La technologie à la rescousse de l'eau

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Juillet 2018

La technologie à la rescousse de l'eau

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Édition du 28 Juillet 2018

Par Alain McKenna

Le lisier de porc est un problème grave pour les cours d’eau du Québec. Solugen, une entreprise de ­Lévis, vient de mettre au point un procédé de traitement des eaux usées qui pourrait sauver bien des tracas aux éleveurs de porcs, un secteur d’activité crucial pour le Québec, puisqu’il représente 20 % de ses exportations agroalimentaires totales. [Photo: 123RF]


L’eau, on le sait, est source de vie. C’est aussi une ressource trop souvent négligée, dont on commence à tester dangereusement les limites. Pour éviter la catastrophe, l’industrie des technologies propres s’organise en ce moment en vue de redonner un peu de lustre à cet or liquide.


En mars dernier, plus de 2 000 leaders industriels et gouvernementaux nord-américains se sont réunis à ­Vancouver, dans le cadre du forum ­Globe 2018. Ce sommet annuel sur le leadership et les entreprises durables portait cette année une attention toute spéciale à l’eau, une ressource traditionnellement sous-estimée par les industries et les organismes publics dans le développement d’une économie durable.


« ­­­La consommation abusive d’eau par beaucoup d’industries est un problème environnemental prioritaire. L’eau usée est souvent rejetée dans la nature sans traitement », selon André ­Beaulieu ­Blanchette, président de ­Solugen.

Un rapport publié par les organisateurs du forum indique notamment qu’en développant des solutions technologiques de gestion de l’eau plus efficaces, il serait possible de réduire substantiellement les émissions de gaz à effet de serre d’un océan à l’autre. Au Canada, le traitement des eaux usées compte pour 30 % des émissions atmosphériques polluantes des municipalités, ce qui est énorme.


Une solution au lisier porcin


Solugen, une entreprise de ­Lévis, va plus loin encore : celle-ci vient de mettre au point un procédé de traitement des eaux usées qui pourrait sauver bien des tracas aux éleveurs de porcs, un secteur d’activité crucial pour le Québec, puisqu’il représente 20 % de ses exportations agroalimentaires totales. « ­La consommation abusive d’eau par beaucoup d’industries est un problème environnemental prioritaire. L’eau usée est souvent rejetée dans la nature sans traitement. La production porcine est un bon exemple : l’augmentation de la production combinée à un manque de terre met en péril la part du Québec dans ce marché », explique ­André ­Beaulieu ­Blanchette, président de ­Solugen.


L’entreprise compte évidemment venir en aide aux éleveurs d’ici, mais sa solution se révèle prometteuse à l’international également. Déjà, des investisseurs venant d’aussi loin que l’Afrique du ­Sud se sont manifestés pour appliquer cette technologie chez eux.


« ­Au Québec, la gestion du lisier de porc est au centre des préoccupations des producteurs. Si nous éliminons les lisiers, les odeurs et les grandes étendues de terre souillées par des épandages répétitifs, nous croyons que nous pouvons contribuer à la réussite des producteurs », ajoute M. Beaulieu ­Blanchette.


Appel à tous les développeurs


Le lisier est un problème grave pour les cours d’eau de la province, mais ce n’est pas le seul. Les solutions pour améliorer la qualité de l’eau doivent donc elles aussi être multiples. C’est la logique derrière le marathon de programmation ­AquaHacking, qui avait lieu pour la troisième fois, cet été.


Après le fleuve en 2016 et le ­Lac Érié en 2017, c’était au tour du ­Lac Ontario d’être ciblé par la ­Fondation de ­Gaspé ­Beaubien, qui organise ­AquaHacking. Nouveau lac, mêmes problèmes, puisque l’événement vise les mêmes objectifs : voir les plans d’affaires de jeunes développeurs de technologies connaître un succès commercial durable.


« ­Les solutions créées durant l’événement mettent l’accent sur l’esprit innovateur et entrepreneurial de la jeunesse », explique ­Claude ­Perras, directeur exécutif de la Fondation. Cinq projets ont ainsi été sélectionnés, cet été, et ont jusqu’en octobre prochain pour faire valoir leur modèle. Les gagnants repartiront avec 50 000 $, une place dans un accélérateur de jeunes entreprises afin de les aider à finaliser leur projet, et le sentiment d’avoir fait un effort pour rendre l’eau du fleuve et des ­Grands ­Lacs plus propre.


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