Drummondville : autonomie et entrepreneuriat

Publié le 15/10/2015 à 08:00

Drummondville : autonomie et entrepreneuriat

Publié le 15/10/2015 à 08:00

Quand elle a lancé un incubateur industriel, en 1998, la Société de développement économique de Drummondville (SDED) a fait d’une pierre, deux coups. En plus d’être en voie de devenir le plus grand incubateur au Canada, ces installations permettent à l’organisme de générer des revenus, réinvestis localement. Une indépendance bienvenue, en ces temps d’austérité gouvernementale.


Avec la SDED, mise sur pied dès 1984, la ville du Centre-du-Québec a développé un modèle bien à elle. L’organisme se distingue surtout par le fait qu’il génère des revenus de la location des immeubles dont il est propriétaire, comme la maison de l’industrie ou l’incubateur d’entreprises. « C’est un outil de développement qui, au fil des ans, est devenu rentable, car nous n’avons plus de dettes. Ça nous aide à être moins dépendants des subventions gouvernementales », précise Martin Dupont, directeur général de la SDED.


Ainsi, si les coupures ont affecté les organismes locaux partout au Québec, la SDED s’en est somme toute relativement bien tirée. Le financement des CLD ne représentait que 5% des ses budgets. La perte a tout de même totalisé plus de 250 000$. « C’est certain qu’il a fallu se réorganiser et que nous avons dû couper des postes. Mais nous n’avons pas touché à nos services. Nous aurions été plus affectés si nous n’avions pas pu compter sur nos immeubles », indique Martin Dupont.


Les revenus générés au fil des ans ont aussi servi de leviers pour certains projets, comme la construction du Centrexpo Cogéco. Ce centre d‘expositions, de foires et de congrès, propriété de la SDEC, a été inauguré il y a moins d’un an et laisse entrevoir d’intéressantes retombées économiques pour la région. « L’ajout d’un hôtel de 23M$ comptant 12 étages et 140 chambres a déjà été annoncée », indique Martin Dupont. Et pour 2015 seulement, 139 événements y sont à l’horaire, alors qu’on en projetait seulement 24, ajoute-t-il.


Un incubateur qui fait des petits


En plus d’engendrer des profits, l’incubateur industriel de Drummondville offre un précieux coup de main aux futurs entrepreneurs. D’ailleurs, les compagnies en démarrage se bousculent au portillon pour y faire leurs premières armes. « Nous avons beaucoup de demandes, c’est pourquoi nous avons amorcé une troisième phase d’agrandissement de nos installations, qui permettra d’ajouter 15 000 p2 et huit nouveaux locaux », indique Martin Dupont. Cet ajout permettra à l’incubateur de devenir l’un des plus grands au Canada. Actuellement, les installations comptent deux immeubles, totalisant 40 000 pieds carrés et 25 locaux.


Les start-up bénéficient d’une multitude de services, avec des bureaux tout équipés qui donnent directement sur ceux de la SDED. Les nouveaux entrepreneurs ont donc toute l’expertise du centre et de ses conseillers à portée de main. D’ailleurs, pour être incubés, ils sont obligés d’avoir un mentor, indique Martin Dupont. « Nous offrons également des fonds sans garantie et sans intérêt, car rares sont ceux qui veulent investir dans une jeune entreprise qui n’a pas encore de clients. »


La SDED vient également de conclure une entente avec la ville de La Roche-sur-Yon, en France et est en pourparler avec celle de Jiaxing en Chine. Les entreprises de Drummondville pourront s’installer dans leurs locaux des incubateurs de ces deux villes gratuitement pendant un an. L’inverse est aussi vrai. D’ailleurs, deux compagnies de l’Hexagone se sont montrées intéressées à avoir un pied-à-terre à Drummondville pour explorer le marché québécois.


Un emploi à la fois


Jusqu’en maintenant, l’incubateur a permis de couver une centaine de PME qui ont créé 400 emplois dans la région. Autant de petites victoires pour améliorer le tissu économique de Drummondville, soutient son maire. Car c’est en jouant la carte de la diversification et de l’entrepreneuriat, que la ville a réussi à tirer un trait sur son passé mono industriel.


Des efforts qui semblent porter leurs fruits. En effet, Drummondville a le vent en poupe. Ces parcs industriels se remplissent rapidement et les emplois sont nombreux. Autre signe : en 2014, la municipalité a pu compter sur 220M$ en investissement dans le secteur manufacturier. « C’était une année record et nous sommes en bonne voie pour dépasser ce sommet en 2015 », indique le maire Alexandre Cusson.

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