Quand les politiciens débarquent en ville

Offert par les affaires.com

Publié le 15/02/2018 à 14:24

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Par Claudine Hébert

G7, Sommet des Amériques, congrès, conseils généraux et caucus des partis politiques, quel est l’impact pour une destination lorsqu’elle reçoit la visite de politiciens venant d’ici et du monde entier ?


«C’est bon pour la notoriété de l’établissement», soulève d’emblée Nathalie Beauchamp, directrice des ventes du Fairmont Château Montebello. Rappelons que l’établissement, situé dans l’Outaouais, a été le tout premier hôtel au Canada à recevoir le G7 en 1981.


La rumeur veut que le premier ministre Pierre-Elliott Trudeau ait choisi le Château Montebello, d’abord pour sa prestance (il s’agit encore de la plus grande structure hôtelière en bois au monde). Mais surtout parce que le premier ministre fréquentait régulièrement l’endroit.  À l’époque, son fils Justin étudiait au collège privé Sedberg School, au nord de Montebello. Ce collège a fermé ses portes en 2010.


Au lendemain du G7, le taux d’occupation annuel de l’hôtel a grimpé d’au moins 10%, révèle Nathalie Beauchamp. Cet événement, qui réunissait entre autres le président américain Ronald Reagan et la première ministre britannique Margaret Thatcher, a permis d’attirer dans les années qui ont suivi d’autres rendez-vous internationaux d’envergure, dit-elle. Notamment le sommet de l’OTAN en 1983, la rencontre Bilderberg (qui rassemble une centaine de politiciens, banquiers et industriels de la planète) également en 1983, ainsi que le sommet des leaders nord-américains en 2007, qui réunissait le premier ministre du pays Stephen Harper, le président américain Georges W. Bush et le président du Mexique, Felipe Calderon.


« Notre équipe des ventes utilise systématiquement la tenue de ces événements prestigieux comme arguments de ventes auprès des organisateurs de congrès », admet Nathalie Beauchamp. Une formule qui contribue au succès de l’hôtel. En 2017, le Château Montebello a enregistré 125 événements de 40 nuitées et plus.


Quelles seront les retombées pour La Malbaie et la région de Charlevoix?


« Tout dépend comment va se dérouler l’événement », soutient Jean-François Dumas, président et fondateur d’Influence Communication. Mais d’ores et déjà, dit-il, c’est une organisation titanesque qui fait parler d’elle à travers le globe. « Le G7, c’est la crème de la crème des événements politiques de la planète. La dernière fois qu’il a été question des infrastructures du prochain G7 dans Charlevoix, le sujet a généré plus de 5000 reportages dans le monde. Et ce, qu’à la radio et à la télé », signale M. Dumas.


Cet expert en communication croit que l’événement permettra d’améliorer l’image médiatique du Québec à travers le monde. Une image, qui en 2017, relevait davantage de reportages de faits divers. Notamment avec l’arrivée massive des immigrants venus des États-Unis, indique-t-il.


Et sur le plan touristique international ? Il pourrait y avoir de beaux effets collatéraux, poursuit M. Dumas. « Dans notre jargon, on appelle ces effets, les « By the way… ». Autrement dit, certains journalistes internationaux pourraient profiter de leur reportage pour glisser quelques mots et belles images sur les attraits de la région. » 


Il ne faut pas toutefois s’emballer trop vite, réplique Pierre Labrie, consultant en tourisme. M. Labrie était directeur général de l’Office de tourisme de Québec lorsque la Capitale nationale a été le théâtre du Sommet des Amériques en avril 2001. « Nous avions préparé plus de 3000 dossiers touristiques pour l’ensemble des journalistes présents à Québec. À peine une centaine se sont montrés intéressés par notre documentation », se souvient-il.


Que ce soit en bien ou en mal, parlez-en


Remarquez, la notoriété de ces événements politiques peut servir même si leur souvenir est moins reluisant, soulève Yves Bernier, délégué commercial du Groupe Villegia.


À Victoriaville, souligne-t-il, l’Hôtel et centre de congrès Le Victorin, membre du groupe Villegia, a accueilli près d’une quinzaine de caucus, congrès et forums de partis politiques provinciaux et fédéraux depuis son ouverture en 2007. De toutes ces rencontres, l’événement politique le plus marquant demeure le Conseil général du parti libéral du Québec en mai 2012. Rendez-vous lors duquel près de 2000 manifestants en lutte contre la hausse des frais de scolarité avaient déclenché une émeute. Dire que le parti libéral avait déménagé l’événement de Montréal à Victoriaville afin justement d’éviter les manifestants.


Au moins dix personnes avaient été blessées gravement et plus d’une centaine avaient été arrêtées par les forces de l’ordre. « Ce n’est malheureusement pas un événement très glamour dans la jeune histoire de l’hôtel. Pourtant, cet incident nous a définitivement positionné sur la carte des adresses congrès de la province. Il suffit d’y faire référence pour que les organisateurs de congrès sachent instantanément qui nous sommes », reconnaît Yves Bernier, délégué commercial pour le groupe Villegia. L’an dernier, l’établissement hôtelier de Victoriaville a généré 79 événements de 40 nuitées et plus. Du jamais vu pour l’hôtel.


Opération séduction


Mais comment séduit-on les organisations politiques ? « Ça prend un établissement qui offre un bon rapport qualité/prix aux organisations », soutient Véronique Plouffe, déléguée commerciale à l’Hôtel Mont-Gabriel, à Sainte-Adèle. Le complexe hôtelier, qui a tenu en janvier dernier un caucus de la CAQ, recommence à attirer les formations politiques depuis ses rénovations majeures en 2016. Mais attention, avertit-elle, les organisations politiques se montrent frileuses face aux hôtels de grande renommée et de prestige par crainte de générer une mauvaise perception de la population envers leur parti.


Mme Plouffe soutient que les organisations politiques favorisent les établissements qui font preuve d’une grande flexibilité et dont le personnel sait demeurer discret. « Elles aiment aussi avoir l’exclusivité des lieux pour ne pas gêner les autres clients », constate la déléguée commerciale de l’hôtel des Laurentides.


Les organisations politiques privilégient les hôtels qui offrent suffisamment d’espace pour leurs activités. Il recherche un complexe hôtelier dont la configuration facilite le travail du personnel de sécurité, renchérit Catherine Arguin, déléguée commerciale à l’Hôtel Delta Sherbrooke par Marriott, Centre de congrès. Ces organisations, ajoute-t-elle, vont également favoriser un établissement qui bénéficie d’une localisation centrale. Raison pour laquelle le Delta Sherbrooke reçoit régulièrement la visite des principaux partis provinciaux depuis près de 30 ans. En novembre dernier, l’hôtel était justement l’hôte du conseil général de la CAQ. Un événement, qui a largement été médiatisé, souligne Mme Arguin. Il faut dire que les membres du parti libéral étaient, eux aussi, réunis au Centre de congrès de Québec pendant le même week-end. « Ce qui a favorisé les confrontations entre les chefs de partis. Du coup, le nom de notre hôtel a été mentionné à maintes reprises pendant trois jours. On ne pouvait demander meilleure visibilité. »


 

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