l'aide de ses fonds négociés en Bourse, les actions privilégiées ne représentent jamais plus de 10 % du portefeuille total.


Par exemple, les actions privilégiées ne comptent que pour 10 % de leur portefeuille de type prudent. Celui-ci est composé aussi à 60 % d'obligations et à 5 % de fonds monétaires, soit au total 75 % de placements à revenu fixe, qui est la pondération suggérée pour ce type de portefeuille.


Dans un portefeuille modèle équilibré, réparti entre les actions (60 %) et les titres à revenu fixe (40 %), les actions privilégiées représentent également 10 % du portefeuille.


"Le portefeuille devrait être conçu de façon à ce que chacune de ses sections compense les lacunes des autres", souligne M. Hymas.


Si l'investisseur utilise les actions privilégiées pour obtenir des revenus réguliers, il est sage de diversifier le reste du portefeuille dans d'autres types de placement, ajoute M. Hymas.


Puisqu'au Canada, 80 % des actions privilégiées ont été émises par des institutions financières, l'investisseur doit éviter de détenir trop de titres de cette industrie dans les autres sections du portefeuille, donne-t-il en exemple.


Un des objectifs de l'épargnant est d'obtenir un rendement suffisant pour préserver le pouvoir d'achat de son capital à la retraite.


La hausse du coût de la vie peut faire en sorte que nos épargnes soient insuffisantes pour couvrir nos dépenses à la retraite.


Or, justement, les actions privilégiées sont de piètres placements pour contrer l'effet de l'inflation sur la valeur de ses placements, car elles versent pour la plupart un dividende fixe, qui n'augmente jamais.


De plus, le cours de ces actions a peu de chance de s'apprécier. C'est pourquoi il faut compléter son portefeuille par des actions ordinaires ou d'autres catégories d'actif, plus susceptibles de suivre le mouvement de l'inflation, tels que des placements dans l'or, suggère M. Hymas.


Opter pour un fonds indiciel


Comme il est difficile pour l'investisseur de choisir lui-même les actions privilégiées les plus attrayantes, James Hymas suggère de faire appel au fonds négocié en Bourse Claymore S&P/TSX CDN Preferred Share, en particulier si la somme investie est inférieure à 25 000 $.


Ce fonds reproduit l'indice des actions privilégiées du S&P/TSX.


Non seulement il répartit le risque entre 53 émetteurs, mais il contient quatre types d'actions privilégiées qui réagissent différemment aux taux d'intérêt (perpétuelles, rachetables au gré du porteur, à taux variable et à taux fixe).


Une telle diversification est impossible à réaliser quand on achète une poignée de titres, souligne M. Hymas.


Aux épargnants qui souhaitent investir dans deux ou trois actions privilégiées pour compléter un portefeuille, M. Hymas conseille d'opter pour les titres qui obtiennent la meilleure cote de crédit (Pfd-1) de l'agence Dominion Bond Rating Service.


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