Solenne Brouard Gaillot : La rêveuse pragmatique

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Solenne Brouard Gaillot : La rêveuse pragmatique

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Par Valérie Lesage

[Photo : Martin Flamand]

Quand Solenne Brouard Gaillot jette un oeil dans un dépotoir, elle ne voit pas tant la saleté que la richesse. «Il y a un très gros marché à revaloriser, et moi, je peux changer quelque chose, chaque jour», dit la présidente de Polystyvert.


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En 2011, cette diplômée de l'École supérieure de commerce de Rennes, venue poursuivre des études de deuxième cycle à Sherbrooke et accessoirement découvrir le «frette», puis travailler chez Bombardier, a décidé que le seul moyen d'être d'accord avec les décisions du patron, c'est de l'être elle-même.


Le recyclage lui paraissait la voie de l'avenir, elle qui a été sensibilisée à l'importance de la nature tôt dans sa vie par les documentaires et photographies de Yann Arthus Bertrand. «Je suis toujours étonnée de voir à quel point les gens ne se rendent pas compte de l'urgence. Je ne comprends pas», s'indigne la jeune femme de 35 ans.


À part sa famille, rien ne compte plus que la protection de l'environnement aux yeux de celle qui a déniché dans le travail d'une étudiante un procédé de dissolution du polystyrène, le matériau que personne ne voulait recycler jusque-là parce que trop volumineux pour son faible poids.


«Enceinte de huit mois et trois semaines, je me suis retrouvée à présenter mon projet devant Recyc-Québec. Ils ont vu le potentiel et ont donné 160 000 dollars», se souvient la maman de deux enfants.


En 2014, son mentor, Normand Gadoury, qui aidait au démarrage d'entreprises chez Univalor, décide de se joindre à elle à temps plein, comme vice-président stratégies et finances. «Ça ne m'est pas arrivé souvent de rencontrer de jeunes leaders aussi prometteurs, dit-il. Son enthousiasme est communicatif, et son réalisme, rafraîchissant. Les gens qui ont de beaux projets comme ça sont souvent des rêveurs. C'est important, mais ça prend aussi du réalisme et elle en a.»


«Tout le monde est sous le charme. Tu la rencontres et tu saisis en deux-trois minutes que tu es devant quelqu'un qui est hors normes. Elle avance vite et sait s'entourer», remarque pour sa part Vincent Lecorne, jusqu'à récemment directeur général adjoint au SAJE, accompagnateur d'entrepreneurs.


Toujours en 2014, Solenne Brouard Gaillot rafle les plus hautes distinctions au Concours québécois en entrepreneuriat et à la Fondation Montréal Inc. Ces bourses lui permettent d'ouvrir une usine pilote à Anjou. Les clients dissolvent chez eux leur polystyrène. Sous forme liquide, il est ensuite pompé, récupéré, puis revendu par Polystyvert. Grâce à ce procédé, un camion peut transporter 8 tonnes de matière, plutôt que 700 kg.


«Actuellement, des entreprises paient pour vider leurs poubelles de polystyrène et polluer. Avec nous, elles économisent 50 % des coûts et nous recyclons», explique l'entrepreneure, qui se dit effrayée par les 60 000 tonnes de polystyrène jetées chaque année au Québec.


Solenne Brouard Gaillot souhaite exporter la technologie de Polystyvert partout dans le monde en vendant des licences. Les redevances perçues serviront à construire d'autres usines. Mais la prochaine étape sera de trouver cinq millions de dollars l'automne prochain afin d'augmenter la capacité de l'usine d'Anjou. «Si on a un impact majeur pour la planète, ce sera une grande fierté pour moi», rêve la jeune femme.


Il lui faudra une détermination d'olympien pour y arriver. Mais ça tombe bien, la coureuse de demi-marathon sait déjà repousser les limites.


Âge : 35


La personnalité politique avec qui vous aimeriez souper ? Hillary Clinton


Pourquoi ? C’est une icône, une femme puissante dans tous les sens du terme. Je l’admire depuis longtemps pour ses valeurs démocratiques et sa capacité de compromis.


Si vous étiez une ville, ce serait... Montréal


Pourquoi ? Pour sa volonté de rayonner et son intérêt pour les autres cultures. Montréal sait prendre des autres ce qui est bien, tout en gardant son identité. Elle a aussi un côté combattant, pour sa langue, qui me ressemble. Et ses contrastes entre le froid et la chaleur me font penser aux hauts et aux bas de ma vie.


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