MF2 Aero se lance dans de nouveaux secteurs d'affaires


Édition du 07 Juin 2014

MF2 Aero se lance dans de nouveaux secteurs d'affaires


Édition du 07 Juin 2014

Après des années difficiles, MF2 Aero a retrouvé son dynamisme. L’entreprise de Trois-Rivières s’est transformée en diversifiant sa clientèle, mais aussi ses secteurs d’affaires. Ce changement l’a relancée sur la voie du succès.


C’est une véritable métamorphose qu’a vécu MF2 Aero depuis 2008. Il faut dire que la crise économique, qui a fortement frappé les secteurs de la construction et de la rénovation, l’a placé dans une position critique. L’atelier d’usinage mauricien fondé en 2000 a vécu une expérience de « mort imminente », en raison de sa grande dépendance envers un seul secteur d’affaires.


« À l’époque, nous fabriquions essentiellement des cloueuses à plancher de bois franc, explique Frédéric Tremblay, président de MF2 Aero. Cela représentait 80 % de notre chiffre d’affaires de 2003 à 2007, réparti entre deux clients. Lorsque la crise a frappé le secteur du bâtiment, nous avons complètement perdu ce marché. »


Repartir sur de nouvelles bases


Le coup est dur à encaisser. Entre 2002 et 2007, l’entreprise avait connu une croissance régulière, jusqu’à atteindre un chiffre d’affaires de 3,5 millions de dollars en 2007. Cette année-là, Frédéric Tremblay reçoit même le premier prix au concours Arista-BMO Banque de Montréal dans la catégorie Jeune entrepreneur du Québec - Petite entreprise. Et voilà que son chiffre d’affaires fond de moitié en un an. Il faut restructurer, et vite.


Les dirigeants passent à l’action. Les différentes divisions (notamment transport et aéronautique) sont regroupées en une seule, et celle qui avait été le fleuron de l’entreprise, spécialisée dans la fabrication des cloueuses, est carrément fermée. Un plan stratégique les amène à viser un développement dans cinq secteurs : le transport terrestre, l’aviation, les mines, le médical et la sous-traitance industrielle. Au total, 35 employés sont mis à pied.


Malgré la restructuration, MF2 Aero n’abandonne pas le modèle d’affaires qui a fait son succès durant les bonnes années. L’entreprise fournit des services d’usinage à différents clients. Par exemple, elle travaille avec RT1 Claro, de Laval, sur le programme du Boeing 787 en fabriquant des pièces pour les supports de sièges. Elle usine aussi plusieurs modèles de bras d’articulation pour Bombardier en usinant plusieurs modèle de hinge arm, notamment pour la CSeries. La firme collabore également avec Méchachrome sur le programme de développement du nouveau pylône de moteur pour les 320 Néo d’Airbus.


Le manufacturier offre par ailleurs d’agir comme partenaire dans le développement de certains programmes de leurs clients, à partir de la conception des pièces, en partageant les risques. Cela en échange de contrats d’exclusivité d’un certain nombre d’années pour la fabrication. Son département de R-D aide par exemple les clients à dessiner de nouvelles pièces. L’entreprise y consacre environ 10 % de son budget.


Faire sa place


En quelques années, MF2 Aero a mené sa transformation, avec sa large part de succès, et quelques difficultés. « Chaque secteur a sa façon de fonctionner, et il faut comprendre comment développer une offre qui répondra aux attentes des clients, que ce soit des intégrateurs ou de grands manufacturiers », lance Frédéric Tremblay.


Il donne l’exemple de l’aviation, un secteur difficile à pénétrer, dans lesquels les intégrateurs majeurs ne souhaitent pas éparpiller leur sous-traitance entre plusieurs petits joueurs. À l’inverse, du côté du transport terrestre le contact est bon dès le départ. « Des compagnies comme Alstom ou Bombardier recherchent ce type de partenariat avec partage du risque, donc notre offre de service a été bien accueillie », note le président.


MF2 Aero parvient assez rapidement à décrocher des ententes intéressantes dans ces deux secteurs. L’entreprise prend part à la fabrication, par Alstom, des nouveaux wagons pour le métro de Montréal, et fabrique des pièces pour l’avion vedette de Boeing, le 787 Dreamliner, ainsi que pour le Global de Bombardier et le tout nouveau Airbus A320neo.


Du potentiel à développer


Les secteurs des mines et des appareils médicaux ont été plus durs à développer. Voyant les projets miniers ralentir ces deux dernières années, MF2 Aero a mis la pédale douce dans ce secteur, qui en 2012 comptait pour 22 % de son chiffre d’affaires. Elle sent toutefois une reprise dans ce domaine, qu’elle est loin d’abandonner. La firme a bon espoir, en cas de relance, de lancer de nouveaux projets avec ses clients habituels, des fabricants de foreuses au diamant, ainsi que des compagnies d’exploration et de forage.


Le secteur médical, qui a mis du temps à porter ses fruits, pourrait bientôt offrir un autre potentiel de croissance. « Les entreprises y ont souvent tendance à conserver leur développement à l’interne », souligne Frédéric Tremblay. MF2 Areo compte toutefois sur deux clients qui pourraient les lancer dans ce secteur, dont l’un pour lequel elle a développé un appareil de gestion des narcotiques dans les hôpitaux.


Cette année, le chiffre d’affaires de l’entreprise devrait se situer entre 2,2 et 3M$, et l’entreprise vise une croissance de 40 % d’ici 2016 en continuant de développer ses cinq secteurs cibles, en particulier l’aéronautique. « À terme, nous souhaitons que l’aviation représente la moitié de notre chiffre d’affaires, mais réparti entre plusieurs clients et plusieurs types d’appareils, que ce soit les petits avions, les gros porteurs, les hélicoptères, les jets privés, etc. », dit Frédéric Tremblay.


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