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Mauvaise nouvelle pour les gestionnaires des entreprises québécoises : ils ne savent pas mobiliser leurs employés, selon Secor.
Les entreprises qui comptent sur une forte mobilisation de leurs employés font de meilleures affaires. Comme argument, on ne peut rien trouver de plus convaincant.
Il y a poseur de pierres et poseur de pierres. Le travail peut n'être rien de plus qu'une répétition assommante de tâches, ou bien prendre la forme d'une cause noble. Tout dépend de la vision et du sens qu'on donne à son travail. Tout dépend, en fait, si l'on est mobilisé ou non.
On les dit indépendants, impatients, pleins d'exigences professionnelles. À priori, les employés de la génération Y ne sont pas des plus faciles à mobiliser. Mais pour Tania Saba, professeur à l'École des relations industrielles de l'Université de Montréal, il faut s'affranchir des aprioris et ne pas sauter trop vite aux conclusions.
Les dirigeants ont souvent le sentiment que leurs employés sont bien mobilisés. Mais un diagnostic vient parfois leur prouver le contraire. "Dans les faits, il y a fréquemment un écart entre ce que pense la direction et ce que vivent les employés au quotidien", affirme Philippe Collas, directeur principal chez Secor, dont l'enquête a permis de déterminer, dans une quarantaine d'entreprises, les forces et les faiblesses au chapitre de la mobilisation.
Les employés se mobilisent lorsqu'ils croient en ce qu'ils font. Pour cela, ils ont besoin de savoir où s'en va l'entreprise. "Les gens ne viennent jamais frapper à la porte de leur patron en disant "Donnez-moi du sens", explique Philippe Collas, directeur principal chez Secor. C'est à la direction de les nourrir de sens et de développer leur motivation."
Les gestionnaires ont un rôle primordial à jouer pour améliorer la mobilisation au sein des entreprises. "Près de 58 % des employés disent avoir de grandes ambitions professionnelles. Or, seulement 36 % estiment avoir des possibilités d'avancement au sein de l'entreprise qui les emploie. Manifestement, on passe à côté de belles occasions de mobiliser les troupes", estime Jean-Rémi Mayrand, associé chez Towers Perrin.
Si le gestionnaire est le moteur de la mobilisation, le carburant qui l'alimente doit provenir des plus hautes sphères de l'entreprise.
L'analyse du niveau de mobilisation de ses employés, au printemps 2006, a conduit la Société de transport de Montréal (STM) à établir un plan d'action de 5 à 10 ans pour raffermir ses liens avec son personnel.