SiliCycle: créer une bonne chimie pour s’implanter

Publié le 06/10/2015 à 17:01

SiliCycle: créer une bonne chimie pour s’implanter

Publié le 06/10/2015 à 17:01

SiliCycle est déjà installé en Inde et en France. L’entreprise de Québec, spécialisée dans la commercialisation de gels de silice et d’outils de recherche utilisés entre autres dans l’industrie pharmaceutique, compte maintenant s’implanter en Chine.


Le début du projet remonte à 2002. C’est à ce moment que SiliCycle a commencé à vendre ses produits en Chine et que ses dirigeants ont visité le pays pour la première fois. L’entreprise voulait suivre ses clients, de grandes pharmaceutiques, qui avaient commencé à s’y installer.


« Les ventes étaient toutefois en dents de scie. On a réalisé qu’il fallait avoir une meilleure présence en Chine », dit le président Hugo St-Laurent.


En 2012, SiliCycle a profité de l’aide d’Expansion Québec, ce qui lui a permis d’avoir un bureau physique à Shangai. En février 2014, l’entreprise a envoyé un de ses employés s’installer là-bas.


« Avant cela, la personne en charge était un employé chinois, raconte Hugo St-Laurent. Ça ne fonctionnait pas. Elle nous voyait aux trois mois et n’avait pas de sentiment d’appartenance. Elle a fini par nous quitter. C’est là qu’on a réalisé qu’il fallait envoyer un membre de l’équipe sur place. »


Aujourd’hui, la Chine est au troisième rang des pays où SiliCycle vend le plus après l’Inde, en seconde position, et les États-Unis, en première position. Plus précisément, 6 % des ventes proviennent de la Chine comparativement à 7 % de l’Inde. Plus de la moitié des ventes sont réalisées aux États-Unis.


L’entreprise de cinquante employés a maintenant quitté les bureaux d’Expansion Québec et louera bientôt ses propres bureaux à Shanghai. Elle compte aussi engager trois ou quatre employés chinois qui seront encadrés par l’employé du Québec envoyé sur place.


« Cette fois-ci, on pourra vraiment bâtir quelque chose », dit Hugo St-Laurent.


L’entreprise fondée en 1995 prévoit également procéder à quelques changements sur les plans légal et fiscal. Elle planifie notamment créer une structure indépendante, un WOFE, ou Wholly Foreign-Owned Enterprise, ainsi qu’un holding basé à Hong Kong, qui en sera propriétaire. Cette stratégie lui permettra de facturer directement ses clients en Chine.


« Actuellement, on fait tout passer par nos distributeurs, explique Hugo St-Laurent. On continuera de travailler avec eux, mais on ira aussi chercher de nouveaux clients sans intermédiaire. »


Cette implantation en Chine pourrait contribuer à nourrir la croissance de SiliCycle. À ce jour, l’entreprise qui tire 95 % de son chiffre d’affaires des ventes à l’étranger a connu une croissance de 22 % en 2015. L’an dernier, la croissance avait atteint 17 %. 


Prendre racine


S’implanter à l’étranger n’est pas une mince affaire. Comme les résultats sont rarement garantis, il faut au moins s’assurer d’avoir les capacités nécessaires pour mener le projet à bien. On doit aussi évaluer les risques qui y sont associés.


« L’écrasante majorité des pays ont par exemple une devise qui n’est pas exportable, c’est-à-dire qu’elle ne vaut rien à l’extérieur du pays. On ne peut pas l’échanger », dit Belgacem Rahmani, professeur au département d’affaires internationales de HEC Montréal.


Le transfert des profits peut alors poser problème.


Le renminbi - le nom officiel de la monnaie chinoise -, par exemple, n’est pas exportable, explique le professeur. Mais la Chine détient beaucoup de liquidités internationales comme des dollars ou des euros. Il est donc relativement facile de changer ses yuans en une autre devise pour rapatrier ses profits.


Le Niger, par contre, a dans ses coffres une quantité de devises internationales suffisante pour payer seulement trois mois d’importations, raconte Belgacem Rahmani.


« Les autorités gardent cet argent pour acheter des produits de première nécessité, comme la poudre de lait, le blé et le sucre. Comment voulez-vous, à ce moment-là, qu’on vous change la devise locale en dollars canadiens ou américains? »


Il faut aussi s’assurer de respecter les lois. Dans certains pays, la législation pourrait imposer aux entreprises étrangères d’embaucher de la main d’œuvre locale. Ailleurs, les lois changent rapidement. C’est un risque à évaluer.


« Il faut créer un plan de match qui tienne compte de ces éléments... même si des imprévus risquent de nous pousser à le réviser dès le début de l’implantation. »

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