Une aide précieuse dans l'analyse de données

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

Une aide précieuse dans l'analyse de données

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Édition du 19 Novembre 2016

[Photo : 123RF/pixelery]

En s'interrogeant sur la meilleure façon d'accroître son impact social, la multinationale de marketing et de fidélisation Aimia (anciennement Groupe Aéroplan) s'est rendu compte que ses analystes de données pourraient apporter une aide précieuse en mettant leur talent à la disposition d'organismes à but non lucratif (OBNL). «L'expression "bénévolat axé sur les compétences d'analytique de données" est lourde, donc nous avons choisi "philanthropie de données"», précise Anne-Josée Laquerre, directrice, vocation sociale et pérennité de cette entreprise de 3 200 employés.


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Le Centre international d'éducation aux droits humains Equitas a été parmi les premiers à bénéficier de cette initiative au Québec. «Nous travaillons avec des milliers de personnes dans le monde. C'est donc important d'avoir des outils qui nous permettent de saisir les données et de les gérer efficacement», note son directeur général, Ian Hamilton.


Ainsi, une «équipe d'entraide Aimia», composée de cinq employés en provenance d'aussi loin que la Suisse, Singapour et l'Australie, a été détachée à Montréal en juin 2014 pour analyser la banque de données d'Equitas. Le premier objectif était d'aider celle-ci à améliorer sa gestion et son partage d'informations et de connaissances.


Après une semaine de travail, l'équipe a présenté un bilan détaillé. «Ils étaient très engagés, dit M. Hamilton. Leur rapport était très complet ; il ne contenait pas juste de bonnes idées, mais aussi des pistes d'actions. Avec leurs recommandations, nous avions notre feuille de route pour aller de l'avant.»


La preuve en est que, deux ans plus tard, l'organisme a «presque terminé» de les mettre en place. Equitas a entre autres développé un formulaire d'inscription en ligne pour son activité phare, le Programme international de formation aux droits humains. Un événement auquel les employés «philanthropes» ont pu assister, se sensibilisant au passage à la cause.


Événements rassembleurs


Le succès de l'expérience a incité Aimia à mettre au point une formule facilement reproductible dans les 17 pays où elle oeuvre.


«Nous organisons maintenant des événements d'une ou deux journées durant lesquelles une cinquantaine d'analystes se penchent ensemble sur les données d'un OBNL», explique Anne-Josée Laquerre.


Depuis 2012, une cinquantaine d'organismes en ont bénéficié, dont Vétérinaires Sans Frontières, la fondation 60 millions de filles et le Centre de toxicomanie et de santé mentale ontarien. En avril dernier, plus de 150 employés postés à Dubaï, Minneapolis, Toronto et Londres ont par exemple passé 2 000 heures à analyser plus de 75 millions de rangées de données dans le cadre de la première Semaine mondiale de la philanthropie des données. L'an prochain, mars sera déclaré Mois de la philanthropie des données.


«La formule d'une semaine a très bien fonctionné, mais l'étendre à un mois permettra aux régions de s'entraider davantage», dit Anne-Josée Laquerre.


Aimia mise en effet beaucoup sur l'esprit d'équipe et le sentiment d'appartenance qui se développent grâce à ses événements philanthropiques. «Ce sont des défis qui allument nos analystes, ils sont motivés à les réaliser, poursuit-elle. Quand ils en sortent, ils sont encore meilleurs, parce qu'ils ont examiné des données et des enjeux complètement différents de ceux qu'ils analysent au quotidien.»


Inspirer les universitaires


Aimia est devenue en avril l'un des membres fondateurs de l'Institut de valorisation des données (lVADO), qui souhaite favoriser la collaboration entre le milieu universitaire québécois et les entreprises. «Nous avons émis l'idée d'y développer un pôle de philanthropie, raconte Mme Laquerre. Il s'agit d'une belle occasion d'apprentissage, de réseautage et de sensibilisation sociale pour les étudiants et les professeurs.»


Fort des conseils de l'entreprise, l'Institut développe sa propre formule d'analyse de données bénévole destinée aux OBNL, qui devrait être intégrée au cursus dès cet hiver. «Nous voulons qu'un groupe d'étudiants travaille pendant une session sur les mêmes données», résume la directrice exécutive de l'IVADO, Valérie Bécaert.


Les premiers partenariats sont en train d'être conclus avec des organisations du milieu culturel. Ce sera l'occasion pour des étudiants, entre autres en informatique et en mathématiques, de constater la polyvalence de leur expertise. «Dans tous les domaines, des décisions doivent être prises en se basant sur de l'information, et celle-ci provient des données que l'on doit faire parler», fait valoir Mme Bécaert.


Autant l'IVADO qu'Aimia comptent sur ce projet pour inciter d'autres firmes d'analyse de données à faire bénéficier la communauté de leurs compétences. «Dans le fond, nous encourageons chaque entreprise à se demander comment elle peut créer de la valeur sociale avec ce qu'elle fait le mieux», conclut Anne-Josée Laquerre.


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