Juristes Power : l'avenir après Heenan Blaikie

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Mai 2014

Juristes Power : l'avenir après Heenan Blaikie

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Mai 2014

Cela faisait respectivement 11 et 12 ans que Caroline Etter et Mark Power travaillaient chez Heenan Blaikie lorsque le cabinet d'avocats leur a annoncé sa dissolution, le 5 février dernier. « Si tout peut disparaître en un mois, quel est l'avenir des grands bureaux ? » s'interroge le duo, persuadés que d'autres géants s'effondreront dans les années à venir.


Depuis quelques mois déjà, face à la demande de clients qui ne veulent plus payer des fortunes pour défendre leurs droits et fatigués des mandats imposés qui ne s'alignaient plus avec leurs valeurs d'un accès à la justice pour tous et d'une profession altruiste avant d'être lucrative, les deux avocats questionnaient la viabilité du modèle d'affaires des grands bureaux.


Le 14 février, ils ouvrent les portes de Juristes Power, à Ottawa et à Vancouver, entourés d'une dizaine d'autres anciens d'Heenan Blaikie, et se concentrent alors sur des dossiers portant sur le statut du français, ainsi que le droit public, constitutionnel et administratif. Parmi leurs clients, on compte des sociétés, des particuliers, des institutions gouvernementales tels que des commissions scolaires et des écoles, ainsi que des associations sans but lucratif.


Un nouveau modèle d'affaires


Pour rendre viable leur modèle d’affaire, les avocats appliquent une réduction du taux horaire de l'ordre de 30% à 40%, soit moitié moins que les 450 $ par heure facturés chez leur ancien employeur. Leurs bureaux sont « plus modestes ». Afin de réduire le coût des services opérationnels, ils font appel à des ressources externes : un consultant en ressources informatiques et un comptable.


Selon eux, les cabinets boutiques, sur le modèle de celui qu’ils ont créé, notamment dans les secteurs du litige, du droit de travail et de l'emploi, sont appelés à fleurir à l'avenir. « Les clients sont maintenant plus ouverts aux choix offerts dans le domaine juridique ce qui veut forcément dire que ceux-ci sont maintenant plus conscients des coûts pour les services offerts par les avocats ainsi que la nécessité de maintenir un ratio qualité-prix raisonnable », expliquent les juristes.


En outre, la technologie a un impact pour les clients, leur donnant accès à des services juridiques plus spécialisés peu importe où ils sont situés sur le continent. « Plusieurs de leurs avocats habitent à Ottawa mais travaillent sur des dossiers dans l’Atlantique, en Alberta et en Colombie-Britannique. »


Enfin, selon eux, les boutiques peuvent plus facilement contrôler beaucoup des coûts fixes et d'opérations et peuvent ainsi offrir des gammes de prix et des taux plus concurrentiels sans sacrifier l’excellence des services.


À ce jour, Juristes Power compte plusieurs dossiers médiatisés : ils sont procureurs au dossier dans le Renvoi sur le Sénat, premier litige portant sur la procédure de modification de la Constitution, ou encore procureurs du Conseil scolaire de district catholique du Centre-sud dans une poursuite contre le ministère de l'Education de l'Ontario visant à obtenir l'argent requis pour construire une école de langue française à Hamilton.


L'équipe a été rejointe depuis peu par l'ancien juge à la Cour suprême Michel Bastarache, séduit par l'intérêt que ces francophones et francophiles portent à la langue française. Par exemple, ils ont tous les appuis requis par les commissions scolaires revendiquant la pleine mise en œuvre du droit à l’instruction primaire et secondaire en français en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, et représentent également des institutions et particuliers revendiquant le respect du droit aux services gouvernementaux en français à l’extérieur du Québec, que ce soit des services fédéraux ou provinciaux.


Leur but est de faciliter l’accès à la justice en français devant les tribunaux dans les juridictions où un tel droit existe- outre le Québec notamment l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, les cours fédérales et la Cour suprême du Canada.


Selon eux, cette spécialité, dans laquelle se spécialisent quelques petits bureaux à Ottawa et plus largement au Canada, a de l'avenir. « Les avocats expérimentés dans ce domaine se font très rares. En offrant des taux bien en deçà de ceux des cabinets nationaux, nous pouvons offrir ou faciliter l'accès à la justice pour plusieurs clients ».


Enfin, leurs avocats sont pour la plupart d'anciens auxiliaires juridiques de cette cour et possèdent donc l'expérience requise pour défendre les intérêts des clients devant cette cour. « Cette expertise, elle aussi très rare, s'étend également aux tribunaux d'appel du pays ».


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