Une excellente récolte pour Anderson

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 22/10/2012 à 13:50

Une excellente récolte pour Anderson

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 22/10/2012 à 13:50

Les trois dernières années ont été époustouflantes pour le Groupe Anderson. Le chiffre d’affaires est passé de 13 millions de dollars à 24 M$ et le nombre d’employés de 75 à 110.


«Nous sommes un beau cas de relève entrepreneuriale. Luc D’Amours et Frédéric Lavoie, mes deux associés qui sont également dans la trentaine, et moi-même formons une équipe dynamique. Nous avons réussi à accroître nos ventes de près de 90 % en trois ans en innovant, en perçant de nouveaux marchés et en travaillant très fort», souligne Patrice Desrochers, pdg de l’entreprise spécialisée dans la fabrication de machineries agricoles. Né sur une ferme laitière, il a eu la chance de travailler avec des équipements Anderson dès son jeune âge. Ses deux partenaires, qui sont ingénieurs, ont eux aussi grandi sur des terres agricoles. «Nous avons des expertises qui se complètent. Cela nous aide à mieux interpréter la réalité du marché et à prendre de meilleures décisions.»


Patrice Desrochers, qui a amorcé sa carrière chez Anderson comme contrôleur pour ensuite gravir les échelons, a donné un second souffle à cette entreprise de Chesterville, son village natal. La flamme entrepreneuriale s’est allumée lorsqu’au-delà des chiffres, le jeune homme a vu tout le potentiel de l’entreprise. Et par-dessus-tout, c’est le succès collectif qui le motive.


Relève


En janvier 2012, le trio de jeunes entrepreneurs a finalisé le rachat des actions de l’entreprise. « Dany Poisson, un des anciens propriétaires, m’a pris sous son aile et m’a appris tous les rudiments de l’entreprise. J’ai été bien encadré.» Le jeune homme de 30 ans n’a pas tardé à mettre en place un conseil d’administration composé de gens d’affaires de la région cumulant des expériences diverses.


«Ça nous empêche de faire des écarts de conduite de débutants. On présente nos plans de match agressifs et ils nous challengent pour s’assurer que l’on va dans la bonne direction pour la croissance de l’entreprise», souligne le détenteur d’un baccalauréat en management de l’Université Laval.


Déjà présente sur le marché nord-américain, Anderson a mis le cap sur l’Europe. Patrice Desrochers estime avoir voyagé 18 semaines par année au cours des trois dernières années. «On n’avait aucun contact. On a parcouru le marché européen par le biais des expositions de machinerie agricole avec notre produit innovateur, le BioBaler, une presse à biomasse qui a suscité beaucoup d’intérêt. Ça nous a donné beaucoup de visibilité et de crédibilité.»


Malheureusement, la crise économique européenne est venue freiner les ventes. Mais la partie n’était pas perdue pour autant. «Lorsqu’on allait là-bas, on en a profité pour faire de la prospection pour nos produits agricoles. C’est une autre innovation qui nous a permis de se démarquer.»


Le Xtractor, une technologie brevetée, est un cylindre téléscopique qui permet de sortir la dernière balle de foin plus aisément de l’enrobeuse à boudin. «Notre innovation a révolutionné le marché et généré un gros marché de remplacement de machines en Amérique du Nord comme en Europe», explique le jeune homme.


Le Xtractor et le BioBaler ont gagné chacun Prix Innovation en 2011 de l’American Society of Agricultural and Biological Engineers (ASABE). Finaliste des Prix Desjardins Entrepreneurs 2012, dans la catégorie Innovation et productivité, l’entreprise a le vent dans les voiles.


Croissance


La croissance rapide des trois dernières années a nécessité un ajustement de la production. Les principes Kaizen, Lean et Juste à temps ont été mis en place. La production, autrefois beaucoup trop saisonnière, a été nivelée sur 12 mois. «Ça a demandé beaucoup d’efforts pour améliorer les lignes de production et trouver les ressources pour fabriquer ces machines. Ce n’est pas facile quand on est dans un petit village d’attirer du monde qualifié.»


L’opération séduction a porté fruit. «On offre des salaires intéressants, une stabilité d’emplois et on a amélioré nos avantages sociaux. On a aussi réussi à bâtir une grande fierté de travailler chez Anderson. Ça devient de plus en plus facile d’attirer les bonnes ressources.»


Pour poursuivre la croissance, Patrice Desrochers songe à réaliser quelques acquisitions. «On n’a pas le choix de compléter et d’augmenter notre gamme de produits agricoles pour soutenir notre réseau de distribution à long terme. On embarque dans cette nouvelle dynamique qui représente un autre grand défi.»


Activité : manufacturier de machineries agricoles


Année de fondation : 1988


Siège social : Chesterville (à dix minutes de Victoriaville)


Effectif : 110


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