Les agréments internationaux ne présentent pas uniquement des avantages

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Janvier 2017

Les agréments internationaux ne présentent pas uniquement des avantages

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Édition du 28 Janvier 2017

Steve Fortin, directeur des programmes de MBA de l’Université McGill.

Décriés par les uns pour leurs coûts et leur manque de transparence, adoptés par les autres en quête de reconnaissance internationale, les agréments internationaux des programmes de MBA polarisent les positions. S'ils sont indispensables dans certains contextes, le fait de ne pas en avoir ne signifie pas que le programme est de piètre qualité.


HEC Montréal, les universités Laval, McGill, et Concordia ont toutes un ou plusieurs agréments internationaux, et ce, depuis plusieurs années. En revanche, l'UQAM n'en a plus, et l'Université de Sherbrooke ne cherche pas en avoir.


Parmi les trois agréments internationaux les plus fréquents, seul celui de l'Association of MBA (AMBA), située en Grande-Bretagne, concerne particulièrement et exclusivement les programmes de MBA. Les deux autres sont l'EQUIS (European Quality Improvement System), une certification européenne accordée aux écoles de commerce et de gestion, et son équivalent américain, l'AACSB International (Association to Advance Collegiate Schools of Business).


Tous ces organismes délivrent des agréments pour trois ou cinq ans et ont des procédures et des critères différents. Mais ils ont tous un point commun : les frais et les exigences sont élevés et contraignants, la marche à suivre est longue et complexe.


Les universités qui les recherchent ont plusieurs motivations. «Il faut avoir un agrément pour que nos programmes de MBA soient dans les classements internationaux, ce qui est important pour nous puisqu'on compétitionne à l'échelle mondiale», souligne Steve Fortin, directeur des programmes de MBA de l'Université McGill, qui est à la 25e place du classement 2016 de Bloomberg Businessweek et à la 85e de celui du Global Financial Times.


HEC Montréal, qui appartient au cercle restreint des écoles de gestion à avoir les trois agréments et dont le programme de MBA temps plein est au 11e rang du classement mondial de Forbes, consacre beaucoup de temps au renouvellement de ces certifications. Pourtant, l'institution ne remet pas en cause son choix. «Nous sommes une école de calibre mondial. C'est un moyen stratégique de se positionner à l'international et ça permet aux étudiants étrangers de savoir où on se situe», explique Anik Low, directrice administrative du programme de MBA de HEC Montréal.


Des exigences parfois difficiles à satisfaire


Par ailleurs, «avoir un agrément est un atout pour nouer des échanges ou des partenariats avec d'autres universités dans le monde», souligne Josée Audet, responsable des agréments internationaux à la Faculté des sciences de l'administration (FSA) de l'Université Laval. En effet, les universités certifiées ont l'obligation de ne travailler qu'avec des partenaires eux aussi agréés...


Les bénéfices secondaires que les universités retirent des agréments sont, par ailleurs, de «nous pousser à rester dans les hauts standards», avance Josée Audet. En effet, les critères imposent une grande qualité dans le profil des enseignants recrutés, le nombre de cours assurés par des chargés de cours, le travail de recherche des enseignants, etc.


Les exigences imposent certaines contraintes aux universités comme d'obliger leurs candidats à passer le GMAT ou le TAGE MAGE dans le processus de sélection, par exemple. De manière générale, elles ne sont pas faciles à satisfaire par les plus petites universités et celles qui choisissent des voies moins traditionnelles. «Notre modèle d'affaires fait qu'on veut recruter beaucoup d'enseignants issus du milieu des affaires pour que le programme de MBA soit ancré dans la pratique. Ce n'est pas compatible avec les critères des agréments qui privilégient le recrutement d'agrégés», explique Alain Tremblay, directeur adjoint, Centre Laurent Beaudoin, École de gestion de l'UdS, Campus de Longueuil..


Certaines refusent de demander des agréments


L'UdS ne cherche donc pas à obtenir ces certifications, d'autant plus qu'elle vise essentiellement une clientèle québécoise et francophone pour qui les agréments et les classements internationaux ont peu d'importance pour juger de la qualité du programme, qui jouit d'une réputation locale.


Elle n'est pas la seule à refuser de se lancer dans la course aux agréments. L'UQAM, qui a perdu l'EQUIS il y a quelques années, est du nombre : elle ne souhaite pas investir du temps et de l'argent dans ces processus. D'autres se plient aux renouvellements de peur de l'image que le fait de ne plus avoir l'agrément entraînera, même si c'est de leur propre chef.


Les détracteurs des agréments sont critiques. «Certains sont des groupes très fermés dont les critères laissent beaucoup place à la subjectivité. Les agréments sont donnés avec parcimonie pour donner plus de crédibilité au titre», fustige un responsable de programme qui souhaite conserver l'anonymat. Sans compter les frais inhérents aux procédures à renouveler tous les trois ou cinq ans : cotisation annuelle, coûts de déplacement et d'hébergement, temps et ressources consacrés aux procédures de renouvellement, etc.


Indispensables pour les universités qui ont des ambitions mondiales, les agréments sont considérés comme un investissement trop lourd par celles qui visent une clientèle locale.


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