Voyager seul: il faut bien choisir pour éviter de payer le double

Publié le 26/06/2017 à 09:00

Voyager seul: il faut bien choisir pour éviter de payer le double

Publié le 26/06/2017 à 09:00

Par Claudia Vachon

Photo: 123rf.com

Année après année, les voyageurs sont de plus en plus nombreux à faire cavalier seul. Pourtant, ils sont encore confrontés à un défi financier de taille: les suppléments (presque) systématiquement imposés par les hôteliers pour une occupation simple.


En mai dernier, Frédérique Isana s’est envolée seule pour Cuba un peu par hasard, sur un coup de tête.


«Je n’avais pas prévu de prendre une semaine de congé, mais en voyant que le prix des forfaits tout-inclus était très avantageux à cette période de l’année, je me suis dit: pourquoi pas?» raconte-t-elle, en précisant que certaines de ses amies aussi adeptes des voyages en solo n’hésitent pas à payer le prix fort pour échapper un peu à l’hiver québécois.


En discutant avec elles, la trentenaire, qui n’en était pas à ses premières vacances en solo, a constaté qu’après la haute saison touristique, plusieurs hôteliers cessent de charger des frais supplémentaires aux voyageurs seuls pour séduire davantage de clients.


«Le reste du temps, j’ai l’impression d’être pénalisée pour faire le choix de partir seule en voyage», se désole-t-elle.


Un sentiment que semblent partager plusieurs autres voyageurs, à en juger les commentaires sur les forums de discussion en ligne, surtout lorsque l’on réalise que les frais additionnels associés à une occupation simple peuvent aller jusqu’à doubler la facture.


Une industrie qui s’adapte?


Selon une enquête réalisée dans 25 pays – dont le Canada – par Millward Brown, une maison d’études de marché britannique, l’essor du tourisme en solo est indéniable. En 2015, 24% des voyageurs ont préféré partir seuls, contre 15% deux années auparavant.


Les voyages en solo sont pluriels et se déclinent en plusieurs catégories, selon Debbie Cabana, directrice marketing chez Transat, qui y voit un créneau à développer.


«Il faut garder en tête que les voyageurs en solo, ce ne sont pas seulement les gens qui partent en vacances seuls. Disons qu’un groupe de jeunes femmes décident d’aller célébrer un “bachelorette party” dans le Sud, ça ne veut pas nécessairement dire qu’elles ont envie de partager leurs chambres. C’est aussi le cas pour les voyages multi-générationnels où la grand-mère ne souhaite pas forcément dormir dans la même pièce que ses petits-enfants.»


Pour remédier à la problématique, son équipe et elle développent des partenariats avec des complexes hôteliers pour permettre aux vacanciers de profiter des séjours tout-inclus sans payer les frais habituellement associés à une occupation simple.


«Les hôteliers commencent aussi à réaliser que les voyageurs solo représentent un segment de marché intéressant, poursuit Mme Cabana. On négocie donc des ententes avec eux pour s’assurer qu’une partie de leurs chambres soient réservées à ce type de voyageurs.»


Le jeu semble en valoir la chandelle: au départ, en 2015, le tour-opérateur avait réussi à convaincre 19 partenaires hôteliers et pour l’hiver prochain, ce nombre a déjà doublé.


«Et comme c’est un segment de marché en pleine croissance, ça ne serait pas surprenant que d’autres joueurs de l’industrie proposent des initiatives similaires», ajoute la directrice marketing.


Une facture qui gonfle vite


De son côté, la conseillère en voyages Ariane Arpin-Delorme constate plutôt que rares sont les établissements d’hébergement qui décident d’abolir le supplément pour une occupation simple.


«Dans certains pays, c’est possible de négocier le prix d’une chambre, mais pendant la haute saison touristique, les établissements ne sont pas intéressés à faire de cadeaux», explique celle qui travaille dans l’industrie touristique depuis presque une vingtaine d’années.


Mme Arpin-Delorme remarque aussi que les touristes sont de plus en plus nombreux à vouloir investir temps et argent pour se «bâtir» un voyage qui correspond mieux à leurs intérêts et leurs disponibilités, ce qui l’a amené en 2013 à fonder l’agence Esprit d’Aventure, spécialisée dans l’organisation de voyages sur mesure.


«Il y a plusieurs voyageurs solo qui nous contacte pour les aider à préparer leur périple et c’est bien certain que ça leur coûte plus cher de partir seuls», dit-elle, précisant que le prix de l’hébergement est loin d’être le seul facteur qui entre en ligne de compte.


Pour illustrer son propos, elle cite le cas d’un touriste qui souhaiterait par exemple louer les services d’un guide chauffeur pour partir à la découverte du territoire indien.


«En Inde, à cause du système de castes qui divise la société en plusieurs groupes hiérarchisés, une seule personne ne peut pas épouser le rôle de guide et de chauffeur. Un voyageur doit impérativement engager deux personnes même si ça fait gonfler la facture.»


Ceux qui voyagent seuls ne sont pas complètement démunis, mais ils doivent vraiment bien magasiner leur voyage afin d'éviter de payer...le double. 

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