Trump et la «miraculeuse» récolte de contrats en Chine

Publié le 09/11/2017 à 08:13

Trump et la «miraculeuse» récolte de contrats en Chine

Publié le 09/11/2017 à 08:13

Par AFP

Photo: Gettyimages

Donald Trump a dévoilé jeudi à Pékin une vertigineuse moisson d'accords commerciaux pour plus de 250 milliards de dollars: de quoi plaire au président américain qui promet un rééquilibrage des échanges bilatéraux, même si leur concrétisation pourrait s'avérer très aléatoire.


Ces accords, signés pour la première visite de M. Trump en Chine, ont été annoncés en fanfare lors d'un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping, sous les ors du Palais du Peuple.


Ils concernent l'énergie, l'aéronautique, l'agroalimentaire ou l'électronique, et des géants américains comme Boeing, Caterpillar, General Electric ou Qualcomm; le montant total (253,4 milliards de dollars) donne le tournis.


Tout sourire, M. Trump, qui avait fait de l'excédent commercial chinois l'un des boucs émissaires de sa campagne présidentielle, a assuré qu'il ne jetait pas la pierre à Pékin. «Qui peut reprocher à un pays de profiter d'un autre pays pour le bien de ses citoyens?» a-t-il lancé.


L'avalanche d'accords a été qualifiée de «véritable miracle» par le ministre chinois du Commerce, Zhong Shan.


À lire: notre dossier faire des affaires sur les marchés internationaux


Mais pour James McGregor, président Chine du cabinet APCO Worlwide, c'est surtout « de la politique à l'ancienne: un dirigeant arrive et tire prestige d'une série d'accords déjà en cours, auxquels d'autres sont ajoutés pour arriver à un gros chiffre ».


Certes, le bouillant hôte de la Maison Blanche «pourra tweeter qu'il est un formidable négociateur», a-t-il indiqué à l'AFP.


En réalité, la plupart des annonces concernent des protocoles d'accord non contraignants et des lettres d'intention, plutôt que des contrats fermes.



« Il est judicieux de se demander ce qui va réellement se concrétiser »

, avertit Christopher Balding, professeur à l'Université de Pékin, pointant des annonces «vagues», voire des partenariats «de routine».


Gaz en Alaska


«Certains protocoles d'accords pourraient ne mener à rien, il est facile d'être cynique. Mais d'autres sont assez substantiels», tempère James McGregor.


Ainsi, à l'heure où Pékin s'efforce de diversifier ses approvisionnements d'hydrocarbures, trois organismes étatiques chinois ont conclu un accord pour exploiter du gaz naturel liquéfié en Alaska, avec jusqu'à 43 milliards de dollars d'investissements prévus.


Pour autant, cette salve d'accords ne devrait rééquilibrer que marginalement le déficit commercial américain avec le géant asiatique (environ 350 milliards de dollars par an selon Washington), et ne change rien au protectionnisme chinois que dénonce volontiers Washington.


Donald Trump a de nouveau dénoncé jeudi les transferts de technologies imposés aux firmes étrangères et les restrictions d'accès à de nombreux secteurs. Les Etats-Unis ont récemment imposé des droits antidumping sur l'aluminium chinois et enquêtent sur la politique de Pékin en matière de propriété intellectuelle.


«Rester grand ouvert, voilà notre stratégie de long terme», a rétorqué Xi Jinping devant une délégation d'hommes d'affaires américains. Mais sans qu'aucun progrès n'apparaisse sur ce terrain.


«Nous n'avons vu aucun accord sur l'accès au marché ou sur une ouverture accrue de la Chine aux investissements: or, c'est plus important pour les firmes américaines que de grands coups commerciaux uniques», insiste M. Balding.


«Honnêtement, dans l'ensemble, ce que nous avons accompli jusqu'à présent (en matière commerciale) reste limité», a reconnu le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, évoquant une situation «intenable».


En déroulant le tapis rouge à M. Trump, à coup de canons et d'accords stéroïdés, Pékin adoptait une «statégie chinoise classique», commente l'ancien ambassadeur américain à Pékin Max Baucus.


«Plus la pompe est grande et accaparante, et moins il y a de temps pour discuter» sérieusement, a-t-il confié à Bloomberg TV.


Boeuf du Montana


Dans la liste dévoilée jeudi, figure un accord entre le fabricant américain d'engins de chantier Caterpillar et le mastodonte China Energy, portant sur des ventes d'équipements miniers, mais sans détail financier.


De son côté, le fabricant de semi-conducteurs Qualcomm a signé des protocoles d'accord avec trois producteurs de téléphones chinois, Xiaomi, Oppo et Vivo, assurant pouvoir leur vendre «environ 12 milliards de dollars» de puces en trois ans.


Boeing a signé un accord portant sur l'achat de 300 avions pour un prix catalogue de 37 milliards de dollars, sans préciser si toutes ces commandes étaient nouvelles.


Enfin, dans l'agroalimentaire, JD.com, spécialiste chinois de la vente en ligne, s'est engagé à acheter pour 2 milliards de dollars de produits aux Etats-Unis sur les trois prochaines années, dont 1,2 milliard de dollars de viande, notamment du boeuf du Montana.


 


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

DANS LE MÊME DOSSIER

Sur le même sujet

«Nous nous élevons contre toutes les formes de protectionnisme»

24/01/2018 | AFP

Davos. Le puissant conseiller économique du président de la Chine promet plus d'ouverture.

Le Chinois qui voulait lancer une «Tesla killer» dans l'eau chaude

02/01/2018 | AFP

Criblé de dettes, le patron de LeEco a ignoré l'injonction des autorités de rentrer en Chine.

À la une

Test du Huawei Mate20 Pro : le téléphone intelligent le plus puissant de 2018

19/11/2018 | Alain McKenna

BLOGUE. Ce téléphone chinois rendra jaloux tous les autres. Mais il traîne la lourde réputation de son fabricant...

Bombardier rebondit en Bourse

19/11/2018 | Martin Jolicoeur

Bombardier rebondit de plus de 20% à mi-séance lundi.

Êtes-vous obligé d'accepter une promotion?

BLOGUE INVITÉ. Il est essentiel de bien comprendre ce que représente la promotion, ses implications ainsi que son impact