La polémique du pourboire partagé entre serveurs et cuisiniers

Publié le 19/02/2018 à 12:06

La polémique du pourboire partagé entre serveurs et cuisiniers

Publié le 19/02/2018 à 12:06

Alors qu'une réforme de la Loi sur les normes du travail est dans les cartons à Québec, les restaurateurs et les syndicats qui représentent les travailleurs s'affrontent sur la question du partage des pourboires avec les cuisiniers.


À l'heure actuelle, la Loi sur les normes du travail stipule que le pourboire qui est versé directement à un serveur appartient au salarié qui a rendu le service. L'employeur ne peut imposer un partage des pourboires entre les salariés.


Mais devant les difficultés de recrutement de cuisiniers, l'Association des restaurateurs du Québec espère que la réforme attendue de la Loi sur les normes résoudra le problème, en permettant de partager les pourboires en incluant les serveurs et les cuisiniers.


Au cours d'une entrevue lundi, Martin Vézina, conseiller aux communications et aux affaires publiques pour l'association, a dit y voir une forme de reconnaissance pour les cuisiniers et une forme d'équité entre les employés.


Mais du côté syndical, on refuse cette façon de procéder. Au cours d'une entrevue, Guy Gendron, président de la section locale 9400 du Syndicat des métallos, affilié à la FTQ, a dit estimer que la solution passe par une augmentation du salaire des cuisiniers, non par une répartition des pourboires versés entre tous.


«Supprimons le pourboire!»


Sachant que les serveurs gagnent en moyenne 26 dollars de l'heure alors que les cuisiniers n'empochent en moyenne que 17 ou 18 dollars de l'heure, le pourboire est une pomme de discorde.


Comment rémunérer au mieux les uns et les autres ? Il ne serait pas illogique de supprimer carrément cette pratique qui pèse au Canada quelque 6 milliards de dollars par an, selon une récente étude de l'Université de Guelph. Et ce pour trois raisons: c'est une forme de récompense obsolète; un système illogique et une pratique dévoyée, détaillait-on dans notre rubrique Espressonomie.


Notons que 39% des Québécois se disent d'accord avec l'abolition totale du pourboire, selon un sondage mené par la firme Angus Reid. Ils trouvent en effet que le pourboire «sert juste aux employeurs à sous-payer leurs employés» (66 %) et «n'est plus une récompense pour la qualité du service, mais une somme à payer sous la contrainte de la pression sociale» (52 %).




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