Une pépinière d'idées vertes pour l'agriculture

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Octobre 2015

Une pépinière d'idées vertes pour l'agriculture

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Octobre 2015

Des robots désherbeurs dans un champ de laitue en Montérégie Ouest utilisent la vidéo pour détecter l’emplacement de chaque plant afin d’éliminer mécaniquement les mauvaises herbes entre les rangs.

Malgré les compressions imposées par le gouvernement du Québec, la roue du développement local continue à tourner en région. Gros plan sur des initiatives porteuses.


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La MRC des Jardins-de-Napierville, en Montérégie, a tout à gagner à limiter l'utilisation de pesticides et d'herbicides dans ses champs. «Notre territoire est zoné vert à 98 %. Nous nourrissons donc en légumes une partie du Québec et du nord-est des États-Unis», affirme Paul Viau, préfet de la MRC et maire du canton de Hemmingford. Sur ses 11 municipalités, qui s'étendent du sud de Montréal jusqu'à la frontière américaine, se concentrent plus de 600 entreprises agricoles. «Certains producteurs de légumes embauchent plus de 600 personnes», ajoute Michel Charbonneau, directeur général du CLD des Jardins-de-Napierville.


Le terreau était donc fertile pour la création en 2012 du Pôle d'excellence en lutte intégrée (PELI), piloté par le CLD. Une initiative issue de la volonté des maraîchers du secteur, mentionne Élaine Grignon, agronome et coordonnatrice de l'organisme. «Au départ, il y avait deux comités. Le premier se penchait sur les solutions de rechange habituelles aux produits chimiques dans l'agriculture. L'autre, alarmé par un rapport sur l'état des cours d'eau au Québec, en particulier celui qui traverse notre territoire, cherchait aussi des façons d'améliorer les performances environnementales.»


Les deux groupes ont uni leurs efforts. L'objectif : devenir une pépinière d'idées écologiques pour l'agriculture. «Il y avait vraiment un besoin d'offrir des outils de maillage pour que tout le monde puisse connaître les problèmes vécus dans les champs et les solutions possibles», explique Élaine Grignon. Au total, le PELI réunit une quinzaine de producteurs, une vingtaine de chercheurs et d'autres intervenants qui étudient différentes options.


En plus de stimuler la création de projets de recherche pour développer des solutions écologiques, le PELI a aussi pour mission de les tester et de diffuser au plus grand nombre l'information sur les différentes possibilités. «On offre, par exemple, des formations pratiques dans les champs. Les agriculteurs peuvent donc voir, concrètement, les avantages et les inconvénients des méthodes utilisées», indique-t-elle. De plus, l'organisme a mis au point un «Google en matière de lutte intégrée», rassemblant toutes les données pertinentes sur le sujet.


Levier économique


Le Pôle joue un rôle de levier économique dans l'écosystème de la MRC, bien que sa mission ne se limite pas au secteur des Jardins-de-Napierville. «Certaines entreprises en lutte intégrée ont vu le jour ou ont pris du galon à cause du rayonnement apporté par le Pôle. Le fait d'en parler, de diffuser l'information leur a offert une belle visibilité», souligne Élaine Grignon.


Elle cite en exemple Anatis Bioprotection, située à Saint-Jacques-le-Mineur et spécialisée dans les insectes bénéfiques. Ou encore le Consortium PRISME, de Sherrington, qui a développé des mouches stériles qui évitent la ponte de larves dans les bulbes d'oignons. Autre innovation : des «robots sarcleurs» qui remplacent l'utilisation d'herbicides dans les champs. «Notre territoire est en train de développer une expertise dans ce domaine. Deux entreprises du secteur, Univerco et Agri-Distribution, ont mis au point leurs propres prototypes.»


Toujours pour mettre en valeur l'agriculture, la région a aussi été l'une des premières à lancer un circuit du paysan, il y a 18 ans. D'une poignée de fermiers à l'époque, le parcours compte maintenant une centaine de participants et attire chaque année plus de 50 000 visiteurs.


Maintenir pour mieux servir


Ces projets sont porteurs pour l'avenir de la région, alors que l'ombre des compressions laisse planer l'incertitude. Les coupes gouvernementales en développement économique régional équivalent à 250 000 $ dans la MRC. Autant dire une fortune, indique son préfet. «Nous avons décidé d'attendre avant de prendre des décisions, mais c'est certain qu'il y aura des changements. Cependant, nous tenons à maintenir les activités de notre CLD.» D'ailleurs, l'entente de financement avec la MRC a été reconduite jusqu'au 31 décembre 2015.


Michel Charbonneau se montre optimiste. Son CLD affiche un haut taux de réussite dans l'accompagnement des entreprises. «Chaque mois, ce sont deux entreprises qui naissent grâce à nos services. Leur taux de survie est de 86 % après 5 ans et de 78 % après 10 ans.» Et les autres volets, comme le PELI, sont ancrés dans la réalité régionale. Un gage de succès, selon lui. «Les services que nous avons développés sont uniques et représentent bien la photo de notre région.»


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