Comment l'économie québécoise passe au vert

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Avril 2016

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Édition du 23 Avril 2016

JOURNÉE DE LA TERRE - Alors que le Québec s'est présenté comme un chef de file lors de la Cop21, que reste-t-il quatre mois après cette importante conférence internationale sur le climat ? Le marché des technologies propres, qui représente 500 entreprises et environ 30 000 emplois au Québec, constate-t-il déjà les effets des engagements pris à Paris ?


Plusieurs intervenants craignaient une perte d'élan. «Sans parler d'engouement, la présentation du budget fédéral et de celui du Québec témoigne de la volonté de faire des économies fortes, innovantes et durables», indique Denis Leclerc, président d'Écotech Québec.


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Le président de Vivre en Ville, Christian Savard, estime cependant que la décarbonisation de l'économie annoncée à Paris n'a pas encore été mise en place ici. «Si on veut aller de l'avant, on ne peut pas attendre uniquement l'arrivée des voitures électriques. Il reste des choses à faire sur la politique de financement du transport collectif, d'urbanisation, etc.»


La présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, constate que plusieurs municipalités ont commencé à agir, et ce, en adoptant la déclaration de Paris ainsi que de nouvelles politiques concernant les espaces verts, les essais de voitures électriques, l'offre de transport collectif gratuit ou les initiatives de biométhanisation.


«Lors du choix de nouvelles technologies, on voit apparaître dans les bordereaux de soumission des demandes d'interventions plus vertes», note-t-elle. Il existe toutefois encore des inquiétudes et un coût lié à la nouveauté de ces technologies. «C'est en menant des échanges sur les bonnes pratiques qu'on pourra sécuriser leur usage», pense Mme Roy.


En attente de mesures précises


En ce sens, la politique énergétique du Québec, dévoilée au début d'avril, constitue un pas de plus. «C'est la première fois qu'on officialise la notion de transition énergétique», souligne Hugo Séguin, conseiller principal au Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CÉRIUM).


Selon lui, le gouvernement a envoyé un signal appuyant le développement des technologies vertes. «Cette politique constitue plus un énoncé de vision qu'un plan d'action. L'ensemble des mesures pour y parvenir n'a pas été dévoilé, mais on comprend que les moyens viendront du marché du carbone appuyé par le Fonds vert et par certaines mesures, comme l'instauration d'un guichet unique pour les entreprises.»


En pleine restructuration, les dotations du Fonds vert sont attendues de pied ferme. Pour Suzanne Roy, au moins 75 % des ressources de ce fonds doivent être allouées au transport collectif. «Pour l'instant, on est en mode attente», dit Christian Savard, qui rappelle que la politique de financement du transport collectif a été reconduite sous la même forme depuis 2012.


«Il faudra voir dans la mouture plus fine, car le diable se cache dans les détails», reconnaît Jean Simard, président de l'Association de l'aluminium du Canada et cofondateur de Switch, l'Alliance pour une économie verte au Québec. Il s'étonne toutefois de l'absence d'engagement du ministre des Transports. «Il y a un changement de culture qui n'est pas encore fait.»


Du côté du marché du carbone, l'intérêt se confirme. «L'Ontario progresse, le Manitoba continue sur sa lancée, tandis que les États de Washington et de l'Oregon souhaitent nous rejoindre», affirme Jean Nolet, président de la Coop Carbone. Si le gouvernement fédéral a pris position en faveur d'un prix sur le carbone, «reste à voir comment cela se traduira sur le terrain. Il reste du travail à faire à Marrakech [une conférence qui aura lieu en novembre prochain] pour donner des jambes à l'accord de Paris», dit-il.


Vers une collaboration pancanadienne ?


Après avoir promis à Paris la réévaluation de la cible dans les 90 jours suivant la Cop 21, l'heure est au réalisme pour le gouvernement de Justin Trudeau. Lors de la réunion Globe qui s'est tenue à Vancouver, on a convenu d'une collaboration pancanadienne par la mise en place de quatre comités thématiques (innovation et emplois verts, prix du carbone, atténuation, adaptation aux changements climatiques).


«Une telle discussion permet de briser les vases clos provinciaux. Il sera intéressant de voir quelles seront les conclusions ; celles-ci doivent parvenir au ministère de l'Industrie en septembre, puis en octobre aux premiers ministres. Cela devrait offrir une feuille de route pour les technologies propres», pense Denis Leclerc.


Pour Géraud de Lassus Saint-Geniès, chargé de cours à Faculté de droit de l'Université Laval, l'autre aspect déterminant sera la sensibilisation des acteurs économiques. «C'est le mouvement de désinvestissement des marchés fossiles qui aura un impact. On sait déjà que plusieurs institutions et fonds de pension ont décidé de ne plus investir dans les énergies fossiles.»


De son côté, Écotech Québec a conclu une entente avec quatre provinces canadiennes en vue d'accélérer le développement des technologies propres à l'échelle du pays. L'objectif ? «Développer des mécanismes de collaboration qui visent à avoir une plus grande connaissance des marchés et des occasions d'affaires, et accroître l'accès à des partenariats stratégiques pour les entreprises.»


Switch Canada affirme quant à elle continuer de suivre les travaux du gouvernement et recevoir régulièrement des appels d'organisations qui souhaitent rejoindre l'alliance depuis l'accord de Paris. «On sent que le leadership sur ces questions s'élargit. Il y a quelques années, on comptait les entreprises sur les doigts d'une main. Il n'y a aucune grande conférence économique qui n'aborde pas le sujet de la décarbonisation», dit Jean Simard.


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