Cybercommerce: le fléau des faux commentaires

Publié le 08/01/2018 à 11:45

Cybercommerce: le fléau des faux commentaires

Publié le 08/01/2018 à 11:45

Par Yannick Chatelain, The Conversation

Les fausses nouvelles (fake news) sont régulièrement sous les feux de la rampe, entre autres grâce à Donald Trump qui en aura fait le mot à la mode de 2017. A contrario, les faux commentaires (fake reviews) en ligne ou les faux avis de consommateurs, jouissent d’une notoriété moindre auprès du grand public, tout en présentant une certaine analogie.


Que cela soit sur les forums, les sites marchands, les plateformes, les consultations en ligne, les commentaires malhonnêtes se multiplient. Positifs ou négatifs, ils poursuivent des objectifs qui peuvent être distincts : pour certains individus, cela peut être pour le seul plaisir de déverser leur fiel gratuitement.


Pour des professionnels, des «fake reviews» peuvent viser à discréditer la concurrence, ou au contraire à vanter les mérites de leur propre entreprise, de leurs services, de leurs produits : n’est-on pas «jamais mieux servi que par soi-même» ? Les deux dernières situations soulignent une forme de professionnalisation des faux commentaires à des fins strictement mercantiles.


Si tous les secteurs d’activités peuvent être concernés, ceux de l’hôtellerie, les organismes de formation, et les services entre particuliers seraient les plus actifs dans cette pratique déloyale d’autovalorisation.


Méfiance… ! smallbusinessplanned.com


Un phénomène ni marginal ni sans effets


Si ce phénomène est quantitativement important et a un impact sur la vente de produit et de services, ses capacités de nuisances ne s’arrêtent pas là. Tout le monde a en mémoire les polémiques et les débats sur les «fake news» lors des élections américaines. Il faut savoir que les «fake reviews» sont tout aussi calamiteuses. Elles peuvent dénaturer des consultations en ligne supposées recueillir l’avis des populations. Vous apprendrez peut-être en lisant cet article que ce sont des « fake-reviews » qui ont eu des conséquences inattendues sur notre sujet : l’e-commerce !


Dans le cadre d’une consultation publique sur la neutralité du Net aux États-Unis à laquelle la FFC (Federal Communications Commission) a avancé le chiffre de 22 millions d’internautes ayant participé sur son site. Une étude réalisée sur des millions de commentaires en octobre 2017 par la société Gravwell (entreprise spécialisée dans l’analyse de données) révélait que seulement 17,4 % des commentaires émanaient de vrais usagers.


Il apparaît peu surprenant, devant de telles révélations, qu’en novembre 2017 le procureur de New York, (estimant que la consultation publique lancée par la FFC avait pu être intentionnellement biaisée) ait annoncé que son bureau allait mener une enquête. C’est tout à son honneur. Malheureusement, en attendant que cette enquête aboutisse éventuellement, une chose est devenue certaine : les États-Unis abrogeaient la neutralité du net, un principe fondateur du net.



Où trouver de l’aide pour repérer les faux ?
www.revinate.com


 Pour un débat supposé public, transparent et démocratique, que dire ? Pas de commentaire ! Ces «fake reviews» auront ici soutenu une abrogation qui pourra avoir des conséquences importantes en matière économique (libre concurrence et régulation des acteurs dominants du marché) : un vaste chantier en perspective pour l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)!


Pour revenir au «fake reviews» concernant des produits et à des services, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) œuvre déjà depuis 2010 à recenser et agir contre les pratiques discutables.


Selon sa dernière enquête intitulée «Les faux avis de consommateurs sur les plateformes numériques». publiée le 17 novembre 2017, 35 % des avis clients en ligne n’étaient pas conformes aux règles d’information du consommateur.


Quand on sait que 80 % des acheteurs en ligne tiennent compte des avis sur le Net selon une étude réalisée par Nielsen, le problème est à prendre très au sérieux ; dans un souci de suivi du phénomène, cette enquête devrait d’ailleurs être reconduite en 2018.


  


Identifier les faux commentaires


Dans la situation actuelle, les entreprises peuvent encore progresser. Cela ne signifie pas que l’usager soit exempt de sa part de responsabilité. Il est utile qu’il apprenne de son côté à distinguer le vrai du faux.


Pour les produits de la plateforme Amazon, Enrique Moreira propose ainsi six conseils pour identifier un faux commentaire, il précise que l’usager peut également recourir à des sites dédiés qui se sont emparés de ce phénomène pour l’aider à y voir clair :



« Avec le développement des avis frauduleux, des sites spécialisés dans l’analyse des sites de vente en ligne ont mis en place des outils pour aider les utilisateurs à s’y repérer. C’est le cas de « ReviewMeta » ou encore Fakespot. Il vous suffit de copier le lien du produit dans l’espace prévu à cet effet et un algorithme analyse l’ensemble des commentaires qui y sont liés. Il fait alors ressortir les commentaires les plus fiables et ceux qu’il vaut mieux éviter. Encore une fois, la machine n’est pas infaillible, mais elle peut, dans ce cas précis, aider un peu à défricher le vrai du faux. »



Un peu de bon sens


 


Internet est plus jeune qu’il n’y paraît. Il évolue continuellement avec les pratiques bonnes et mauvaises qui accompagnent son évolution. Chaque jour Internet apportent de nouveaux défis à relever tant par les entreprises que par les utilisateurs. De nombreuses pistes restent à explorer pour lutter contre les «fake reviews». Des pistes autres qu’une énième loi et/ou organismes dédiés, qui, si l’on s’en réfère aux expériences passées posent questionnement et apparaissent moins efficace que la pédagogie. Pourquoi, par exemple, les entreprises concernées n’intégreraient-elles pas sur leur propre site les outils du type de ceux développés par « ReviewMeta » ou « Fakespot » ? Ces outils seraient à même d’assister les modérateurs dans leur tâche difficile, de crédibiliser la plateforme, de décourager les falsificateurs. C’est là, une piste parmi d’autres.


C’est donc aussi à nous, usagers, de faire preuve de bon sens. Dans le doute, il ne faut pas hésiter à recourir à ces outils. De cultiver un bon sens de paysan du net. Il n’y pas de honte à se comporter comme un « Saint Thomas » des commentaires postés sur Internet. Alors seulement, une fois la fiabilité des commentaires dûment testée, se fier alors ce que l’on voit.


 



The Conversation« La maison du menteur prit feu, mais personne ne le crut ».
Proverbe persan








*La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.


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