L'avenir dans le fer et les terres rares

Publié le 24/11/2012 à 00:00, mis à jour le 29/11/2012 à 11:05

L'avenir dans le fer et les terres rares

Publié le 24/11/2012 à 00:00, mis à jour le 29/11/2012 à 11:05

Par Ulysse Bergeron

« À l’heure actuelle, je dirais que nous sommes sur pause », résume Serge Bergeron, de la Table de concertation sur la métallurgie. PHOTO : RACHEL CÔTÉ

Le Québec n'échappe pas aux incertitudes mondiales. «À l'heure actuelle, je dirais que nous sommes sur pause», résume Serge Bergeron, président de la Table de concertation sur la métallurgie.


La réalisation de plusieurs projets des métallurgistes québécois sera étalée sur une plus longue période ou suspendue, signale celui qui est aussi responsable du développement stratégique des opérations chez Rio Tinto, Fer et Titane. ArcelorMittal a fait l'annonce de résultats décevants à la fin d'octobre. Le plus important sidérurgiste du monde a enregistré une perte nette de 709 millions de dollars américains au troisième trimestre.


Alcoa annonçait aussi des résultats négatifs au début d'octobre, avec un chiffre d'affaires en recul de 9 %, à 5,8 milliards de dollars.


Dans le secteur du cuivre, Xstrata tient le cap. La production minière de l'entreprise a certes baissé cette année, mais sa production métallurgique, elle, n'a pas été touchée. L'entreprise, qui possède la dernière fonderie de cuivre au pays, a connu une production similaire à celle de 2011, dit Louis-Philippe Gariépy, directeur des affaires corporatives chez Xstrata Copper.


La concurrence asiatique est particulièrement féroce. «Si on combine l'Inde et la Chine, depuis cinq ans, il se construit l'équivalent d'une fonderie Horn tous les huit ans, sur le plan de la capacité de production», dit-il.


Viser le Nord


Un ballon d'oxygène pourrait venir du côté du Nord, estime Daniel Roy, directeur québécois du Syndicat des Métallos. «Il faut se doter d'une vision pour le Québec», dit le syndicaliste, qui déplore qu'on n'utilise pas davantage le Plan Nord pour stimuler le secteur de la métallurgie et de la transformation.


Il cite en exemple les terres rares qui pourraient être transformées au Québec, ainsi que le fer qui représente 43 % du volume de métaux extraits au Québec en 2010. Actuellement, la quasi-totalité prend la route de l'étranger. Ces exportations ont atteint plus d'un milliard de dollars en 2011, selon l'étude sur les redevances minières publiée en juillet par SECOR.


Cinq mines de fer seront en production d'ici la fin de l'année et cinq autres devraient l'être d'ici 2016. En outre, deux des quatre mines actuelles ont entamé des travaux d'agrandissement afin de doubler leur production.


«Pour ce qui est du développement économique, on gagnerait à garder la transformation sur place. Mais la tendance mondiale est de faire la transformation près des consommateurs», explique Renault-François Lortie, associé chez SECOR-KPMG, qui a dirigé l'étude.


Du coup, la Chine est passée de 3 % du total des exportations québécoises de fer en 2002 à 69 % en 2011 alors qu'au cours de la même période, l'Europe est passée de 85 % à 23 %. «Près de 50 % de la production mondiale de l'acier se fait en Chine», dit le spécialiste. Selon lui, bien qu'imparfait, ce système profite au Québec dans le secteur de l'aluminium, pour lequel la province assure environ 7 % de la production mondiale, rappelle-t-il.

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