Un vent de face pour les banques, mais...

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Décembre 2017

Un vent de face pour les banques, mais...

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Édition du 16 Décembre 2017

Par Stéphane Rolland

« L’environnement s’est stabilisé pour les assureurs, que ce soit pour les taux d’intérêt ou les provisions pour pertes. Je pense qu’on voit la lumière au bout du tunnel. »

Le contexte est défavorable pour la croissance du portefeuille de prêts hypothécaires, mais la situation n'est pas alarmante pour les banques canadiennes, qui ont toujours les moyens d'enrichir leurs actionnaires, selon deux experts que nous avons interrogés.


À partir du premier janvier 2018, les règles hypothécaires seront plus sévères pour les acheteurs capables de fournir une mise de fonds supérieur à 20 %. Le nouveau cadre pourrait écarter certains acheteurs du marché. «La croissance des volumes de prêt était de 8 % à 10 % dans la dernière décennie, puis a baissé dans une fourchette de 4,5 % à 5 %, rappelle Claude Boulos, vice-président et gestionnaire de portefeuille principal, Actions canadiennes - Opportunités chez Fiera Capital. Il faut tenir compte du fait que ce taux continuera de diminuer.»


Les banques devront puiser leur croissance ailleurs : gestion de patrimoine, prêts aux entreprises, marchés des capitaux et expansion à l'extérieur du Canada, énumère M. Boulos. Les technologies donnent aussi des occasions de réduire les coûts. «Selon la banque, ce sera plus ou moins facile d'y arriver (développer les différentes plateformes de croissance), analyse le gestionnaire. Comme les consommateurs représentent grosso modo les deux tiers des prêts bancaires, la croissance des bénéfices risque de ralentir si ce secteur croît moins vite, mais ce n'est pas une catastrophe, loin de là.»


Pour cette raison, M. Boulos pense que les perspectives sont meilleures pour les assureurs. «L'environnement s'est stabilisé pour les assureurs, que ce soit pour les taux d'intérêt ou les provisions pour pertes, affirme-t-il. Je pense qu'on voit la lumière au bout du tunnel.»


La progression de la dette des ménages rend les banques plus vulnérables à un choc économique, soutient de son côté Steve Bélisle, gestionnaire de portefeuille chez Gestion d'actifs Manuvie. Cela survient à un moment où les institutions financières sont «bien évaluées» et où le marché ne prend pas en compte la possibilité qu'il y ait une récession dans les prochaines années.


Toutefois, la situation n'est pas aussi sévère que certaines manchettes sur l'immobilier et l'endettement des ménages laissent croire, nuance le gestionnaire. Il croit que la situation des ménages canadiens n'est pas si différente de celles des Américains et des Européens lorsqu'on met les données en contexte. De plus, les prêts hypothécaires ne sont pas les créances les plus risquées pour une banque, souligne-t-il. «En temps de récession, les ratios de pertes sur les prêts commerciaux sont beaucoup plus élevés que ceux des prêts hypothécaires. Au Canada, c'est beaucoup plus difficile pour un consommateur de se départir d'une dette hypothécaire. Dans le bilan des banques canadiennes, la part des prêts commerciaux est moins importante que dans celui des banques américaines et certaines institutions européennes. Dans l'éventualité d'un choc économique, elles ne souffriraient pas tant que ça, même si on s'inquiète de l'immobilier ici.»


Scotia, la favorite


Parmi les banques, les favorites de M. Bélisle sont celles qui prospèrent à l'étranger. Il nomme : la Banque RBC (RY, 104,76$), la Banque TD (TD, 74,81$) et la Scotia (BNS, 82,61$).


Depuis son arrivée à la tête de la Scotia en 2013, Brian Porter a recentré la stratégie internationale pour se concentrer sur quatre pays en Amérique latine : le Mexique, le Chili, la Colombie et le Pérou. L'idée est de se tailler une plus grande place dans ces marchés afin de faire des économies d'échelle et être plus efficace, explique Steve Bélisle. De plus, la croissance de l'économie et de l'industrie bancaire y est plus élevée. «Cette stratégie a beaucoup de sens, à notre avis. Cela permettra probablement à la Scotia d'afficher la croissance des bénéfices la plus forte de l'industrie.»


Intact, un titre à surveiller en 2018


L'assureur Intact (IFC, 104,28$) est également à surveiller pour l'année 2018, pense M. Bélisle. La société a connu des difficultés du côté de l'assurance automobile et a décidé d'augmenter ses prix en conséquence. «Je ne suis pas trop inquiet, dit-il. Ce genre de décision peut entraîner des pertes de parts de marché, mais les autres assureurs ne peuvent pas trop concurrencer les prix sans risquer de subir des pertes à leur tour.»


L'expert voit l'acquisition de OneBeacon d'un bon oeil. «C'est sûr que le prix payé n'est pas une aubaine, mais elle procure une plateforme de croissance qui permettra à Intact de consolider le marché. On devrait voir un impact positif sur les résultats», anticipe-t-il.


À 107 $ au moment de l'entrevue, le titre est bien évalué, estime M. Bélisle. «S'il fléchit plus près des 100 $, il serait peut-être intéressant d'en ajouter étant donné la qualité de l'entreprise.»

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