Faire les bons choix technologiques

Publié le 04/11/2016 à 08:50

Faire les bons choix technologiques

Publié le 04/11/2016 à 08:50

Fondé en 1992, la firme de Saint-Jérôme Conception Génik accompagne les manufacturiers dans des processus d’automatisation et de robotisation, notamment dans les industries automobile et aéronautique. Si l’entreprise de 70 employés conçoit et fabrique de l’équipement sur mesure, elle intervient généralement bien avant cette étape, au moment de déterminer les besoins.


« Lorsqu’un client nous demande d’office une solution précise, nous vérifions toujours si c’est la meilleure idée pour eux, si c’est l’investissement le plus payant, et souvent ce n’est pas le cas », confie l’ingénieur Donald Turcotte, président fondateur de Génik. Par exemple, si l’entreprise n’a pas une approche de fabrication « lean », l’automatisation ne sera pas optimale.


Investir dans l’équipement manufacturier coûte cher et exige beaucoup d’efforts d’implantation. Une grande partie du succès réside dans une détermination efficace des besoins, et dans le choix des bons équipements.


Il faut aussi savoir pourquoi on veut investir dans l’automatisation. Les entrepreneurs invoquent souvent la recherche de productivité, mais il ne s’agit pas toujours de produire plus ou plus vite. L’automatisation peut augmenter la qualité des produits et surtout maintenir ce niveau de qualité. Elle aide aussi à remplacer certains types de travailleurs durs à trouver, comme des soudeurs. Ou encore à augmenter la santé et sécurité au travail, par exemple en automatisant certaines tâches très répétitives ou risquées.


Un travail d’équipe


Une fois le projet bien établi, l’entrepreneur n’est pas au bout de ses peines. Il lui faut maintenant choisir l’équipement. S’il s’agit d’acquérir un équipement standard, on peut procéder par soumission. Mais la réalité est souvent plus complexe. Plusieurs PME recherchent des équipements sur mesure. Il s’agit alors de dénicher un partenaire d’affaires qui saura contribuer à leur élaboration.


Donald Turcotte soutient qu’il est crucial pour l’entrepreneur d’être très engagé dans ce processus et de ne pas le laisser aux mains du fournisseur choisit. « C’est lui qui connaît le mieux ses procédés et ses besoins, alors que le fournisseur sait ce qu’il peut produire comme équipement, dit-il. C’est vraiment une collaboration. »


Il insiste aussi sur l’importance d’associer les travailleurs à ces changements. Cela permet d’augmenter l’adhésion des employés à l’automatisation. S’ils y sont trop réfractaires, il sera difficile d’en tirer tous les bénéfices. Mais cela assure surtout de profiter des connaissances de ces travailleurs, qui connaissent le mieux tous les petits détails de la production. M. Turcotte confie avoir vu le coût de certains projets d’automatisation fondre de moitié grâce à des changements effectués suite à des échanges avec des travailleurs.


De récieuses informations


« Ce n’est pas évident pour les entrepreneurs de choisir les bons équipements, avance François Gingras, directeur équipements et productivité au Centre industriel de recherche du Québec (CRIQ). Les grandes entreprises ont souvent des groupes d’ingénieurs à l’interne, spécialisés dans leur domaine, pour faire les recherches et la sélection. Ce n’est généralement pas le cas des PME. »


D’autant plus qu’il n’est pas toujours facile d’aller chercher des informations neutres et objectives. Faire la tournée des foires commerciales et des expositions est un must, afin d’avoir un portrait d’ensemble de ce qui existe. Toutefois, les échanges s’y feront beaucoup avec des vendeurs, formés pour vanter les avantages de leurs produits. De la même manière, les agents manufacturiers touchent des commissions des fournisseurs qu’ils représentent.


François Gingras souligne l’importance du référencement, notamment de la part de compétiteurs, dont plusieurs n’hésiteront pas à partager leur avis, non seulement sur certains équipements, mais aussi sur le service qu’ils ont obtenus des équipementiers. Une question cruciale, notamment pour les nombreux équipements achetés de compagnies américaines et européennes. Il faut connaître la qualité du service après-vente offert par ces compagnies au Québec.


Des ressources externes sont disponibles pour donner un coup de main, comme le CRIQ d’ailleurs. « Nous avons beaucoup de ressources techniques, et nous sommes neutres, dit-il. Nous n’avons d’attache avec aucun fabricant d’équipements. »


Retour au dossier S'équiper pour rester à l'avant-plan

À suivre dans cette section


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier

DANS LE MÊME DOSSIER

Sur le même sujet

Fitch abaisse ses prévisions de croissance mondiale

21/09/2018 | AFP

« La guerre commerciale est désormais une réalité », estime Brian Coulton, le chef économiste de Fitch.

Style croissance : une surperformance justifiée

Édition du 15 Septembre 2018 | Stéphane Rolland

La victoire du style croissance sur le style valeur n'a rien d'irrationnel, selon John Rekenthaler, vice-président de ...

À la une

Des obstacles à court terme pour les actions?

Mis à jour il y a 13 minutes | Dominique Beauchamp

BLOGUE. Octobre a déjà mauvaise réputation. La Fed et la saison des résultats pourraient offrir des surprises.

ALÉNA: notre meilleur allié est America inc.

22/09/2018 | François Normand

ANALYSE - Le Canada est aussi un marché stratégique pour les entreprises américaines.

Voir les choses sous un autre angle pour réussir en Bourse

21/09/2018 | Philippe Leblanc

BLOGUE INVITÉ. Cela ne veut pas dire qu’il faut adopter l’opinion contraire à celle du plus grand nombre.