Jean-Philippe Hébert : Cultiver la mer

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Jean-Philippe Hébert : Cultiver la mer

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Par Pierre Théroux

[Photo : Steven Melanson]

Jean-Philippe Hébert a bourlingué partout au Québec. Né dans la Vieille-Capitale, il a passé son enfance en Abitibi avant que ses parents ne déménagent dans la région de Montréal. Puis, après des études à Rimouski, il a mis le cap plus loin le long du Saint-Laurent, direction la Gaspésie. Pour y cultiver la mer.


Cliquez ici pour découvrir 24 autres stars du Québec de demain


«J'ai toujours été attiré par l'eau et la nature», dit-il, en se souvenant des étés de son enfance au chalet familial du Lac Kanasuta, où il prenait plaisir à pêcher. Aujourd'hui, le président de Fermes marines du Québec pratique l'élevage des bébés pétoncles (naissains) dans son écloserie et dans la baie de Gaspé. «Ce n'est pas tous les jours facile, mais c'est très valorisant. L'aquaculture, c'est un regard vers l'avenir pour nourrir la planète», dit celui qui vit en Gaspésie depuis 10 ans.


Jean-Philippe Hébert a d'abord étudié à l'Institut maritime du Québec, à Rimouski, dans l'intention de démarrer un chantier naval spécialisé en bateaux de pêche et en voiliers. «Mais le contexte économique n'était pas favorable, et je n'aurais jamais été sur l'eau», constate-il. Il entre alors à l'École des pêches et de l'aquaculture du Cégep de la Gaspésie. Au bord de l'immense laboratoire naturel qu'est le golfe du Saint-Laurent, il prend conscience du potentiel de l'aquaculture.


«Même s'il vient d'un milieu urbain, il s'est merveilleusement adapté à la Gaspésie et au monde marin. Ça demande beaucoup de courage et de ténacité pour se lancer dans l'aquaculture», souligne son ancien professeur Éric Tamigneaux, titulaire de la Chaire de recherche industrielle en valorisation des macroalgues marines. «C'était un étudiant très challengeant, qui nous posait toujours des questions très pointues. Il était déjà en mode plan d'affaires», ajoute-t-il.


Jean-Philippe Hébert consacrera plus de trois ans de R-D à son projet. Sa quête l'a amené à travailler dans la première écloserie québécoise de pétoncles, sur la Basse-Côte-Nord, à oeuvrer auprès d'un éleveur de flétans en Nouvelle-Écosse, et à réaliser des voyages d'études en Norvège. Il a aussi convaincu des investisseurs privés d'injecter plus de 7 millions de dollars dans son aventure. Finalement, en 2009, il met à l'eau 500 000 naissains de pétoncles qui, parvenus à maturité trois ans plus tard, se sont rapidement retrouvés dans les poissonneries et chez les restaurateurs.


Cependant, sa patience et sa ténacité sont mises à rude épreuve ces temps-ci. Fermes marines du Québec a suspendu les activités de son écloserie l'an dernier parce que la PME n'était plus admissible à un crédit d'impôt de 1,5 million de dollars. «C'est décourageant, mais c'est une autre montagne à gravir», dit-il. Pour diversifier, son équipe et lui explorent la culture d'algues pour l'alimentation et les produits de santé naturels.


Sophie Fortier, coordonnatrice de la Table maricole du Québec, ne doute pas que Jean-Philippe Hébert réussira son pari. «C'est un visionnaire, un homme d'idées, très créatif, qui est toujours à la recherche de solutions et prêt à relever des défis.» Éric Tamigneaux abonde dans le même sens. «Pour lui, un non, ce n'est jamais une réponse satisfaisante.» Tous deux soulignent aussi son grand engagement dans le développement de l'ensemble de l'industrie de la mariculture.


En effet, l'homme d'affaires de 36 ans est aujourd'hui bien ancré en Gaspésie. Son amour de la mer et de la région devrait lui permettre de braver les tempêtes et poursuivre ses projets.


Âge : 36


Le voyage de vos rêves ? Le tour du monde en catamaran


Pourquoi ? Pour l’aventure, la découverte de lieux inaccessibles, de nouvelles cultures et de la gastronomie internationale. Je pourrais lire, faire de la plongée et peêcher à volonté, tout en partageant des moments précieux avec ma famille et mes amis.


L’entrepreneur avec qui vous rêvez de souper ? Elon Musk


Pourquoi ? Parce que son parcours d’entrepreneur est admirable. Après sa conquête du Web, de la voiture électrique, et maintenant de l’espace, j’aimerais bien le rencontrer et le convaincre de m’aider à conquérir les océans. Je voudrais en connaître davantage sur sa philosophie de gestion du risque et savoir comment il concilie la gestion de ses entreprises, qui œuvrent dans des domaines aussi variés et complexes, et sa vie familiale.


Cliquez ici pour découvrir 24 autres stars du Québec de demain


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Sécurité alimentaire

Mercredi 06 février


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

DANS LE MÊME DOSSIER

À la une

Bourse : les gagnants et perdants de la semaine

14/12/2018 | Martin Jolicoeur

Quels sont les titres qui ont le plus marqué la semaine? Facebook, Lululemon, Bombardier et... un producteur de mari.

Les grandes entreprises de technologie: bonnes ou mauvaises pour la société?

14/12/2018

BLOGUE INVITÉ. Google et Facebook sont-ils bons pour vous?

Facebook: les photos de 6,8 millions d'utilisateurs dévoilées après une faille de sécurité

14/12/2018 | AFP

Une faille de sécurité a rendu accessible l'ensemble des photos postées sur Facebook par 6,8 millions d'utilisateurs.