Pour des ponts en aluminium

Publié le 10/12/2012 à 11:33

Pour des ponts en aluminium

Publié le 10/12/2012 à 11:33

Le Québec injecte des milliards de dollars chaque année dans la réfection de ses infrastructures routières et ses ponts.
Et si l'aluminium, boudé dans ce secteur, permettait d'augmenter l'efficacité des infrastructures?


«L'aluminium reste sous-utilisé», lance Alexandre de la Chevrotière, président de MAADI Group, une firme d'ingénierie montréalaise spécialisée en aluminium.


Tandis que le Québec produit plus de 7% de l'aluminium au monde, il compare la situation à celle d'un cordonnier mal chaussé.


MAADI Group et l'Association de l'aluminium du Canada ont justement publié une étude sur le sujet à la mi-novembre.
Elle explique l'utilisation frileuse de l'aluminium dans la construction de ponts et d'infrastructures routières par quatre raisons: le coût initial élevé, sa rigidité relative, le manque d'expérience des ingénieurs en structures d'aluminium et le manque de règles de calcul dans les normes qui encadrent la construction en aluminium.


Durée de vie plus longue


Mais ces lacunes sont compensées par certains avantages de l'aluminium, estime Alexandre de la Chevrotière.
À commencer par sa durée de vie de l'aluminium plus longue que d'autres matériaux. Le fait aussi que les structures en aluminium requièrent moins d'entretiens. Cela abaisse considérablement les coûts, dit-il.


De plus, l'aluminium est moins lourd et moins dense que l'acier et le béton.


«Le poids d'un tablier de pont en aluminium est jusqu'à 80% plus léger que si on utilise une dalle de béton», dit-il.


Enfin, l'aluminium est facilement recyclable. Environ 95% de l'aluminium actuellement utilisé en construction provient du recyclage.


Mais surtout la fabrication d'aluminium recyclé consomme seulement 5% de l'énergie requise pour produire de l'aluminium à partir de bauxite.


Une éducation à faire


C'est la méconnaissance du métal qui explique sa « sous-utilisation », estime Alexandre de la Chevrotière.


«L'aluminium n'est pas enseigné dans nos universités. Il n'est pas considéré comme un matériau de construction. Les étudiants en génie qui sortent de l'école n'ont pas tendance à l'utiliser», dit-il.


L'utilisation de l'aluminium pour la construction ou la restauration des infrastructures routières permettrait le développement du secteur de la troisième transformation, peu développé à l'heure actuelle.


Un enjeu essentiel qui dépasse le simple débat sur les coûts de fabrication des infrastructures routières, selon lui.


«Les emplois dans le secteur de la première transformation ne sont pas en hausse, loin de là.» À cause de la concurrence étrangère, c'est un secteur qui est destiné à recourir de plus en plus à l'automatisation de certaines tâches», fait-il valoir.
Les opportunités sont nombreuses, rappelle-t-il. Il cite en exemple sa propre entreprise, MAADI Group. «Nous devons refuser des contrats», confie-t-il.


La firme d'ingénierie offre des services de conception de projets de transformation d'aluminium. Elle est actuellement propriétaire de quatre brevets liés à la construction de ponts modulaires.

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