Capitaliser sur un bassin de jeunes allumés

Publié le 24/11/2014 à 06:00

Capitaliser sur un bassin de jeunes allumés

Publié le 24/11/2014 à 06:00

Le réseau M, le réseau de mentorat mis sur pied dans les années 2000 par la Fondation de l’entrepreneuship, a déployé cette année le programme Initiative relève, qui vise à outiller les repreneurs ou les cédants, et bientôt les mentors. Ce réseau met à disposition des entrepreneurs un réseau de 1600 mentors bénévoles au Québec, mais aussi en Alberta, en Ontario, en France, et bientôt au Luxembourg et en Tunisie.


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Chaque année, le réseau M accompagne quelque 3600 entrepreneurs. « Notre mission est de déployer des mentors formés au processus de transfert d’entreprise, afin de mieux accompagner les repreneurs ou les cédants », affirme Rina Marchand, directrice principale des contenus et innovation à la Fondation de l’entrepreneurship.


Selon un rapport de la fondation publié en 2010, il manquerait au Québec près de 38 000 repreneurs d’ici 2020 pour reprendre la barre des entreprises existantes. Et un entrepreneur cédant sur deux ne disposerait d’aucune planification concernant le transfert de direction de son entreprise.


« Les jeunes Québécois sont pourtant plus enclins à penser prendre la relève, qu’elle soit familiale ou autre, que les jeunes au pays. Il faut donc capitaliser sur ce bassin de jeunes allumés», estime Rina Marchand.


Lancé publiquement à l’hiver 2014, le programme Initiative Relève avait d’abord été testé un an et demi auparavant sous forme de projet pilote dans les régions de Montréal et Québec. Lors de déjeuners-causerie s’étalant sur l’avant-midi, les entrepreneurs étaient invités à échanger sur l’importance d’assurer la pérennité d’une entreprise et des grandes étapes pour y arriver.


Des défis multiples


« Nous voulons entourer les cédants et repreneurs qui sont déjà en train d’amorcer leur projet, afin de leur donner ce petit temps de pause qui leur permettra d’éprouver certains aspects techniques de la relève, tels que la comptabilité, la fiscalité et les éléments légaux d’une transaction », signale Rina Marchand.


Au total, une quinzaine d’entrepreneurs ont pu bénéficier de cet éclairage et de différents services en cognant à une seule porte. Ces entrepreneurs ont eu accès à une palette de partenaires tels que la Banque Nationale, Cain Lamarre Casgrain Wells, le Fond de Solidarité FTQ, Raymond Chabot et Développement économique Canada.


«Lorsqu’on s’inscrit dans un processus de transfert, plusieurs formes d’accompagnement sont nécessaires. Naturellement, l’entrepreneur va penser à contacter un comptable, un banquier, ou un avocat, mais il est également utile d’avoir une vision plus globale qui permettra de regarder l’ensemble du processus. C’est ce que nous avons envie de faire avec le programme Initiative Relève, en nous entourant d’une équipe pluridisciplinaire », note Rina Marchand.


« Entre l’idée potentielle et la réalisation du transfert, il peut se passer 5 à 10 ans. Les défis sont multiples et concernent à la fois la cohabitation, le leadership mais aussi la clarification des rôles de chacun. On voit sur le terrain que c’est souvent un, deux voire trois de ces axes qui achoppent », constate Rina Marchand.


Si l’aspect technique est régulièrement pointé du doigt, les entrepreneurs ne sont pas toujours prêts à céder. Le modèle multi-générationnel est une bonne solution pour que le cédant continue à évoluer au sein de l’entreprise tout en laissant progressivement les rênes.


L’avenir, par les mentors


En 2015, la Fondation de l’entrepreneurship souhaite réorienter le programme Initiative Relève pour outiller prioritairement les mentors du réseau M, qui font eux aussi face à des enjeux de pérennité de l’entreprise.


« En passant par les mentors, nous espérons rejoindre les entrepreneurs qui seront conseillés par ces mentors », analyse Mme Marchand. L’intérêt du mentor ? « Le transfert est un processus émotif, où le mentor peut aider l’entrepreneur à prendre du recul, afin qu’il soit à l’aise avec ses décisions. Parfois, une bonne démarche peut même révéler que l’entrepreneur n’est tout simplement pas prêt à céder», rapporte Rina Marchand.


L’objectif ? Former dans un premier temps près de 80 mentors à travers des rencontres au format intimiste, en petits groupes de 20 personnes afin de favoriser le partage et l’échange.


Ces rencontres, d’une demi journée pour chaque groupe, seront suivies par la rédaction d’un livret blanc, qui, sans dévoiler les informations confidentielles partagées, devrait permettre de donner une suite et de sensibiliser un panel d’entrepreneurs plus large. L’objectif souhait est ensuite d’élargir ce programme à l’ensemble des 1600 mentors.


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