Pourquoi prêter son entreprise au jeu des études de cas

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Janvier 2017

Pourquoi prêter son entreprise au jeu des études de cas

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Édition du 28 Janvier 2017

[Photo : 123RF/dotshock]

Les entreprises se pressent auprès des étudiants en MBA, qui ont des études de cas réels à réaliser chaque année. Un moyen pour le milieu des affaires de disposer d'analyses de qualité à un moindre coût et souvent innovantes. Pour les étudiants, c'est la possibilité d'être concrètement dans la réalité.


Vu la métamorphose que connaît Le Devoir, Brian Myles, son directeur, est confronté à de nombreux défis. Il a choisi d'en présenter un aux étudiants de MBA dans le cadre du Défi HEC, l'automne dernier : une réflexion sur les tarifs possibles à adopter pour la toute nouvelle application mobile du quotidien, puisqu'un mur payant devrait être mis place à partir du mois de mars. «J'ai soumis cette question aux étudiants, parce que HEC Montréal a une bonne réputation et que les étudiants n'ont pas de limites à leur réflexion. Ils pouvaient nous fournir un autre regard, plus jeune, plus original», explique Brian Myles, qui souhaite notamment viser la clientèle des jeunes. Huit équipes d'étudiants en fin de MBA ont consacré 300 heures à la question soumise par Le Devoir, qui avait «partagé avec eux un maximum d'informations financières». Le rapport remis en décembre a notamment permis au quotidien de recueillir de l'information sur la clientèle jeune et de voir la place qu'il avait auprès d'elle. «Ça nous a confirmé que Le Devoir est dans leur univers intellectuel et que la marque a une grande valeur pour eux», se réjouit Brian Myles, ravi d'avoir vu «la relève en action».


Si l'expérience a été instructive pour Le Devoir, il est également intéressant pour les étudiants de travailler avec des enjeux réels. «Ça leur permet d'intégrer les apprentissages de manière transversale et de mobiliser les outils acquis pendant les cours. Ça leur donne aussi de la confiance et donc, le courage d'agir quand ils arrivent dans un poste de leader après leur MBA», indique Louis Hébert, directeur des programmes de MBA et de EMBA de HEC Montréal. À l'Université Laval, ce sont les étudiants qui doivent trouver les entreprises. «En réalité, ils font tout, de la négociation du mandat à la présentation de leur analyse en passant par la réalisation du plan, de l'échéancier, la recherche de l'information, la rencontre des interlocuteurs pertinents, etc.», précise Diane Poulin, professeur au Département de management, de la Faculté des sciences de l'administration (FSA).


Aujourd'hui, la plupart des programmes de MBA prévoient, sous une forme ou une autre, une étude de cas réel. Selon les universités, les entreprises qui soumettent leur cas doivent payer une somme fixe (qui peut s'élever à 8 000 $, par exemple) ou laissée à leur discrétion. Ces sommes sont utilisées pour financer des activités internes au programme de MBA. C'est parfois gratuit, comme pour les cas soumis aux étudiants du MBA pour cadres de l'Université de Sherbrooke (UdS). «Il y aurait une obligation de résultats si nous faisions payer les entreprises alors qu'il s'agit d'étudiants», indique Alain Tremblay, directeur adjoint, Centre Laurent Beaudoin, École de gestion de l'UdS, Campus de Longueuil.


Beaucoup d'entreprises candidates


L'étude de cas est une étape qui «a une grande popularité auprès des étudiants, qui peuvent mettre la main à la pâte», remarque Yves Trudel, directeur des programmes de MBA de l'Université de Sherbrooke (UdS). Quant aux entreprises, elles sont friandes de ces consultations.


Yassine Ben Hamouda, directeur général et cofondateur de Valtech Fabrication, un fabricant d'équipements industriels de Salaberry-de-Valleyfied, a souvent collaboré avec les étudiants du MBA pour cadres de l'UdS. «Quand j'étais moi-même étudiant au MBA, on a élaboré le plan stratégique de mon entreprise pour les cinq prochaines années. On l'a mis en oeuvre et ça a bien fonctionné», se réjouit Yassine Ben Hamouda. Maintenant, Valtech Fabrication, qui compte 175 employés, est confrontée à des défis de croissance.


Après avoir acquis un de ses fournisseurs ontariens l'an dernier, «on a besoin de mesurer le niveau de développement des deux entités pour les mettre à niveau, car notre acquisition est un peu plus mature», explique le directeur, qui attend que les étudiants de MBA aient«un regard à la fine pointe, puisqu'ils ont accès à un savoir actualisé à l'université». «Parfois, les idées sont farfelues, mais quand elles sont bonnes, il y a toujours un moyen de les appliquer à notre réalité», poursuit Yassine Ben Hamouda.


Contribuer à former la relève


La motivation des entreprises participantes est souvent autant pragmatique - obtenir une consultation à moindre coût - qu'une façon de donner à la nouvelle génération de leaders. Benoît Pepin, directeur Énergie, Amérique du Nord, de Rio Tinto, travaille depuis 2010 avec HEC Montréal sur différents enjeux. «C'est intéressant d'aider la relève à se former, explique-t-il. On accepte une partie de risque. En contrepartie, on profite du travail d'étudiants souvent d'origines - ethniques et académiques - très diverses. L'habileté linguistique et la connaissance de certains pays différents nous ont parfois permis d'avoir des informations sur des marchés qu'on n'aurait pas pu avoir autrement.»


Reste que les entreprises participantes doivent consacrer du temps aux étudiants pour leur permettre de bien comprendre leurs réalités et de partager des informations parfois sensibles (en faisant signer un contrat de confidentialité). Elles doivent aussi accepter que les étudiants portent un regard extérieur sur leur développement. Un regard sans concession, mais constructif.


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