Nous dépensons de plus en plus au restaurant

Publié le 13/12/2017 à 07:08

Nous dépensons de plus en plus au restaurant

Publié le 13/12/2017 à 07:08

Nous avons beau être adeptes d'émissions de cuisine à la télé, la réalité est que nous cuisinnons. Mauvaise nouvelle pour les GoodFood et autres Cook it? Apparemment pas puisque nous dépensons de plus en plus en prêt-à-manger et au restaurant.


C'est ce qu'a constaté une équipe conjointe de chercheurs des Universités Dalhousie et Guelph, dans le Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation pour 2018. En plus de faire des prévisions pour les prix des aliments, les chercheurs de différentes disciplines y ont analysé certaines tendances dans les comportements alimentaires des Canadiens.


Restaurant et prêt-à-manger


Ainsi, dans le domaine alimentaire, ce sont les dépenses au restaurant qui devraient augmenter le plus en 2018. Elles devraient croître de 4 à 6 pour cent, soit bien plus que toutes les catégories d'aliments. La famille canadienne moyenne devrait dépenser 208 $ de plus au restaurant _ «un bond exceptionne».


En 2018, le ménage moyen au Canada consacrera 29,2 pour cent de son budget alimentaire à la restauration, un niveau record.


«Si la tendance se maintient, le ménage moyen au Canada consacrera la moitié de son budget alimentaire à la restauration et/ou aux produits prêts-à-manger d'ici 2035», estime l'équipe, dans son rapport.


Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire à l'Université Dalhousie, à Halifax, tente d'expliquer ces comportements: les gens sont pressés, disent manquer de temps pour cuisiner.


Autre indice de cette tendance: les ventes de plusieurs ingrédients de base, comme la farine, le sucre, les épices, les mélanges pour pâte à tarte sont en baisse depuis quelque temps, a relevé M. Charlebois.


«Plusieurs prétendent vouloir cuisiner, mais les achats en magasin nous prouvent que les Québécois ne s'adonnent pas à la popote. Nous cuisinons de moins en moins, tout simplement», malgré les nombreuses émissions de cuisine à la télévision, qui sont pourtant assez suivies.


«Les gens vont consommer les émissions, les livres», précise le professeur Charlebois.


Pour ce qui est de la croissance du prêt-à-manger et du prêt-à-cuisiner, «ce n'est que le début», croit le professeur Charlebois.


Peu de bio


Un autre mythe à démolir: les consommateurs se ruent sur les aliments biologiques. En vérité, le marché biologique au Canada demeure marginal, indique-t-on dans le rapport.


«Les ventes ne dépassent guère 3,7 milliards $, ce qui représente à peine 2 pour cent du marché alimentaire au pays. Ce n'est rien. Malgré les sondages qui suggèrent qu'un nombre important de consommateurs clament qu'ils ne jurent que par les produits bio, la réalité au point de service où les achats sont comptabilisés révèle autre chose», conclut l'équipe universitaire.


Amazon et Walmart


Les ventes d'aliments en ligne modifient aussi le paysage.


«Walmart devient maintenant le troisième détaillant alimentaire en importance au Canada, ex aequo avec Metro. Si la tendance se maintient, d'ici 20 ans Walmart ravira la couronne du premier grand détaillant alimentaire à Loblaw», avancent les chercheurs.


Les plus jeunes générations, qui ont pris l'habitude d'acheter en ligne, le feront aussi pour l'épicerie. «Alors, le successeur de Walmart à titre du plus grand distributeur alimentaire pourrait bien être Amazon», estiment les chercheurs.


Augmentations de prix


En 2018, ce sont les prix des légumes qui devraient augmenter le plus, soit dans une proportion de 4 à 6 pour cent. Les fruits et les noix devraient augmenter de 1 à 3 pour cent.


Pour les autres denrées: produits laitiers et oeufs, pains et céréales, viandes, poissons et fruits de mer, ainsi que les autres produits d'épicerie, l'équipe de Dalhousie et Guelph prévoit une augmentation des prix de l'ordre de 0 à 2 pour cent.


Au final, les prix de l'ensemble des aliments devraient augmenter de 1 à 3 pour cent. Pour la famille canadienne moyenne, cela signifie une hausse de 348 $ pour l'année 2018, soit au total 11 948 $ en alimentation.


 


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