Endettement et énervement : un instant !

René Vézina . . 01-02-2010

Blogue. Un jour, on repensera à cette période du tournant de 2010 où les taux d’intérêt étaient au plancher en se disant : « C’était le bon temps ».


Tout le monde s’en doute, la reprise à venir de l’économie va signifier le relèvement des taux d’intérêt, et le mouvement devrait commencer à compter de l’été. Et déjà, on rappelle que les consommateurs canadiens sont déjà préoccupés par leur endettement personnel et qu’ils redoutent le moment où leurs paiements vont augmenter. Ce serait assez pour freiner leur ardeur, alors que c’est précisément la demande intérieure alimentée par la consommation individuelle qui a aidé à soutenir notre économie. Une analyse de RBC devrait confirmer lundi cette inquiétude grandissante.


De là à dire qu’au fond, ce n’était qu’un mirage et que la misère nous attend… Un instant.


Les bas taux d’intérêt ont été une bénédiction. Ceux et celles qui en ont profité pour acquérir des biens ont pu le faire en minimisant leur mise de fonds. Des autos, des meubles, voire des maisons, l’occasion était belle. Ce qui ne veut pas dire qu’il fallait abandonner tout sens commun et étirer l’élastique au maximum. Mais tant qu’à dépenser, c’était le moment.


Maintenant : oui les taux vont monter, mais ce ne sera pas une explosion. Peut-être un point de base (1 %) d’ici la fin de l’année, un autre point d’ici la mi 2011… les hausses seront progressives. Autrement dit, on ne doit pas redouter le coup de massue écrasant. Et si les dettes sont importantes, il est possible de faire ce que les entreprises font elles-mêmes : ajuster les paiements et les échéances. Bloquer des taux à long terme. Minimiser les mauvaises surprises.


Il ne faut pas perdre le sommeil à cause de ses obligations financières. Un peu de stratégie, un peu de prudence, et la satisfaction de savoir que de telles accalmies permettent précisément d’améliorer son sort. Ceux et celles qui en ont profité ne devraient surtout pas se le reprocher, après coup.