Donnez-vous la moitié de votre revenu à l'impôt?

Publié le 25/01/2018 à 16:00

Donnez-vous la moitié de votre revenu à l'impôt?

Publié le 25/01/2018 à 16:00

Par Institut québécois de planification financière

Vous l’avez sûrement déjà entendu, vous l’avez peut-être même dit vous-même : « la moitié de la paye s’en va à l’impôt ». Une autre variation populaire est de dire que si on augmente son revenu de 5 000 $, la totalité de cette augmentation va s’en aller à l’impôt.


Tout d’abord, mettons tout de suite quelque chose au clair : chaque situation fiscale est différente.


Il est vrai que les Québécois sont parmi les plus taxés dans le monde. Un récent rapport dévoilé par la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques (CFFP) de l’Université de Sherbrooke le démontre à nouveau. Le taux de pression fiscale est de 38,5 % au Québec, alors que la moyenne au Canada, en excluant le Québec, n’est que de 30,4 %.


Mais nous pouvons aussi dire (et surtout être d’accord ou pas) que le Québec a fait le choix d’être une société plus égalitaire et d’offrir plus de services à ses citoyens. C’est la raison pour laquelle le contribuable québécois est parmi les plus taxés dans le monde.


Avant de conclure quoi que ce soit, il importe de bien comprendre ou s’en va notre argent, exactement. Pour ce faire, prenons l’exemple d’une personne, Marc, qui a un revenu annuel de 50 000 $.


Impôt sur le revenu


L’impôt sur le revenu fédéral et provincial combiné pour Marc en 2017 sera de 10 900 $ ou encore 21,8 % (taux effectif) de son salaire brut. Cependant, parce que le système fiscal fonctionne par tranches d’impôt, le montant d’impôt payé sur une augmentation de salaire de 5 000 $ sera imposé à un pourcentage plus élevé que le taux effectif. On parle ici du taux marginal d’imposition, c’est-à-dire le taux d’imposition de tout revenu supplémentaire. Ainsi, le montant de 5 000 $ supplémentaire sera imposé de 1 856 $, soit un taux de 37,12 %. Cela fera augmenter le taux global (effectif) sur le nouveau salaire de 55 000 $, le faisant passer de 21,8 % à 23,2 %. Autrement dit, plus votre revenu augmente, plus vous payez de l’impôt sur le nouveau dollar gagné.


Mais ce n’est pas tout, et c’est ce qui porte parfois à confusion. En plus de l’impôt sur le revenu, il y a d’autres cotisations obligatoires et supplémentaires qui sont déduites de votre paye nette avant qu’elle ne soit déposée dans votre compte.


Cotisations obligatoires


Régime de rentes du Québec (RRQ)


Marc va devoir cotiser au RRQ un montant équivalent à 5,4 % de son salaire, après une exemption sur le premier 3 500 $ de revenu. Cela représente un montant de 2 511 $.


Régime québécois d’assurance parentale (RQAP)


En du RRQ, Marc devra cotiser l’équivalent de 0,548 % de son salaire au RQAP, soit un montant de 274 $.


Assurance-emploi (AE)


Marc cotise aussi à l’AE pour un montant équivalent à 1,63 % de son salaire, soit 815 $.


Pour Marc, le total des cotisations obligatoires s’élève donc à 3 600 $, soit près de 7,6 % de son salaire. Sur une augmentation de salaire de 5 000 $, on parle de 380 $ de plus.


Bien entendu, ces cotisations supplémentaires permettront à Marc d’avoir accès à des prestations à la retraite (RRQ), à de l’assurance-emploi (AE) ou encore à un congé parental (RQAP).


Cotisations supplémentaires


D’autres prélèvements sur la paye peuvent être effectués par l’employeur si ces programmes sont offerts.


Assurance collective


Un programme d’assurance maladie peut être offert par l’employeur pour payer une partie des soins de santé dont Marc aura besoin durant l’année. Pour les fins de l’exemple, disons que cette assurance coûte 700 $ à Marc ou 1,4 % de son salaire.


Régime de retraite collectif


Marc contribue l’équivalent de 3 % de son salaire, ou encore 1 500 $, à un régime de retraite collectif offert par son employeur.


Ainsi, aux cotisations obligatoires s’ajoutent 4,4 % de cotisations supplémentaires pour Marc.


En combinant les impôts, les cotisations obligatoires et les cotisations supplémentaires, Marc arrive à 33,8 % de déductions effectuées sur son salaire avant que sa paye ne soit déposée dans son compte.


Alors, est-ce que la moitié de votre revenu s’en va à l’impôt ? Non!


Il est clair que Marc ne paye pas la moitié de son salaire en impôts. En réalité, il ne paye que 21,8 % d’impôt sur son revenu de 50 000 $. On est loin du 50 %! Par contre, chaque dollar supplémentaire d’augmentation de salaire sera imposé à 37,12 %.


Cette impression de donner la moitié de son salaire à l’impôt est plutôt causée par les cotisations supplémentaires payées sur le revenu. Cela dit, à 33,8 % du salaire de Marc, on est encore loin du 50 %!


Évidemment, il s’agissait d’un cas fictif et les montants indiqués sont à titre indicatif seulement. Vous pouvez consulter un planificateur financier ou un comptable pour de plus amples détails.


Le calcul de l’impôt tient compte seulement du crédit personnel de base. Ces chiffres sont approximatifs, chaque cas étant unique.


Amine Chbani, MBA, Pl. Fin.


 


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