Synchroniser l'investissement immobilier et la croissance

Publié le 21/01/2012 à 00:00, mis à jour le 19/01/2012 à 09:54

Synchroniser l'investissement immobilier et la croissance

Publié le 21/01/2012 à 00:00, mis à jour le 19/01/2012 à 09:54

«Nous avons été très prudents, investissant seulement lorsque nous étions désespérés vis-à-vis de l'espace disponible», dit Elana Rosenfeld, de Kicking Horse Coffee, entourée de deux employées. [Photo : Martin Tessler]

L’heure des décisions : Immobilier (2/2) -


«Mais qu'allez-vous faire de vos vies ? Vendre du café dans votre garage ? !» La mère d'Elana Rosenfeld ne croyait pas si bien dire. Sa fille et son mari Leo Johnson commercialisent bel et bien du café aujourd'hui, après avoir fondé Kicking Horse Coffee, il y a 15 ans.


À la nuance près que le garage de leurs débuts s'est progressivement mué en vaste espace commercial de 60 000 pieds carrés (5 500 mètres carrés), implanté en Colombie-Britannique, au coeur des Rocheuses.


Le défi


Avec la gestion de 3 millions de livres (soit 1 360 tonnes) de café biologique et équitable, importées des pays du Sud, le couple d'affaires a tôt fait de se sentir encore plus serré qu'un café. Surtout avec le développement soutenu que leur entreprise a connu dès ses premières années d'activité. «Nous atteignions des taux de croissance annuelles de 40 %», indique Elana Rosenfeld, codirigeante.


Très vite, Kicking Horse Coffee a fait face au début des années 2000 à la question de l'investissement immobilier. Louer, acheter ? Pour celle qui occupe le premier rang national du marché du café biologique (avec des ventes de produits atteignant 10 millions de dollars [M$] en 2011) et qui compte 45 employés, la réponse s'est rapidement imposée.


La décision


En 2003, Kicking Horse décide de bâtir. «Notre entreprise se situe à Invermere, où l'offre de bâtiments industriels est bien moindre que celle d'un grand centre urbain comme Vancouver, explique Mme Rosenfeld. Dans ce contexte, nous avons pris la décision d'investir et de construire nos propres locaux. Mais ce choix est aussi lié à nos besoins, spécifiques, concernant l'entreposage par exemple.»


Les as du commerce de café, réputés pour leur philosophie promouvant le travail décontracté, ont emprunté 2,5 M$ pour financer la construction du bâtiment (2003) et ses agrandissements successifs (en 2005, 2007 et 2010).


«Nous avons été très prudents, dit Mme Rosenfeld, investissant seulement lorsque nous étions désespérés vis-à-vis de l'espace disponible.» L'entreprise n'a pas encore terminé de rembourser son emprunt.


Investir son argent dans ses murs, la règle d'or ? Pas nécessairement. «Chaque cas est unique», tempère Benoit Egan, responsable des services de conseil immobilier chez Raymond Chabot Grant Thornton. «Si l'on prend le marché immobilier de Montréal, il y a beaucoup de disponibilité concernant les locations, ce qui fait pression sur les loyers, maintenus plus bas.» Le conseiller souligne ainsi que la stratégie adoptée par Kicking Horse Coffee aurait pu être tout autre, si l'entreprise s'était installée à Montréal.


Toutefois, M. Egan rappelle que les taux d'intérêt sont actuellement très avantageux, ce qui constitue un incitatif non négligeable pour quiconque envisage une hypothèque.


Les retombées


La ritournelle du monde de l'immobilier est implacable : avant de voir les graines fleurir, la patience est de mise. «Nous devons encore attendre plusieurs années avant de tirer des bénéfices de nos investissements immobiliers», constate Mme Rosenfeld, qui souligne que, sur le plan organisationnel, la solution est plus convenable que celle qui consiste à louer des espaces d'entreposage pour les marchandises.


«Dans le cadre de nouvelles constructions, on peut en effet améliorer l'efficacité de l'entreprise, en répondant à des besoins spécifiques et en rendant les lieux compatibles avec ses activités», confirme M. Egan.


Par ailleurs, Kicking Horse Coffee a retenu les services d'un designer afin d'avoir une image de marque unique. Un élément crucial dans la région très touristique des Rocheuses, d'autant plus que le torréfacteur a ouvert, au printemps 2008, un café. «L'architecture reflète pleinement notre style, nos valeurs. D'un point de vue marketing, c'est un atout majeur», indique la dirigeante.


En 2010, l'entreprise s'est offert une surface supplémentaire de 40 000 pieds carrés, et elle prévoit pour 2012 une croissance de son chiffre d'affaires de 10 % environ. La concurrence n'a qu'à bien se tenir.

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