«Viser la pérennité» - Pierre Claprood

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 22/10/2012 à 13:56

«Viser la pérennité» - Pierre Claprood

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 22/10/2012 à 13:56

Pierre Claprood, ex-chef de la direction d’Agropur, à la retraite depuis mars 2012, a reçu le Prix Hommage Bâtisseur – coopérative. Entré à Agropur comme analyste financier en 1982, il a gravi les échelons pour atteindre le poste de chef de la direction en 2004, après avoir été président de la division Natrel pendant dix ans. Entrevue avec une figure de proue du mouvement coopératif au Québec.


Les Affaires - Quel a été votre principal défi à la tête d’Agropur?


Pierre Claprood - J’ai travaillé chez Agropur pendant plus de 20 ans avant d’arriver à la tête de la coopérative. Mon principal défi a été d’amener l’organisation à prendre de l’expansion hors du Canada et de convaincre toute l’équipe d’adhérer à cette démarche. Un autre de mes défis a été de maintenir la bonne situation financière de l’entreprise tout en poursuivant cette croissance.


L.A. - Quelle est la réussite dont vous êtes le plus fier?


P.C. - C’est d’avoir réussi notre expansion hors du Canada et d’avoir amené les gens de l’entreprise - autant le conseil d’administration que l’équipe de direction et tous les employés - à y contribuer. Pour assurer la survie de la coopérative, il fallait prendre cette expansion tout en maintenant les résultats financiers. Nous y sommes arrivés.


En réalité, le fait de prendre de l’expansion n’est pas si difficile. L’acquisition d’une ou deux entreprises peut se réaliser relativement vite. Mais pour faire le bon choix, il faut souvent dire non plusieurs fois avant de trouver l’entreprise qui rejoint notre culture. Toute l’équipe a travaillé ensemble en composant avec des budgets serrés.


L.A. - Qu’a représenté pour vous le fait de diriger une coopérative?


Le fait de travailler avec des membres coopérateurs amène une dimension démocratique. Dans une entreprise privée, il faut convaincre ceux qui ont l’argent pour progresser. Dans une coopérative, il faut convaincre les membres puisque chacun vaut un vote. Chez Agropur, j’ai eu la chance de compter sur un excellent conseil d’administration avec un bon président à la tête. Le CA jouait pleinement son rôle vis-à-vis de ses coopérateurs. Il transmettait bien le message de la direction et savait parler à son monde.


Agropur, en tant que coopérative laitière, doit mettre en marché le lait de ses membres et s’assurer de la qualité des installations. Elle ne vise pas nécessairement un profit maximal comme dans une entreprise puisque l’objectif n’est pas de vendre la coopérative. Néanmoins, toute entreprise, coopérative ou non, doit faire de l’argent, car sa survie en dépend. Il en faut pour renouveler les équipements, attirer des employés compétents et de nouveaux membres. Mais l’objectif poursuivi demeure la pérennité.


Des résultats à la hauteur


Sous la férule de Pierre Claprood, la coopérative, fleuron de l’industrie laitière au Québec, avec 3 349 membres producteurs de lait et 5 700 employés, a pris de l’expansion à l’étranger, notamment aux États-Unis. Serge Riendeau, président d’Agropur, l’a rappelé lors du départ récent à la retraite de Pierre Claprood : « En plus d’assurer l’expansion de la coopérative aux États-Unis, par l’accomplissement de nombreuses acquisitions au cours des dernières années, il est à l’origine de notre présence en Amérique du Sud depuis 2007. » En 2011, 25,9 % du chiffre d’affaires de la coopérative provenait de ses activités à l’étranger.


Pierre Claprood laisse la coopérative dans un bon état financier, un défi qu’il a mené en parallèle à celui de l’expansion à l’étranger. L’année dernière, le chiffre d’affaires était de plus de 3,6 milliards de dollars, dont 164,8 millions d’excédents avant ristournes.


Elle transforme plus de 3 milliards de litres de lait par an dans 27 usines réparties au Canada, aux États-Unis et en Argentine. Par le biais de ses marques –Natrel, Québon ou encore Oka-, la coopérative commercialise des produits laitiers divers (yogourts, fromages, lait etc.).


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