Tout le textile québécois devrait se féliciter du succès d'OMsignal

Publié le 26/09/2016 à 08:39

Tout le textile québécois devrait se féliciter du succès d'OMsignal

Publié le 26/09/2016 à 08:39

Par Alain McKenna

Le soutien-gorge connecté OMbra, d'OMsignal. (Photo: OMsignal)

10 millions de dollars, c’est beaucoup. Pour s’attaquer au duo Nike(Nasdaq, NKE) et Apple(Nasdaq, AAPL), ce n’est vraiment pas beaucoup. Mais c’est la somme décrochée par OMsignal pour développer son emprise sur le marché très émergent des vêtements connectés pour sportifs en tout genre.


Comme on l’a appris la semaine dernière, ça commence par un soutien-gorge connecté, conçu exprès pour les coureuses. «On a fait des tonnes d’études, et ce qu’on a découvert, c’est que les femmes qui font de la course sont les gens qui sont les plus à l’écoute de leur corps, et qui sont les plus susceptibles de profiter du OMbra», résume Stéphane Marceau, président d’OMsignal.


Les fabricants nous rejouent sans cesse la même image, à tel point que c’en est rendu un cliché : une jeune femme, en vêtements techniques, téléphone à la main, écouteurs vissés aux oreilles, dévale les sentiers d’un tracé définitivement urbain. On soupçonne que c’est une professionnelle, grande consommatrice devant l’Éternel.


Cette femme est précisément la cible d’OMsignal, qui est le seul à pouvoir offrir un suivi très précis du rythme cardiaque, de la cadence, et de la respiration. Une flèche décochée à Apple et Nike, justement, et à l’Apple Watch développée par les deux multinationales américaines: «personne qui vend des montres ou des bracelets ne peut avoir des données aussi précises que les nôtres», insiste M. Marceau. «La respiration, c’est super important : ça permet de donner des conseils sur la façon de courir pour optimiser l’exercice et réduire le risque des blessures.»


L’application pour iOS allant de pair avec la OMbra est conçue exprès pour la course, mais le vélo, la natation, et d’autres activités s’y ajouteront éventuellement. Ainsi qu’une version pour téléphones Android. OMsignal assure que les coureurs aiment courir avec leur téléphone en mains, ce dont il est permis de douter, mais ce qui signifie qu'une appli utilisant les nouvelles fonctions de l'Apple Watch Series 2 est à exclure du portrait pour le moment.


Un virage pour l’industrie du textile


En débarquant dans des boutiques des chaînes Sports Experts et Sportium, ainsi qu’à la Boutique Courir avec ses présentoirs à la fine pointe du marketing branché, OMsignal pourra faire quelques tests pour soigner sa mise en marché. Mais la prochaine étape est évidente : attaquer le marché américain, et élargir l’offre de vêtements pour inclure les hommes, et d’autres types d’activités. OMsignal n’a fait aucune promo chez l’Oncle Sam, mais déjà, quelque 10 000 internautes américains ont précommandé l’OMbra.


Sa présence remarquée au Consumer Electronics Show de Las Vegas, en janvier dernier, aura fait mouche. Depuis, OMsignal a par ailleurs embauché chercheurs et spécialistes issus de toutes les disciplines associées à son produit : big data, conception d’applications, design de vêtements, etc.


Détail notoire : la plupart sont issus de la grande région montréalaise. Joanna Berzowska, qui a conçu le soutien-gorge, a étudié au MIT à Boston, mais elle est professeure au département de design et d'arts numériques à Concordia depuis 15 ans. Aldjia Begriche, qui dirige l’aspect mode et textiles, a travaillé au Centre des technologies textiles à St-Hyacinthe avant de se joindre à OMsignal. Et Geneviève Garand, la directrice de l'expérience usager qui a conçu l'application mobile, et qui travaillait auparavant chez Apple, est originaire de Montréal.


Tout ça n’est pas un hasard, assure Stéphane Marceau. «Il y a quelques années, avec la délocalisation vers l’Asie, le gouvernement a voulu donner un coup de pouce (au secteur de la mode et du textile) en misant sur l’innovation. Ce qu’on voit, aujourd’hui, c’est le résultat de cet investissement.»


Un début de résultat, du moins. OMsignal n’est que la pointe d’un iceberg du textile intelligent qu’on espère très gros et très durable. D'autres usages sont encore à développer. Comme les textiles altérant leur forme, leurs couleurs ou leurs motifs, ce qui pourrait avoir des vertus sociales et psychologiques bénéfiques, selon le World Economic Forum. Quand même!


Chez nous, outre le Centre d’excellence des technologies textiles du cégep de St-Hyacinthe, il se fait de la recherche sur les applications de ces technologies dans plusieurs universités de la province. La mode est aux accessoires liés à l’activité physique, mais des vêtements chauffants ou rafraîchissants, des vêtements avec géolocalisation intégrée, d’autres pouvant automatiquement adopter des formes prédéfinies, et quoi encore, sont à l’étude.


Mais comme toujours, avec ces technologies issues de recherche appliquée, c’est la mise en marché qui fait défaut. Avec ses 10 millions de dollars en poche, OMsignal ouvre la voie, en quelque sorte, pour tout ce créneau des technologies textiles.


Ce n’est pas rien. Quand on regarde contre qui OMsignal se frotte, les Nike, Apple, Under Armour, est-ce suffisant?




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