Pour travailler plus efficacement

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Septembre 2017

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Édition du 16 Septembre 2017

Par Pierre Théroux

Chez APN, les employés sont tenus au courant des changements technologiques effectués par l’entreprise.

DOSSIER USINE 4.0 Chez APN, il n'y a plus de planificateur de la production. À l'ère de l'usine 4.0, c'est un système d'algorithme d'aide à la planification qui fait le travail dans cette entreprise d'usinage de pièces métalliques de haute précision pour l'industrie aéronautique. Avec l'aide de la directrice de production, qui consacre seulement deux heures par semaine à s'assurer que l'entreprise aura la main-d'oeuvre et le matériel nécessaires pour accomplir le travail.


«La prochaine étape est de réduire le temps de planification de deux heures à zéro», indique Yves Proteau, coprésident d'APN, qui souhaite que la gestion des opérations de l'entreprise se fasse de plus en plus sans intervention humaine. Ce qui lui permettra de consacrer encore plus de temps au développement de l'usine 4.0, pendant que son frère se concentrera davantage sur le développement des affaires.


D'ailleurs, «un des gains obtenu grâce à l'usine 4.0, c'est la possibilité de libérer les gestionnaires des tâches administratives qui peuvent facilement être effectuées par des systèmes automatisés de gestion pour qu'ils puissent se concentrer sur le développement de leur entreprise», constate Benoît Cormier, fondateur de la firme Groupe Lead Management (GLM), qui aide les entreprises à prendre le virage numérique.


Olivier Thomas, conseiller manufacturier chez STIQ, s'étonne même que des gestionnaires, des contremaîtres et d'autres employés passent des heures au téléphone ou devant l'ordinateur pour entrer et mettre à jour des données, gérer des bons de commande ou encore répondre aux clients qui veulent savoir quand leurs produits seront livrés. «C'est de la non-valeur ajoutée ; ça devrait se faire de façon automatisée», déplore-t-il.


La numérisation des documents commerciaux (instructions de travail, formulaires, bons de commande, bordereaux d'expédition, spécifications de produits, etc.) permet en effet d'économiser temps et argent, tout en réduisant les erreurs causées par des données erronées ou périmées, indique une étude récente de la BDC sur l'industrie 4.0.


Pour plusieurs, l'automatisation de la production et de la gestion d'une entreprise est synonyme de pertes d'emplois. Rien n'est moins sûr ! «Certaines entreprises, qui ont automatisé leur production et leur processus de gestion, sont en recherche constante d'employés», constate Sébastien Houle, directeur général de Productique Québec.


APN, qui employait 60 personnes quand elle a amorcé son virage 4.0 au début des années 2010, compte aujourd'hui 150 employés. «Les systèmes mis en place nous permettent de travailler de façon plus efficace et de livrer des produits de meilleure qualité. Les clients nous font donc davantage confiance. On en recrute de nouveaux et on obtient plus de contrats», fait valoir Yves Proteau.


À preuve, la PME de Québec a affiché une croissance de ses revenus de 66 % l'an dernier et prévoit une hausse de 40 % en 2017. Le nombre d'employés a, pour sa part, augmenté de 15 % depuis deux ans. «L'usine 4.0 nous aide à éliminer le gaspillage de main-d'oeuvre. Grâce à elle, les employés travaillent à 100 % de leurs capacités, pas seulement à 70 %», précise M. Proteau.


Sans compter qu'APN a moins besoin de travailleurs hautement qualifiés, une denrée rare pour de nombreuses entreprises. L'usine 4.0 lui permet aussi d'utiliser des équipements de production sept jours par semaine, 24 heures sur 24. «C'est difficile de recruter des gens pour travailler la fin de semaine ou la nuit. Cependant, un opérateur peut maintenant faire fonctionner 10 machines plutôt que 2 ou 3 comme avant, alors on a besoin de moins de monde pour ces quarts-là», souligne Yves Proteau.


Répondre à la rareté de la main-d'oeuvre


Il n'y a pas de pertes d'emplois non plus chez Optimum Canada, un fabricant d'outils de coupe de précision pour l'industrie aéronautique qui emploie 40 personnes. En fait, «on ne roule pas à plein régime parce qu'il est difficile de recruter de la main-d'oeuvre. Les machinistes qui sortent de l'école ne sont pas prêts à travailler avec nos équipements, et il faut plusieurs années pour les former», indique le directeur général Vincent Lemoine, en précisant que le virage 4.0 récemment entrepris par la PME de Mercier lui permettra de remédier à ces lacunes.


Malgré tout, l'industrie 4.0 pourrait entraîner son lot de pertes d'emplois. «Quand on robotise et qu'on automatise, il y a forcément un risque», indique Benoît Cormier, de Groupe Lead Management. Cependant, cette révolution numérique a aussi «l'avantage de pallier les problèmes de rareté de la main-d'oeuvre. Certaines usines proposent de vieux métiers manuels qui ne sont pas intéressants pour les jeunes. Si on ajoute une couche technologique à ces emplois, ça peut leur redonner de la valeur», souligne Dany Charest, conseiller manufacturier chez STIQ.


«Les emplois changent. On voit moins de monde dans les usines, mais on en voit de plus en plus dans les bureaux», constate son collègue Olivier Thomas.


Être transparent avec les employés


Dans tous les cas, il est essentiel de mettre les employés au centre du projet d'implantation d'une usine 4.0. «Avant même d'acheter un robot ou des systèmes de gestion, il faut expliquer la vision de l'entreprise aux gens, leur dire qu'il n'est pas question de faire plus avec moins d'employés, mais mieux avec autant d'effectifs, sinon plus», suggère Sébastien Houle, de Productique Québec.


En effet, la résistance des employés au changement est un défi important pour les entreprises qui prennent le virage 4.0. Les dirigeants doivent leur expliquer pourquoi ce choix est important, comment il améliorera la valeur offerte aux clients et quel sera son impact sur leur travail.


«Certains employés pourraient craindre les répercussions des nouvelles technologies sur leur emploi ou redouter de le perdre. Que ces préoccupations soient fondées ou non, vous devez les aborder de front. Une discussion ouverte et honnête au sujet de la technologie contribuera à dissiper les inquiétudes des employés et à susciter chez eux un enthousiasme à l'égard de la voie empruntée par l'entreprise», estime la BDC.


Chez APN, les employés sont tenus au courant des changements effectués par l'entreprise. «Des employés avaient des craintes, certains sont même partis parce qu'ils ne trouvaient pas leur place dans un processus de fabrication de plus en plus automatisé qui laisse moins de place à la créativité», souligne Yves Proteau, en ajoutant que les plus jeunes s'adaptent mieux au modèle numérique.


Enfin, une simple discussion ne suffit pas. Les entreprises doivent aussi «offrir une formation appropriée aux employés qui utiliseront les nouvelles technologies», indique l'étude de la BDC.


La principale difficulté liée au virage numérique est le manque d'employés talentueux


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