Pour réussir, les jeunes avocats doivent réseauter


Édition du 23 Janvier 2016

Pour réussir, les jeunes avocats doivent réseauter


Édition du 23 Janvier 2016

Michèle Denis, directrice, ressources professionnelles, au cabinet Stikeman Elliott.

La carrière en droit des affaires tient plus du marathon que du sprint. Pour s’assurer d’atteindre le fil d’arrivée, il faut travailler fort, mais surtout répondre aux attentes des employeurs. Que veulent les cabinets ?


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« Le contexte actuel modifie un peu le cheminement de carrière des jeunes avocats, lance Caroline Haney, propriétaire de Recrutement juridique Haney inc. Les entreprises leur confient moins d’ouvrage, donc les avocats capables de contribuer au recrutement de clients sont très appréciés et ont de bonnes chances de progresser plus rapidement. »


Bien sûr, personne ne s’attend à ce qu’un jeune avocat fraîchement diplômé du Barreau relance le développement des affaires d’un cabinet. Toutefois, il est crucial, selon Me Haney, de commencer tôt à réseauter. Cela peut se faire de multiples façons. Dès les études, il est possible de militer dans l’association étudiante, de travailler pour un journal étudiant. Plus tard, on peut être un membre actif du Jeune Barreau, se rendre aux cinq à sept, courir les formations, les chambres de commerce, etc. Les occasions ne manquent pas.


Le réseautage ne vise pas seulement à créer des liens qui permettront éventuellement de recruter des clients. C’est aussi une manière de se protéger, rappelle Dominique Tardif, vice-présidente de ZSA Recrutement juridique. Il est crucial de créer des liens dans son milieu, mais aussi à l’extérieur du cabinet, au cas où l’on aurait envie ou besoin de changer d’employeur.


Me Tardif suggère de plus aux jeunes avocats de se trouver des mentors à l’intérieur du cabinet, lesquels pourront les conseiller et leur fournir des occasions de se démarquer. Mais attention, il ne s’agit pas de s’isoler et de rester dans l’ombre d’un seul avocat. Car si celui-ci quitte le cabinet, le jeune avocat se retrouvera vite isolé.


Une industrie exigeante


« Pour réussir en droit des affaires, il faut des aptitudes pour les affaires, pas juste en droit, afin de comprendre les objectifs de nos clients et le contexte dans lequel ils opèrent, note pour sa part Me Mario Charpentier, associé directeur au cabinet BCF. Il faut aussi savoir faire preuve de tact et démontrer de réelles qualités de communication, car certains dossiers, comme la relève d’entreprise ou le transfert d’entreprise, peuvent être délicats. »


À ce titre, les cabinets valorisent les candidats qui se démarquent par une certaine expérience de vie et une ouverture aux autres cultures, note Me Xavier Van Overmeire, avocat-conseil chez Dentons. « L’expertise légale est très importante, mais il faut beaucoup plus que cela pour bien servir nos clients et se démarquer », précise-t-il.


« C’est une industrie exigeante, prévient Me Michèle Denis, directrice, ressources professionnelles, au cabinet Stikeman Elliott. Pour avancer, il faut démontrer que l’on est prêt à en faire toujours plus et à se dépasser. Il est aussi important de savoir apporter une contribution originale à certains dossiers, offrir un petit plus qui peut faire la différence. »


Il faut surtout, croit-elle, éviter les attitudes négatives. « C’est vrai avec les autres avocats comme avec les clients, poursuit-elle. Il faut toujours être en mode solution. »


La place que prennent désormais les nouvelles technologies dans l’exécution des mandats représente un atout important, qui offre un avantage aux jeunes avocats. « Les clients deviennent de plus en plus exigeants sur ce plan, confie Me Denis. Certains font même passer des tests en ligne aux avocats affectés à un mandat, afin de vérifier leurs compétences dans l’utilisation des technologies de l’information. Un avocat peut se démarquer par une maîtrise de ces outils supérieure à la moyenne. »


Mais ce qui est peut-être plus important que tout pour les jeunes avocats, selon Me Tardif, c’est de trouver le champ de pratique qui les passionne. « Quand on aime ce qu’on fait, c’est plus facile d’y mettre toutes les heures de travail nécessaires à la réussite », rappelle-t-elle.


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