Les Québécoises, des femmes occupées et stressées

Olivier Schmouker . les affaires.com . 07-12-2009

Tags : Emploi, Management

chapeau

Les mères ont souvent de bas salaires. Photo : Bloomberg.

En trois décennies, la vie des Québécoises a radicalement changé : leur taux d’activité a doublé et elles réussissent le tour de force de s’occuper tout autant de leurs enfants, les hommes ne s’occupant guère plus des tâches familiales…


Ainsi, le taux d’activité des femmes de 25-44 ans ayant la charge d’au moins un enfant de moins de 12 ans est passé entre 1976 et 2008 de 36% à 81%, selon une étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Durant cette période, le taux d’activité des pères du même groupe d’âge est pour sa part resté stable aux alentours de 90%.


Beaucoup de travail à temps partiel


Ce bond résulte en partie du fait que les femmes ont des enfants de plus en plus tard, et sont donc actives professionnellement quand survient une naissance. De fait, l’âge moyen des femmes à la première naissance était de 25 ans il y a une trentaine d’années et est aujourd’hui de 28 ans.


Il découle aussi de transformations profondes du marché du travail. Un exemple : le développement du travail à temps partiel. Aujourd’hui, 1 mère en emploi sur 5 travaille à temps partiel, et fait ce choix – pour plus de la moitié d’entre elles – pour pouvoir accorder davantage de temps à sa vie de famille.


Du coup, les femmes sont plus sujettes que les hommes à avoir de bas salaires (c’est-à-dire un salaire inférieur aux deux tiers du salaire médian, soit en 2008 un salaire inférieur à 432 dollars par semaine). Au Québec, 22% des mères qui travaillent sont dans ce cas, alors que la proportion est de 6% chez les pères. Quant aux femmes monoparentales, la proportion grimpe à 28%.


Autre conséquence : les femmes souffrent nettement plus du stress que les hommes. Elles sont 56% à dire être stressées dans leur vie, tant au travail qu’à la maison, alors que ce n’est le cas que de 46% des pères. Le problème le plus souvent évoqué est «le manque de temps»…


Des journées-types très différentes


Justement, la journée-type d’une femme et d’un homme travaillant à temps plein sont très différentes, comme l’indique l’étude de l’Institut :


> Une femme consacre en moyenne 6 heures par jour au travail ; un homme, 7,7 heures.


> Tâches ménagères : 2,1 heures pour une femme ; 1,4 heure pour un homme.


> Enfants : 2 heures pour une femme ; 1,4 heure pour un homme.


> Divertissements : 1 heure pour une femme ; 1,2 heure pour un homme.


> Médias : 1,4 heure pour une femme ; 1,6 heure pour un homme.


Cela étant, les hommes font des efforts notables pour consacrer davantage de temps à leur famille. Par exemple, une grande proportion des Canadiens (64%) retournent travailler alors que l’enfant n’a pas un mois, ce qui est moins vrai chez les Québécois (43%). Cette différence s’explique par le régime exclusif aux pères québécois, qui bénéficient d’un congé de paternité de cinq semaines depuis 2006. Comme quoi, des mesures incitatives peuvent modifier leur comportement…


PLUS : consultez l'étude de l'ISQ (PDF)


 

4 commentaires

Geneviève le 15-12-2009

Je trouve que l'on joue beaucoup avec les chiffres dans ce texte. Pour ma part, je ne crois pas que cela reflète la réalité, ou la mienne à tout le moins. Il y a une séparation des tâches d'environ 50-50 dans ma maison, mais je ne passe pas mon temps à compter le temps que je consacre au ménage et celui que mon conjoint consacre aux travaux de la maison. Ayant le plus haut salaire, il est hors de question que je réduise mes heures, puisque son secteur d'emploi est soumi à des variations saisonnières. Et puis, la différence totale est de quoi, 0,4h? Si on remet ça en minutes... ça fait en bout de ligne une différence de 24 minutes. Je crois qu'une majorité de femmes les rattrapent en ce qui a trait au temps consacré à se mettre belles le matin ou avant de sortir le soir hi hi! Donc, pendant le temps des fêtes, elles risquent de rattraper plusieurs mois de retard et en bout de ligne sur un an ça va s'équilibrer! Je crois que ce type de sondages et d'interprétations avaient davantage leur raison d'être avant la révolution tranquile et le mouvement féministe (Féminisme = mouvement qui milite en faveur du droit des femmes. Par exemple le droit de vote, le droit à l'éducation, le droit à des salaires décents. Non pas le droit à une préséance dans un emploi soi-disant «dominé» par les hommes. Si une majorité de femmes n'y vont pas dans certains emplois, c'est peut-être parce que cela ne les intéresse pas, pourquoi ne pas accepter cette réalité toute simple? Enfin, on ne déviera pas sur le féminisme ici...) J'aime bien l'expression «symétrie des sexes». Je crois que cela illustre bien les désirs de certains. Pour ma part, je crois que dans mon union, dans ma famille, le maître-mot est le respect. Mon chum aime tondre le gazon, donc il s'y colle. Il n'aime pas réparer des fenêtres ou la plomberie, mais il s'y colle pareil. Moi j'aime peindre, mais je n'aime pas laver la salle de bain. Mais je m'y colle pareil. Parce qu'on aime ou pas certaines tâches, il faut quand même les faire! L'important, c'est que chacun puisse faire des choses qu'il aime pour faire «rouler» la maisonnée, et accepte aussi de faire des choses qu'il aime moins parce qu'il faut bien les faire. Il faut que ce soit gagnant-gagnant, respecter le territoire de chacun et sa façon d'accomplir ses tâches, et surtout ne pas compter le nombre de minutes dévolues à ceci ou cela. L'amour, c'est donner sans compter, sans espérer un retour quelconque. Je pense que même dans la gestion du quotidien, il faut que ça se reflète. Comme ça, quand un est fatigué, l'autre peut prendre le relais, et le balancier finit par revenir. Personne ne se sent «en dette». Et je suis sûre que les couples sains le savent déjà: cet équilibre, il est personnel à chaque couple. Il y aura toujours certains compulsifs du ménage incapable de tolérer que cela ne soit pas fait à leur façon. Ils n'ont qu'eux à blâmer de se retrouver avec toute la maison à nettoyer! Avec une bonne dose de tolérance, on diminue notre stress souvent inutile. Et dites les hommes, j'en connais plusieurs qui éviteraient leur heure et demie de traffic s'ils acceptaient de prendre le transport en commun qui bien souvent est disponible dans leur coin. Juste comme ça en passant... on y est moins confortable qu'en voiture, mais dans mon cas cela me sauve chaque jour 1.5h de transport et les frais élevés de stationnement au centre-ville. C'est 1.5h de plus pour cuisiner et ne pas servir des soupes en cannes et des pizzas congelées à ma famille, ou une activité agréable à faire avec mes enfants... Sur 5 jours, à 46 semaines par an, ça fait 7.5 h par semaine ou 345h (14 jours) par an.

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