Blogue. L’année 2010 sera marquée, comme c’est souvent le cas, par une série de hausses de tarifs. Le transport en commun, l’électricité, sûrement le lait, tout probablement le pétrole, probablement aussi la TVQ, et bien d’autres.
Que voulez-vous ! Il y a les augmentations naturelles de coût à couvrir (pour le transport en commun), les ajustements réguliers pour satisfaire l’UPA (le lait), et les factures que les gouvernements vont devoir assumer au sortir de la récession.
Option consommateurs s’en émeut. C’est légitime. Mais son argumentation est tout croche. Le jupon dépasse.
D’abord, l’électricité. Cette année, croisons-nous les doigts, la hausse est limitée à 0,2 %. On peut respirer. C’est moins que l’inflation. Mais le dg d’Option Consommateurs, Michel Arnold, dit que l’impact sera « beaucoup plus grand sur les moins nantis », dixit la Presse canadienne. C’est vrai. Mais les services, que l’on soit nanti ou pas, ça se paie. Est-ce qu’Option consommateurs ne parle que pour les « moins nantis » ? Qu'en est-il des autres consommateurs ? Puisque quelqu'un doit bien payer, devraient-ils se farcir, eux, toutes les augmentations ?
Dire que les uns devraient être absolument protégés tandis que les autres paieraient pour tout nous ramène au bon vieux débat sur le modèle québécois et le nivellement par le bas. Surtout quand la hausse est si modeste. En passant, le salaire minimum, lui, vient de monter de 6 % à la mi-décembre, et on l’a ajusté de 30% depuis 2003. C’est loin d’être le Pérou, mais c’est beaucoup plus que la hausse du coût de la vie.
Ah, c’est vrai, il y a les riches. Faisons payer les riches, dit donc le dg d’Options consommateurs, reprenant le vieux cri de ralliement que vient d’ailleurs de lancer la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.
L’ennui, c’est qu’il y a moins de riches au Québec qu’ailleurs. Oh, il y en a, mais une des caractéristiques de la richesse, c’est sa mobilité. Quand on l’écoeure trop, elle va voir ailleurs. En Ontario, par exemple, où le taux d’imposition est beaucoup plus bas qu’au Québec. Au bout du compte, ça fait encore moins de riches pour payer les factures qu’on leur demande de payer
En passant, aux yeux de l’impôt québécois, le seuil de la richesse est établi à 76 000 $. C’est la palier au-delà duquel le revenu net est imposé au maximum, à plus de 24 % (sans compter la ponction fédérale).
C’est une richesse très relative, ne trouvez-vous pas ?