La flamme de l'or se rallume à la Baie-James

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Septembre 2016

La flamme de l'or se rallume à la Baie-James

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Édition du 10 Septembre 2016

Les résultats publiés par Ressources Sirios à la fin de mars ont déclenché une petite ruée autour de la mine Éléonore, au nord-est du réservoir Opinaca.

Au moment où le cours de l'or profite de l'incertitude sur les marchés mondiaux, les regards se tournent de plus en plus vers la Baie-James. Les résultats publiés par Ressources Sirios à la fin de mars ont déclenché une petite ruée autour de la mine Éléonore, au nord-est du réservoir Opinaca.


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«On a rallumé la flamme dans le secteur Opinaca-Éléonore, il n'y a pas de doute là-dessus», dit d'emblée Dominique Doucet, président et chef de direction de Sirios.


Tout a commencé le 29 mars dernier, lorsque la petite société de Montréal a publié les résultats de sa modeste campagne d'hiver, qui dépasse à peine 4 000 mètres (m).


La découverte d'une section de 12,08 grammes par tonne (g/t) d'or sur 20,3 m sur sa propriété de Cheechoo, près du réservoir Opinaca, a attiré rapidement l'attention des autres sociétés présentes dans le secteur. Surtout, ce sont les potentielles similarités avec le gisement de la mine Éléonore, située à moins de 10 kilomètres, qui frappent l'imagination.


Sirios s'était d'abord concentrée sur des intrusions de tonalite, une roche magmatique d'origine plutonique, similaire au granit. «On a commencé à trouver de belles teneurs aussi dans des zones adjacentes, de type méta-sédimentaire, qui sont les mêmes roches hôtes qu'à la mine Éléonore», explique M. Doucet. «Ça commence à démontrer qu'il y a peut-être d'autres Éléonore dans le secteur.»


Il n'en fallait pas plus pour convaincre son voisin Goldcorp, qui venait tout juste d'acquérir 9,9 % du capital-actions de Sirios, d'augmenter immédiatement sa participation à 19,9 %, à la suite d'un nouveau placement de 1,35 million de dollars réalisé à la fin d'avril.


Au total, Sirios a levé 5,5 M$ dans la foulée de son annonce de mars.


Il faut dire que celle-ci est survenue dans un contexte propice : après une remontée rapide amorcée en janvier, l'or venait de faire une première embardée au-dessus des 1 250 $ US l'once, et le secteur reprenait des couleurs après des années de morosité.


La tendance s'est confirmée depuis, puisque l'once a dépassé 1 350 $ US et pourrait grimper davantage, à la faveur du Brexit, des rendements négatifs sur les obligations du trésor ainsi que de la politique monétaire conciliante de la Fed.


Le dernier financement a permis à Sirios de lancer en juillet une campagne de forage de 10 000 m qui s'étendra jusqu'à l'automne. C'est autant que tout ce qu'elle a foré depuis 2012 ! Après quoi, elle assure avoir les fonds nécessaires pour démarrer une deuxième campagne, jusqu'à l'hiver.


Ci-dessous, la carte des nouveaux projets miniers dans la région de la Baie James



La bougie d'allumage


Les résultats des forages sur la propriété Cheechoo ont eu l'effet d'un électrochoc dans le secteur Opinaca, plus ou moins abandonné depuis la découverte initiale d'Éléonore par Mines Virginia en 2004. En cinq mois, tous les acteurs présents dans le secteur ont déplacé leurs pions.


À Éléonore Sud, copropriété d'Eastmain Resources (36,72 %), de la la filiale de Goldcorp Mines Opinaca (36,71 %) et d'Azimut Exploration (26,57 %), une campagne de forage de 5 000 m a été annoncée à la mi-juin.


C'est Azimut qui en a fait la proposition, après avoir intégré sur une base de données puis analysé tous les résultats obtenus sur la propriété depuis les six dernières années. Il était donc naturel qu'elle soit désignée l'opérateur du projet.


Tout comme Sirios, on espère trouver à Éléonore Sud des similarités avec le gisement d'Éléonore. «On a la même signature géochimique. Géographiquement et géologiquement, c'est la même roche qu'à Éléonore», explique Claude Lemasson, président et chef de direction d'Eastmain. «Il est question de minéralisations d'or dans les zones de contact entre les sédiments et la tonalite. C'est exactement ce que Sirios a trouvé à Cheechoo, et c'est exactement ce qu'il y a à Éléonore.»


Presque au même moment, Exploration Midland et Exploration Osisko-Baie James (dont les actifs ont récemment été cédés à Redevances aurifères Osisko en vertu d'une entente d'options) signaient une entente de coentreprise à parts égales pour mettre en commun leurs concessions dans le secteur, qui totalisent près de 1 000 km². «On partage le risque», dit Gino Roger, président et chef de direction de Midland. «On a mis près de 2 000 claims en commun. On a optimisé nos chances de trouver un gisement en mettant tout ça dans le même pot.»


Un premier investissement de 1 M$ servira principalement à dégrossir cette immense propriété, notamment grâce aux concepts développés par l'équipe d'André Gaumont, à l'origine de la découverte du gisement d'Éléonore. «On utilise 25 ans de connaissances de Mines Virginia à la Baie-James pour en arriver à des cibles plus précises et amener le projet à l'étape du forage», explique M. Roger.


Pas de précipitation


Si les résultats de Sirios à Cheechoo ont le mérite d'avoir braqué les projecteurs sur les abords du réservoir Opinaca, on n'en est pas encore à parler d'une «découverte».


«Il manque de chair autour de l'os pour dire que c'est une découverte significative, estime Éric Lemieux, analyste exploration chez PearTree Securities. Il y a de petits drapeaux rouges qui s'élèvent de temps en temps, malheureusement», souligne-t-il.


M. Doucet en est d'ailleurs bien conscient. «C'est encore un projet d'exploration, pas de mise en valeur», rappelle-t-il. «On a des intersections intéressantes à plusieurs endroits, mais on n'a pas encore trouvé le centre de gravité du système aurifère. Ça ne servirait à rien de se précipiter en forant des secteurs de façon détaillée pour faire une estimation de ressources, si c'était pour s'apercevoir qu'on a investi du temps et de l'argent sur la queue de l'éléphant.»


Une chose est sûre : depuis que Goldcorp a lancé la production commerciale de sa mine en avril 2015, elle peut se pencher davantage sur les projets en cours dans son voisinage immédiat. Ce que confirme d'ailleurs la prise de participation de 19,9 % dans Sirios.


«Goldcorp s'est tellement concentrée à bâtir sa mine qu'elle a fait très peu d'exploration sur sa propriété jusqu'à maintenant, juge M. Lemieux. Elle en est peut-être à l'étape où elle veut voir ce qu'elle a dans son portefeuille de projets dans le secteur. C'est un camp minier qui a eu ses difficultés, mais qui commence à avoir une certaine maturité. Avec l'annonce de Cheechoo, il pourrait connaître d'autres succès, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à maintenant.»


Le titre de Sirios a bondi de plus de 150 % au début d'août, passant de 0,50 $ à 1,27 $ en deux semaines. Il se négocie présentement à 0,78 $.


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