Ouvrir son capital, la solution pour Marquis Imprimeur

Publié le 23/04/2015 à 10:54

Ouvrir son capital, la solution pour Marquis Imprimeur

Publié le 23/04/2015 à 10:54

Le marché de l'impression est à l'heure de la consolidation. Marquis Imprimeur, une PME dans le domaine de l'impression de livres, a donc cherché plusieurs façons de se financer pour réaliser des acquisitions. Depuis 10 ans, l'entreprise est ainsi passée d'un chiffre d'affaires de 17 millions de dollars à 60 M$. « Les anglophones disent « the last one standing ». On est le dernier des cowboys qui va rester sur son cheval », lance Serge Loubier, président de Marquis Imprimeur pour illustrer sa stratégie.


Marquis Imprimeur a d'abord fait l'acquisition d'Interscript, un de ses compétiteurs, et d’Imprimerie Laurentien, spécialisée dans les agendas scolaires et les albums de finissants. Afin d'aller plus loin dans cette consolidation, Serge Loubier a dû accepter de réduire légèrement son pouvoir comme propriétaire. Son sacrifice, et celui des deux autres copropriétaires, Pierre Fréchette et Marc Delisle, est survenu au moment où la PME a réalisé l'acquisition des usines de Transcontinental de Sherbrooke et de Louiseville en 2012.


La PME a alors cédé un plus gros pourcentage d'actions à Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD), qui investissait déjà en capital-action dans l'entreprise. « C'est la façon par laquelle on a pu faire la transaction sans grever notre fonds de roulement », explique le pdg. Se limiter à l'emprunt leur apparaissait inconcevable. « On a acheté deux fois plus gros que nous en terme de chiffres d'affaires », évoque-t-il. L'entreprise est alors passée de 150 employés à environ 325 et tout le montage financier devait être revu.


Une question de survie


Selon Serge Loubier, c'est la pérennité de l'entreprise qui était en jeu. « On était plus à l'aise d'avoir un peu moins d'actions et de se retrouver dans une entreprise très solide que d'avoir toutes les actions de quelque chose de petit, parce que dans notre marché, on pense que ce sont les joueurs les plus forts qui vont réussir ». Il possède aujourd'hui moins d'actions que CRCD, qui demeure en revanche un actionnaire minoritaire.


Aux entrepreneurs se trouvant dans une situation similaire à la sienne, le pdg conseille de trouver des partenaires institutionnels plutôt que des investisseurs motivés par leurs intérêts personnels. Chez Marquis, ils préféraient d'ailleurs se limiter à un seul autre actionnaire, soit CRCD.


« Je préconise beaucoup plus ce type d'approche pour aller de l'avant et aller vite dans des dossiers. Avec huit personnes autour de la table, c'est presque impossible de faire ramer tout le monde dans le même sens », dit-il. « Avec la vitesse à laquelle on a fait notre croissance, c'était important d'avoir des partenaires institutionnels qui ne s'enfargeaient pas trop dans les fleurs du tapis ».


Une masse critique


Pour certaines acquisitions, Marquis Imprimeur a aussi recouru à une balance de prix, soit le paiement en différé d'une partie de la transaction à l'autre partie impliquée. C'est ainsi qu'il a pu conclure l'acquisition des deux usines de Transcontinental et celle de certains actifs de l'imprimerie Lebonfon, à Val d'or, en 2014.


Marquis Imprimeur a par ailleurs fermé ses usines de Sherbrooke, de Cap-Saint-Ignace et de Montmagny pour les regrouper dans une nouvelle usine du parc industriel de Montmagny. « Cette masse critique nous permet d'avoir accès à des technologies d'impressions auxquelles les petits imprimeurs n'ont pas accès », soulève Serge Loubier. Le chiffre d'affaires de Marquis Imprimeur lié à ses activités aux États-Unis a bondi de 400 000 $ à 10 M$ en trois ans. Pour l'Europe, la PME s'attend à réaliser des revenus de 5 M$ cette année.


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