Blogue. On s’en doutait, mais le fait que le président de la Caisse de dépôt l’admette lui-même est tout bonnement ahurissant.
« Nous entendons investir dorénavant exclusivement dans des véhicules financiers transparents que nous maîtrisons en profondeur », dit Michael Sabia.
Autrement, dit, les gestionnaires bien payés qui géraient les épargnes de retraite qu’on leur confiait les investissaient sans savoir ce qu’ils faisaient ? Sans « maîtrise en profondeur » ? À l’aveuglette ?
Candidement, M. Sabia reconnaît de facto que c’était le cas. Il entend maintenant sonner la fin de la récréation. Tant mieux, en autant qu'il y parvienne. Et il énonce cinq « priorités » qui guideront désormais les agissements de la Caisse. En résumé : comprendre les clients et leurs besoins, rechercher un rendement durable, soutenir les PME québécoises, gérer adéquatement le risque et viser l’excellence par le travail d’équipe.
Parfait… mais ça ne vous fait pas penser à ce que tout gestionnaire digne de ce nom devrait faire ? À part le volet soutien aux PME ( ce qui réaffirme une partie du mandat de la Caisse en regard de l’économie québécoise), le reste correspond aux devoirs fondamentaux de la bonne gestion.
Que M. Sabia dévoile ainsi sa vision des choses à ce moment précis se comprend : la Caisse va présenter l’ensemble de ses résultats de 2009 dans quelques semaines et ils ne seront pas impressionnants. Pas désastreux comme l’an passé, mais bien ordinaires, et encore une fois loin derrière la moyenne.
Il est donc temps de dire « Désormais », et de tourner la page sur l’administration précédente. Mais de devoir rappeler en toutes lettres le mandat de la Caisse, en le détaillant sous le couvert de cinq priorités, rappelle douloureusement à quel point elle avait dérapé. Et je me demande bien ce que vous allez en penser.