François Boucher-Genesse: Repousser les frontières des jeux vidéo

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

François Boucher-Genesse: Repousser les frontières des jeux vidéo

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Par Pierre Théroux

[Photo : Martin Flamand]

François Boucher-Genesse avait l'emploi rêvé ! Grand amateur de jeux vidéo, il était devenu l'un des principaux designers de Halo 3, cette célèbre série de jeux de science-fiction militaire créée par Bungie, alors propriété de Microsoft. Mais à 26 ans, il quitte ce géant américain de l'informatique, son généreux salaire et Seattle où il travaillait depuis trois ans pour rentrer au Québec... sur les bancs d'école ! Un périple qui l'a conduit quatre ans plus tard à lancer Ululab, un studio montréalais de conception de jeux vidéo éducatifs.


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«Je dirigeais une petite équipe et j'aimais mon travail, mais je me posais des questions sur l'effet des jeux vidéo sur les utilisateurs. J'avais besoin d'évaluer cet impact et de voir aussi le potentiel des jeux éducatifs», explique l'entrepreneur de 32 ans originaire de Sherbrooke.


François Boucher-Genesse s'est découvert très tôt une passion pour les jeux vidéo. Enfant, il accompagnait parfois son père, le soir en pyjama, au bureau de son entreprise hébergée à l'Université de Sherbrooke. «Je pouvais jouer à des jeux en noir et blanc devant un grand ordinateur. J'ai toujours su que je voulais travailler dans ce domaine», se souvient celui qui, des années plus tard, décrochait un diplôme en génie informatique de cette même université. Ses études l'amèneront à faire des stages chez Microsoft et chez Bungie, où il décrochera un poste permanent.


À son retour au Québec, en 2008, il entame une maîtrise en éducation à l'Université du Québec à Montréal avec l'objectif de trouver le meilleur moyen de mettre les jeux vidéo au service de l'éducation. «J'avais besoin de connaître les méthodes d'apprentissage pour combler les lacunes qu'on retrouve dans la plupart des jeux éducatifs», dit-il. Martin Riopel, son directeur de maîtrise et professeur au Département de didactique de l'UQAM, y voit l'une de ses grandes forces : «Les jeux éducatifs sont généralement développés par des programmeurs qui ne connaissent pas le domaine de l'éducation. François a eu l'intelligence de jumeler les deux volets».


Son projet de maîtrise le mène à concevoir Mécanika, un jeu qui permet aux élèves du deuxième cycle du secondaire de mieux assimiler les lois de la physique. Fort de cette réussite, il fonde Ululab en compagnie de deux complices, Dany Joly et Jean-Guillaume Dumont. «On avait participé à un projet universitaire et on espérait retravailler ensemble un jour. D'autant que François est un gars d'équipe, très brillant, qui veut toujours connaître l'opinion des autres», souligne Dany Joly, qui a lui aussi étudié en génie informatique à l'UdeS. Leurs chemins se sont recroisés à Seattle, où ils sont devenus colocs, alors que Dany Joly travaillait sur les projets Internet Explorer et Windows 8 chez Microsoft. «François est super facile à vivre, toujours relax, enjoué et très transparent.»


Les mêmes atomes crochus ont uni François Boucher-Genesse à Jean-Guillaume Dumont, un camarade à la maîtrise en éducation. «François est très ouvert aux idées des autres et on peut lui faire totalement confiance. Avec lui, il n'y a jamais de stress», dit-il, en soulignant aussi l'immense talent créatif de son associé.


Le premier jeu d'Ululab, Slice Fractions, propose de découvrir les fractions mathématiques en faisant avancer un mammouth qui se bute à des blocs de glace. Le jeu n'a pas échappé à Apple qui l'a inscrit à son palmarès 2014 des 20 meilleures applications conçues dans le monde cette année-là, parmi quelque 250 000 applications pour appareils mobiles créées l'an dernier.


«C'est un grand privilège qui nous a évidemment aidés à nous faire connaître et qui nous encourage à poursuivre dans la même voie», commente François Boucher-Genesse. Son ancien professeur ne doute pas de sa réussite et s'en réjouit.


«François réfléchit sans cesse aux solutions et n'hésite pas à consulter. Il fait aussi partie de cette génération où il faut que ça bouge rapidement et qui souhaite avoir un impact social», fait valoir Martin Riopel.


Entretemps, François Boucher-Genesse projette la création de nouveaux jeux vidéo éducatifs. «C'est un médium dont on ne connaît pas encore le plein potentiel», dit celui qui continue de jouer à des jeux vidéo à titre de passe-temps, mais aussi pour rester à l'affût des dernières tendances.


Âge : 32


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