M. McGuinty s'exprimait ainsi, mardi, au lendemain de l'annonce de la suspension momentanée du projet d'agrandissement de la centrale nucléaire de Darlington en raison de préoccupations financières. Le premier ministre a affirmé que la décision était entre les mains du fédéral et que c'était au gouvernement de décider s'il discuterait ou non avec la province.
Le gouvernement ontarien prévoyait dépenser 26 milliards $ pour ajouter deux nouveaux réacteurs à la centrale de Darlington, sur les rives du lac Ontario à l'est de Toronto, afin de répondre aux demandes énergétiques de sa province au cours des 20 prochaines années.
Mais les autorités provinciales sont devenues de plus en plus nerveuses en apprenant que l'avenir d'un des soumissionnaires sur le projet, la société d'Etat Energie atomique du Canada (EACL), avait fait les manchettes en raison de spéculations quant à sa privatisation.
M. McGuinty, qui effectuait une visite de deux jours dans la capitale américaine, a souligné qu'avant d'accorder le projet à EACL, l'Ontario devait être mise au courant de l'avenir de la société d'Etat. La province veut également un meilleur prix, a-t-il précisé.
L'énergie nucléaire est très dispendieuse, a expliqué le premier ministre, et la centrale nucléaire d'origine de Darlington avait au final coûté près de 15 milliards $ à l'Ontario, soit près de quatre fois le prix de l'estimation originale.
Le ministre ontarien de l'Energie, George Smitherman, avait affirmé, plus tôt cette semaine, que les offres soumises pour le projet d'agrandissement étaient trop dispendieuses. Mais il avait ajouté que même si le projet a été mis sur la glace, cela ne signifie pas que la province a renoncé à l'énergie nucléaire.
Dalton McGuinty se trouvait à Washington pour discuter des succès de l'Ontario dans le domaine de l'éducation, mais à la suite d'une rencontre avec des représentants du monde des affaires, en début de journée mardi, il a rapporté que les clauses "Buy America" de l'administration Obama avaient été le seul sujet de conversation.