Un financier qui vire au vert

. Les Affaires . 31-01-2009

Animé par la passion de la finance, Simon Lanoie n'a pas eu peur d'écouter la fibre entrepreneuriale qui vibrait en lui. Il a quitté son emploi pour se lancer dans le domaine de la finance environnementale. Aujourd'hui, il carbure aux crédits de carbone.

Alors qu'il occupait un poste important dans une institution financière, Simon Lanoie a décidé de faire le saut pour fonder Carbone Finance Intel, une firme de services financiers dans les marchés environnementaux et énergétiques.

C'était en 2005, juste avant que Montréal soit l'hôte de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques. "J'ai bien vu l'intérêt de développer des services aux entreprises dans le domaine des marchés climatiques", indique le trentenaire.

La Bourse du carbone, où se négocient les crédits de carbone, permet aux entreprises d'acheter ou de vendre leurs droits, selon que leurs activités génèrent plus ou moins de gaz à effet de serre (GES).

Après avoir étudié les mécanismes des Bourses du carbone ailleurs dans le monde et épluché la littérature sur le sujet, Simon Lanoie était prêt à accueillir l'arrivée du Marché climatique de Montréal, à l'été 2008. Entouré d'une équipe d'une dizaine de consultants, le président de Carbone Finance Intel conseille ses clients - des PME, des municipalités ou des réseaux de transport, qui veulent faire leur entrée sur ce nouveau marché.

"Nous les assistons au fil des étapes qui mènent à la création du crédit de carbone et nous jouons le rôle de courtier en effectuant les transactions", dit-il.

La firme utilise les contrats à terme pour gérer le risque découlant des fluctuations de prix, qui modifient la valeur des actifs en CO2 de sa clientèle. "Les crédits de carbone permettent même de financer les coûts initiaux des projets verts menés par les entreprises", ajoute-t-il.

Un marché en croissance

"La finance environnementale n'en est qu'à ses balbutiements, mais je suis persuadé que le domaine explosera au cours des prochaines années", s'enthousiasme-t-il. En effet, si l'adhésion au marché climatique est actuellement facultative, ce ne sera plus le cas en 2010. Les entreprises ciblées devront se soumettre au nouveau cadre réglementaire sur les émissions atmosphériques adopté par le gouvernement du Canada, et réduire leurs émissions de 20 % d'ici 2020.

"Cette année, les décideurs devront passer à l'action. Ces changements ne se font pas du jour au lendemain. Il faut développer une vision à long terme pour avoir une stratégie étoffée qui permettra de générer des crédits et de se conformer à la loi", affirme ce bachelier en administration des affaires de l'UQAM. A.-M.T.