Et si votre maison perdait 30% de sa valeur?

Publié le 18/09/2017 à 11:52

Et si votre maison perdait 30% de sa valeur?

Publié le 18/09/2017 à 11:52

Par Stéphane Rolland

Comment vos finances personnelles seraient-elles touchées par une baisse de 30% de la valeur de votre maison? Hélène Bégin, économiste principale du Mouvement Desjardins, se fait souvent poser la question par des propriétaires inquiets. Bien qu’elle n’anticipe pas de correction à court terme, elle a fait l’exercice pour que les Québécois comprennent bien l’effet d’un tel scénario, explique-t-elle en entrevue.


Si jamais les prix de l’immobilier résidentiel chutaient de 15% à 30% en deux ans, entre 100 000 à 120 000 Québécois quitterait la «zone sécuritaire» pour tomber dans une situation d’ «inconfort financier», estime l’économiste dans une étude publiée lundi. Environ, 87% des ménages se situent dans la «zone de confort financier» en 2016. Ce chiffre reculerait à 83% advenant une dépréciation de l’immobilier de 15% et passerait à 80% advenant une dépréciation de 30%.


Quel serait l’impact sur vous? Peut-être rien… Si les chiffres peuvent faire peur, la plupart des propriétaires ne subiraient qu’une dépréciation sur papier, rassure Mme Bégin. Pour que la perte se matérialise, il faudrait que les propriétaires vendent leur maison au mauvais moment. «Le chiffre de 100 000 à 120 000 serait atteint dans le cas théorique où tous les propriétaires vendraient en même temps », précise l’économiste en entrevue.


La date d’acquisition jouera également un rôle sur la perte potentielle subie par les propriétaires-vendeurs. Plusieurs propriétaires ont profité de «l’ascension spectaculaire des années 2000», ce qui procure un coussin contre les corrections. En fait, une baisse de 15% amènerait les prix au niveau de 2010; un recul de 30% au seuil de 2007.


Au bout du compte, les ménages les plus vulnérables à une baisse des prix seraient ceux qui ont acheté leur maison récemment, ceux contraints de vendre en raison d’une perte d’emploi ou d’un déménagement et ceux qui ont profité de l’appréciation de leur maison pour s’endetter davantage, résume l’étude.


Une seule partie de l’équation


En entrevue, Hélène Bégin reconnaît que ce scénario isole une variable et ne prend pas en compte toutes les conditions qui entoureraient une telle hypothèse. Parmi les ingrédients qui pourraient s’ajouter au cocktail, on compte une hausse du chômage ou une augmentation des paiements hypothécaires liée à une hausse des taux d’intérêt.


L’économiste a choisi délibérément de se concentrer sur une seule partie de l’équation. «On voulait isoler cette variable dans un but d’éducation, explique-t-elle. Bien des gens me demandent s’ils seraient touchés par une baisse de la valeur de leur maison. On a voulu faire l’exercice pour montrer qui seraient touchés ou pas. On voit qu’un propriétaire ne serait pas nécessairement touché s’il n’avait pas à vendre sa maison. En prenant plusieurs éléments pour créer un scénario hypothétique, il aurait été difficile de savoir quel élément est responsable de quoi.»


Mme Bégin a fait un exercice semblable au début du mois sur l’impact d’une hausse des taux d’intérêt sur les ménages. Elle y démontre qu’une augmentation significative du taux directeur aurait des répercussions «notables» sur une plus grande part des ménages. D’ici 2021, entre 20 000 et 40 000 ménages (6% à 6,7%) pourraient se trouver dans un inconfort financier si le taux directeur se trouvait dans une fourchette d’entre 3% et 5%.


L’économiste a mis dans ses modèles une correction de 15% à 30% en deux ans pour que le choc soit assez grand et généralisé. «Ce serait une baisse assez importante et assez rapide, explique-t-elle. La chute des prix immobiliers liée à la récession du début des années 1980 et celle du début des années 1990 a été dans une fourchette de 10% à 15%.»


 


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

Sur le même sujet

Faites comme le Washington Post, écoutez ce que veut votre client

BLOGUE. Peu importe le type d’organisation et les technologies employées, le secret d’un service à la ...

Des coopératives résolument engagées dans le 21e siècle

17/10/2018 | Courrier des lecteurs

Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, commente la Semaine de la coopération.

À la une

L'Action de grâce arrive tôt en Bourse

BLOGUE. Les investisseurs en mal de bonne nouvelles ont eu droit à une véritable superfecta pour terminer la semaine.

La guerre en Asie est-elle inévitable?

17/11/2018 | François Normand

ANALYSE - Les similitudes entre l'Europe en 1914 et l'Asie de l'Est en 2018 sont troublantes. Voici pourquoi.

À surveiller: les titres qui ont attiré votre attention

17/11/2018 | lesaffaires.com

(Re)voici quelques recommandations qui pourraient influencer les cours prochainement.