Charest nie que la campagne retarde des projets

La Presse Canadienne . les affaires.com . 11-11-2008

Même si le gouvernement fédéral a fait savoir qu'il attendrait la fin de la campagne québécoise avant de débloquer des fonds de 3,9 milliards $ de Chantiers Canada, le chef libéral n'a exprimé aucun regret, mardi.



Questionné à plusieurs reprises à ce sujet lors de son passage à Québec, M. Charest a affirmé qu'il n'y a aucun projet retardé ou sur la voie d'évitement, malgré que les ententes spécifiques ne soient pas signées avec le gouvernement de Stephen Harper.



"C'est pas vrai que tout le Canada va être mis sur les freins parce qu'il y a une campagne au Québec, c'est faux", a d'abord rétorqué M. Charest, signalant que toutes les provinces ont formulé la même demande au gouvernement Harper d'accélérer le traitement des projets d'infrastructures.



"Le Québec va recevoir un traitement qui est au moins égal à ce qu'on reçoit ailleurs au Canada. Moi je ne connais pas de projet retardé", a-t-il ajouté.



Le chef libéral a défendu sa version des faits en donnant l'exemple du projet de nouveau Pavillon de l'éducation physique et des sports de l'Université Laval, à Québec, dont les plans et devis pourront être élaborés même si l'argent d'Ottawa n'a pas été débloqué.



Il a par ailleurs écarté la possibilité que les conservateurs puissent chercher à lui faire payer le prix de ses interventions contre les compressions en culture et en développement économique régional, lors de la récente campagne électorale fédérale.



"S'ils disent qu'il ne veulent pas se mêler politiquement de la campagne électorale, vous allez convenir que c'est normal, mais est-ce que ça veut dire que tout est arrêté? Non, pas du tout", a lancé M. Charest.



Puis, il a précisé qu'il avait défendu les intérêts du Québec en critiquant fermement certains choix du gouvernement Harper.



"Si c'était à refaire, je referais exactement la même chose", a-t-il ajouté.



Les projets de Chantiers Canada prévus au Québec touchent notamment le Peps de l'Université Laval, le quartier des spectacles de Montréal, les Musées des beaux-arts de Québec et Montréal ainsi que certains tronçons routiers.



C'est en septembre dernier que le ministre fédéral responsable des infrastructures à l'époque, Lawrence Cannon, avait signé l'entente cadre avec le gouvernement du Québec prévoyant des investissements fédéraux de 3,9 milliards $ sur sept ans.



Chaque projet doit maintenant faire l'objet d'une entente particulière.



Ironiquement, lors de la signature de l'entente cadre, le ministre Cannon avait dû se défendre de faire preuve de cynisme en annonçant une pluie de dollars à quelques jours du déclenchement de la campagne électorale fédérale.



En point de presse dans une usine de Repentigny, le chef adéquiste, Mario Dumont, a refusé de blâmer le gouvernement Harper, qu'il a soutenu lors de la dernière campagne électorale fédérale.



"Ils (les conservateurs) ne veulent pas se trouver immiscés dans une campagne électorale", a avancé M. Dumont.



Selon lui, Jean Charest aurait dû être plus prévoyant dans ce dossier.



"Il me semble qu'avant d'aller en élections, quelqu'un qui dit que sa priorité, c'est l'économie, il aurait dû vérifier ça, a soutenu le chef de l'ADQ. Il aurait dû prendre le téléphone dans la semaine avant de déclencher des élections et dire au gouvernement fédéral: regardez, moi je pars en élections bientôt, s'il y a des choses qui doivent être versées (dans le cadre de Chantiers Canada), faites-le maintenant."