L'avenir de Contrecoeur n'est pas menacé

Publié le 01/12/2012 à 15:16, mis à jour le 29/11/2012 à 15:21

L'avenir de Contrecoeur n'est pas menacé

Publié le 01/12/2012 à 15:16, mis à jour le 29/11/2012 à 15:21

Par Ulysse Bergeron

L'une des deux usines de Contrecoeur d'ArcelorMittal réduira l'utilisation de ferraille au profit du minerai de fer extrait dans le Nord du Québec. L'objectif: être plus concurrentiel dans un contexte où les incertitudes plombent l'industrie.

La société doit investir 20 millions de dollars pour restaurer un module de concentration de minerai de fer déjà existant, mais inutilisé depuis plusieurs années. Cela permettra d'augmenter la transformation de minerai de fer en provenance de Fermont.

«Jusqu'à présent l'usine de Contrecoeur Ouest n'est pas habilitée à faire la transformation de minerai de fer», indique Daniel Robert, vice-président Ressources humaines et Affaires juridique d'ArcelorMittal.

Une partie de la somme investie – environ 6 M$ – servira à adapter l'usine de Contrecoeur Ouest afin de lui permettre de transformer le minerai. Essentiellement, il s'agit d'ajouter une structure qui permettra d'acheminer le produit ainsi que de modifier un four de l'usine, explique Daniel Robert. Les trois étapes seront complétées d'ici juin 2013.

Comparativement à la ferraille, présentement utilisée, la transformation du minerai permet de produire «un alliage plus complexe», fait remarquer Daniel Robert. Mais ce n'est pas tout. La baisse de la valeur du minerai combiné à un prix du gaz naturel rend l'usine de Contrecoeur Est plus attrayante aux yeux de l'entreprise. «En fin de compte, l'usine devient plus concurrentielle », dit-il.

Arcelormittal fait face à de nombreux défis. Au cours des derniers mois, le prix du fer a considérablement chuté. Qui plus est, le géant de la métallurgie a enregistré des pertes de 709 M$ US au troisième trimestre et la valeur de ses actions a chuté plus de 30% depuis février dernier.

Mais Daniel Robert se fait rassurant quant à l'avenir des deux usines de Contrecoeur. Les transformations de Contrecoeur Ouest «nous donnent une plus grande assurance sur la pérennité de l'entreprise parce que nous sommes en mesure d'offrir des produits ayant une plus grande valeur ajoutée, ce qui permettra du coup une marge de profit plus intéressante.»

ArcelorMittal utilise actuellement 1,4 million de tonnes de minerai de fer en provenance de ses installations minières  au Québec. Le minerai de fer est transformé en boulettes concentrées à l’usine de réduction de Contrecœur pour ensuite être mélangées à de la ferraille dans l’aciérie de Contrecœur Est.

La remise en fonction du deuxième module de l’usine de réduction permettra de traiter 1.0 million de tonnes additionnelles de minerai de fer. Les boulettes concentrées ainsi produites permettront de remplacer une partie de la ferraille utilisée dans l’aciérie de Contrecœur Ouest qui utilise présentement que de la ferraille.

Ce changement conservera la production d’acier au même niveau, mais permettra de transformer 2,4 millions de tonnes de minerai et de fabriquer des produits d’acier de qualité supérieure.

Notons que les usines de Contrecoeur desservent des clients dans un rayon de 500 à 1000 kilomètres. Environ 30% de leur production prend la route des États-Unis. Les marchés principaux d'ArcelorMittal sont ceux de l'Ontario, des provinces maritimes et évidemment le marché québécois. «La vaste majorité de notre production reste au Québec», précise-t-il.

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